Lettre Valloire - L'information politique et économique en Région Centre

Le FSI va injecter 60 M€ dans des PME régionales



9-2-11 - Le Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), créé en 2009 au cœur de la crise, se veut offensif en région Centre. Que ce soit en direct ou via CDC Entreprises qui se consacre à des tickets de moins de 10 M€, cette structure d’intervention en fonds propres « entend participer à une vingtaine de projets en 2011 », nous indique Yves Aguiton, le directeur régional de la CDC et correspondant du FSI pour la région Centre. Cette feuille de route correspondrait à 60 M€ d’engagements, soit peu ou prou un montant équivalent aux prises de participation bouclées entre octobre 2009 et la fin 2010 via 18 interventions au capital d’entreprises régionales. Yves Aguiton souhaite engager ses équipes dans une démarche plus pro-active : « Nous allons effectuer un travail de cartographie des entreprises régionales, notamment dans leur composante financière ». Objectif : identifier des cibles, en particulier les sociétés réalisant un CA de plus de 50 M€ et comptant plus de 100 salariés dont les projets de développement pourraient requérir l’accompagnement du FSI pour des tickets de plus de 10 M€. 
« Cela ne signifie pas que nous allons abandonner le segment des plus petites entreprises qui constitueront encore, en nombre, la part la plus importante des dossiers ». Ainsi, le ticket moyen des deals conduit fréquemment avec des partenaires locaux comme Centre Capital Développement ou Sofimac Partners s’est élevé à 3,1 M€ l’an passé. Mais si l’on isole les deux interventions les plus importantes menées au capital de Mécachrome puis, très récemment, à celui de Plastivaloire dans le cadre du rachat du groupe Bourbon, ce montant moyen retombe à moins de 1 M€.
 

MSL Circuits sur le pied de guerre à Meung-sur-Loire


1-12-10 - L’usine MSL Circuits (ex-Valeo, ex-Jabil) et ses 500 salariés de Meung-sur-Loire (45) profitent d’une dynamique vertueuse. La société, désormais contrôlée par un duo d’investisseurs composé de l’américain Leonard Levie et du français Marc Renard-Payen, pourrait renforcer ses capacités avec une 8e ligne de production de cartes électroniques dans le cadre d’un investissement de 2 M€. Tout va dépendre du résultat d’un appel d’offres portant sur l’installation d’une solution de géolocalisation de poids lourds. L’application développée par le consortium Alvia – composé notamment du concessionnaire d’autoroute Sanef, de la SSII Atos Origin et de Siemens – doit permettre à l’Etat de gérer l’écotaxe qui sera acquittée par les transporteurs à partir de 2012. 
« Si nous remportons cet appel d’offres, dont le résultat devrait être connu avant la fin de l’année, notre CA, qui s’élève à 85 M€ en 2010, devrait doubler », affirme Bruno Racault, le pdg. En cas de succès, entre 30 et 40 salariés, « en CDD dans un premier temps », devraient rejoindre l’usine qui exploite 12 000 m2 de surface de production et 6 000 m2 de surface de stockage. « Notre modèle économique est fondé sur une très forte automatisation et sur des standards de qualité qui n’ont pas beaucoup d’équivalent », commente Bruno Racault. « Ce qui nous permet au final d’être au même niveau de prix que nos concurrents low-cost si l’on inclut les coûts de transport et ceux de la non-qualité ». Ainsi, le niveau d’unités défectueuses rejetées chez MSL Circuits s’élève à 9 PPM (9 parties par million). L’entreprise, qui sort d’une phase difficile, a réussi à réduire son exposition à l’industrie automobile en se positionnant sur les marchés de la mécatronique, du médical et des smart grids (réseaux et compteurs intelligents).
 

La voiturette électrique F-City est en partie régionale


29-9-10 - Le franc-comtois Fam Automobiles a présenté aux élus du Pays Vendômois, hier mardi, sa voiturette électrique F-City, un concept de véhicules urbains fonctionnant à partir des batteries nickel-métal hydrure (Ni-MH) de Saft à Bordeaux.
Mais cette voiturette est en partie régionale puisque son châssis est fabriqué chez Tork Engineering, une filiale de Fam Automobiles installée à Amilly (45), tandis que les éléments de carrosserie sont construits et montés chez Altia (ex-Démarais Industrie) à Montoire-sur-le-Loir (41). Quelques employés seulement sont nécessaires pour les besoins actuels de la production (1 véhicule par jour), mais les perspectives de développement de la mobilité urbaine sont réelles : selon les projections, les véhicules électriques – avec les hybrides – pourraient représenter près de 15 % des ventes d’automobiles en 2020.
Reste que le prix des voiturettes F-City est encore élevé (13 000 € HT pour le premier modèle, jusqu’à 33 000 € HT pour le haut de gamme, possédant une autonomie d’une centaine de kilomètres et pouvant frôler les 70 km/h). Il faudra attendre le milieu de la décennie pour faire chuter ce prix, grâce à de nouvelles générations de batteries, 40 % moins chères que celles du marché ; celles-ci représentent aujourd’hui environ deux tiers du prix du véhicule.
En tout cas, le prix n’a pas semblé rédhibitoire à Maurice Leroy, président du Conseil général de Loir-et-Cher, qui envisage d’équiper certains services du Département de voiturettes F-City. Il lui faudra néanmoins compter aussi avec celles de Matra, assemblées à Romorantin : plus petites et bénéficiant de moins d’autonomie, elles sont aussi moins chères (de 10 000 € HT à 15 000 € HT suivant les modèles). Sept ans après la fermeture de Matra Automobile et le départ des lignes d'assemblage de la Renault Espace vers Sandouville, le Loir-et-Cher renoue donc avec les concept-cars.
 

Les usines régionales de Sofedit bientôt chinoises ?


22-10-10 - L’inquiétude est à son comble au sein du personnel des unités françaises de Sofedit, un sous-traitant de l’industrie automobile spécialisé dans le découpage et l’emboutissage de tôles qui emploie encore près de 320 salariés à Sermaises-du-Loiret (45) – dont on peut voir ci-dessus l'usine (photo Adel) –, environ 1 000 au Theil-sur-l’Huisne (61), à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou (28), ainsi qu’une petite centaine à Gouzancourt (59) et à St-Romain-de-Colbosc (76). De source syndicale, on apprend que ces actifs intégrés dans Metal Forming – une division de l’allemand Thyssen Krupp – pourraient être prochainement cédés au géant chinois de l’acier Shougang, le 3e opérateur sidérurgiste de l’empire du Milieu.
Selon nos informations, le groupe chinois tiendrait la corde auprès des dirigeants allemands ; ceux-ci auraient aussi mis à l’étude la candidature de l’espagnol Gestamp Automocion (13 000 salariés, 2,4 Md€ de CA) – qui a repris il y a quelques mois le site de l’équipementier Edscha à Briey (54) – ainsi que celle du groupe Magneti Marelli (32 000 salariés, 4,5 Md€ de CA), une filiale de Fiat.
Le projet ne semble pas du goût des donneurs d’ordre de Sofedit. Toujours de source syndicale, la méconnaissance des intentions réelles de Shougang a conduit PSA à résilier une réaffectation de commandes pour un montant de 50 M€. Tous ces événements ont conduit le comité central d’entreprise à user de son droit d’alerte, il y a une quinzaine de jours. Le périmètre de la cession de Metal Forming (5 500 salariés) – qui pourrait être officialisée d’ici à la fin novembre – comprend aussi deux sites en Allemagne et quatre au Royaume-Uni (Tallent) ; deux de ces usines britanniques devraient d’ailleurs prochainement fermer leurs portes. Rappelons que la région Centre a payé un très lourd tribut à la restructuration engagée par Sofedit depuis 2008 ; celle-ci s’est déjà traduite par la fermeture traumatisante des usines de Vendôme (41) et d’Amilly, près de Montargis (45).
 

Plastivaloire confirme son intérêt pour Bourbon


21-9-10 - Le plasturgiste tourangeau Plastivaloire (164 M€ de CA) est en passe de réaliser une importante opération de croissance externe. Le groupe de Patrick Findeling (ci-dessus avec Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce, à l’artisanat et aux PME en septembre 2009 lors de l’annonce de mesures de restructuration) a été contraint par l’autorité des marchés financiers (AMF) de confirmer qu’il envisageait bien de reprendre le groupe Bourbon, un fabricant jurassien de pièces de plastiques décorées (187 M€, 2 230 salariés sur une douzaine de sites). Toutefois, on se refusait prudemment ces jours derniers au siège du groupe installé à Langeais (37) d’en dire davantage sur un « projet qui n’est pas encore abouti ». Cette opération pourrait être accompagnée par le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), une structure financée par les constructeurs automobiles français et le Fonds Stratégique d’Investissement (FSI). Elle lui donnerait l’occasion de doubler de taille et de poursuivre ainsi une stratégie de croissance externe qui s’est déjà traduite par le rachat des actifs de Key Plastics en 2009.

Rappelons que Plastivaloire sort tout juste d’une période calamiteuse qui a conduit le groupe à supprimer près de 80 postes l’an passé. La direction avait même envisagé la fermeture du site de Chinon, avant de renoncer à ce projet suite à l’intervention des pouvoirs publics ; ces derniers avaient accepté de participer au financement d’un plan de formation dans le cadre d’un dispositif de chômage partiel de longue durée. Ces efforts de redressement ont manifestement porté leurs fruits puisque le groupe tourangeau, certes encore convalescent, est revenu dans le vert sur les six premiers mois de l’exercice 2009-2010 (+ 4,9 M€ de résultat consolidé) sur un CA de 116,3 M€.

 
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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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