Comme nous le prévoyions dans la dernière édition du magazine de La Lettre Valloire, le spectaculaire baroud d’honneur tenté par les syndicats drouais de Philips EGP à quelques jours des élections régionales n’aura finalement été qu’un feu de paille alimentant de faux espoirs. Le 29 mars, toutes les organisations syndicales – à l’exception de la CGT, très engagée dans le combat – ont, en effet, rendu un avis sur le PSE qui prévoit la fermeture définitive de l’usine de Dreux, spécialisée dans la fabrication de téléviseurs LCD, et le licenciement de ses 212 salariés.
Un avis, qui aussi défavorable soit-il, permet à la direction de réengager la procédure interrompue par le tribunal de grande instance de Chartres ; on se souvient que celui-ci avait été saisi par les syndicats, suite à la gaffe commise par la direction du groupe néerlandais. Celle-ci, engluée dans d’âpres négociations sur les conditions du plan social, avait décidé de fermer le site une veille de week-end dans une parodie de lock out, déclenchant un tsunami médiatico-politique. Le tourbillon avait même obligé le ministre de l’Industrie Christian Estrosi à jouer les démineurs. Dans la foulée, les juges avaient suspendu le plan social et exigé la remise en route de la production. Le tout dans la liesse générale.
Las ! Le soufflé est donc retombé et l’inéluctable s’accomplit. La production devrait se poursuivre jusqu’au 16 avril au rythme de 500 téléviseurs par jour, date à laquelle les premières lettres de licenciement seront envoyés aux salariés concernés. Ils auront tout de même obtenu une amélioration – prime supplémentaire de 20 000 € – des modalités d’indemnisation arrachées à la veille de cet ultime soubresaut. Il ne reste plus à la CGT qu’à dénoncer « la trahison syndicale ».
Le green business prend de l’ampleur en région Centre. Le groupe GDF Suez vient de mettre à l’étude le projet d’installation d’une plate-forme photovoltaïque à Châteaudun (28) sur la friche de 76 ha de l’Etamat (Etablissement de stockage de munitions de l’armée de terre). Le programme occuperait 25 ha et devrait représenter une production annuelle de 10 GW, soit la consommation annuelle de 3 500 foyers. La CC du Dunois nous indiquait récemment avoir pris langue avec l’énergéticien et se déclarait prête à accompagner ce projet qui va requérir la dépollution du site, tâche qui sera, à priori, financée par l’armée.
L’Eure-et-Loir – qui compte déjà l’un des plus importants parcs français d’éoliennes – est décidément aux premières loges de ce nouveau marché, poussé par les collectivités locales. Albéric de Montgolfier, le président UMP du Conseil général, vient ainsi d’annoncer son intention de faire du département le premier producteur français d’énergie électrique photovoltaïque. Le sénateur d’Eure-et-Loir a dévoilé son intention lors de la présentation du projet de méga-parc photovoltaïque (puissance envisagée de 80 MWc) qui doit être déployé sur l’ex-base militaire de Crucey-Villages (250 ha), près de Brézolles. Le parc de Crucey représenterait à lui seul l’équivalent de la puissance installée sur le territoire métropolitain.
Par ailleurs, l’Orléanais Vergnet, le seul assemblier français d’éoliennes, annonce qu’il va produire et livrer au cours des 16 prochains mois la première tranche (30 machines) d’un contrat de 120 éoliennes (210 M€) signé l’an dernier avec l’Ethiopie. Cette commande va conduire l’entreprise (120 salariés à Ormes) à embaucher plusieurs dizaines de salariés d’ici à la fin 2010.
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Le tribunal de commerce d’Orléans a rendu son verdict. Ce lundi 15 mars 2010, il a autorisé le groupe 3 Suisses International à reprendre l’activité du vépéciste Quelle-La Source, en difficulté depuis plusieurs mois.
Le sauvetage effectué par cet opérateur traditionnel de la VPC est à fort coût social. Le projet prévoit, en effet, le maintien en poste de 131 des 221 salariés actuels, ce qui entraînera la suppression de 90 postes entre les sites de Saran, en banlieue orléanaise (60 personnes dédiées aux tâches administratives), et de Tourcoing (161 personnes). En revanche, aucune solution de reprise des activités de GBS + QLS, la filiale de préparation de commandes commune à Quelle-La Source et à Swiss Post, n’a été présentée. En principe, la Swiss Post pourrait reprendre l’activité avec seulement 32 des 89 personnes employées à ce jour. La filiale logistique, commune à Deret et à Quelle-La Source serait reprise en direct par le transporteur orléanais qui ne conserverait que 113 des 226 salariés. Le cas spécifique de cette dernière société sera d’ailleurs examiné de nouveau par le tribunal le 27 mai prochain.
Les juges consulaires ont donc préféré les 3 Suisses au projet conduit par les spécialistes du marketing sur internet emmenés par Daniel Bréchignac et associés au fonds d’investissement MBO Partenaires ; ces derniers avaient en effet déposé un dossier de reprise qui prévoyait la reprise de 90 postes sur Quelle-La Source, d’environ 45 salariés sur GBS+QLS SAS, la filiale en charge de préparations de commandes, et la poursuite en l’état des activités de la filiale logistique créée avec Deret. Ce pool de repreneurs et l’investisseur qui les soutient se disaient en mesure d’investir rapidement entre 2 et 3 M€. Le groupe de prêt-à-porter Zannier avait également déposé une offre.
Placée en redressement judiciaire depuis le 10 novembre dernier après plusieurs jours de mouvements sociaux, comme on peut le constater ci-dessus, Orléans TV attend le secours d’un repreneur. Le 12, nous annoncions en exclusivité l’intérêt porté par le groupe Bernard Krief, information qui nous a été confirmée par le directeur général de la plate-forme technologique du groupe, Concord Télécom, qui contrôle déjà la chaîne francilienne Cap 24. Le nom d’un second candidat, l’opérateur Télévista, est également régulièrement cité. Son président n’est autre que Philippe Gildas, l’ancien journaliste et animateur de Canal +.
Pour autant, le providentiel repreneur de la télévision locale orléanaise aura du fil à retordre. La chaîne, abandonnée peu après sa naissance par Hersant Média, n’a jamais réussi à valider son modèle économique, comme en témoignent les 3 M€ de pertes cumulées en moins de trois ans d’existence : le CA était de 293 000 € en 2008, pour une perte d’exploitation de… 1,4 M€. Les chaînes locales du groupe Ouest France ne font pas mieux : Nantes 7, qui a déposé le bilan cet été, est dans l’attente d’un hypothétique repreneur et Angers 7 (900 000 € de CA attendus en 2009, mais 800 000 € de pertes) est au bord de la cessation de paiement.
Dans ce contexte délétère, les dirigeants de TV Tours conservent une relative sérénité. « A l’inverse d’Orléans TV, nous n’avons pas pris le parti de tailler dans nos coûts de production, qui se maintiennent à 1,9 M€ par an, explique la directrice Maguelone Hédon. Ce qui nous a permis de maintenir la qualité de notre programmation et d’attirer les téléspectateurs et les annonceurs ». Lancée en mars 2006, la chaîne tourangelle devrait réaliser cette année un CA de 900 000 € (807 000 € en 2008) avec un montant de pertes à peine supérieur. En dépit d’un CA prévisionnel, très optimiste, de 1,4 M€ en 2010, le compte d’exploitation sera toujours dans le rouge. Mais l’équilibre a été promis aux actionnaires pour 2012.
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