Lettre Valloire - L'information politique et économique en Région Centre

Blois veut changer de visage


La Ville de Blois engage une importante opération de chirurgie esthétique. Elle vient ainsi d’engager des discussions avec la SNCF et RFF afin de s’assurer la maîtrise foncière des abords de la gare de Blois, réunis dans la ZAC St-Vincent-Gare-Médicis, soit une emprise de 4,5 ha située de part et d’autre des voies ferrées (ci-dessus la photo de Philippe Lavallart). L’objectif est naturellement de modifier en profondeur cet espace urbain. Avant même l’achèvement d’une étude qui vient d’être confiée à Inexia, une filiale de la SNCF, la SEM d’aménagement Grand Blois Développement (GBD) engage la démolition de la halle du Sernam, située sur le côté droit du parvis de la gare.
Sur l’emprise, qui sera complétée par d’autres acquisitions, il est envisagé de bâtir un vaste programme tertiaire de 20 000 m2 (bureaux et commerces). Ce projet sera naturellement phasé afin de s’adapter aux capacités du marché de l’immobilier d’entreprise à Blois (entre 1 000 et 1 500 m2 chaque année dans le cœur urbain), mais la municipalité anticipe le retour au centre-ville d’activités tertiaires qui ont privilégié une implantation en périphérie ces dernières années.
Dans la foulée, GBD va aussi réhabiliter une partie de l’îlot Ducroux, situé cette fois sur le côté gauche de la gare. Un programme de 6 500 m2 de SHON comprenant des bureaux avec probablement des commerces en RdC et peut-être des logements à l’étage, sera confié à un promoteur privé. L’accord de cession avec le propriétaire de l’ancien bâtiment des Douanes, aujourd’hui abandonné, devrait être obtenu en début d’année prochaine. Les travaux pourraient débuter avant la fin 2010 pour une livraison courant 2012. D’autres projets sont envisagés par la Ville, Agglopolys et GBD. Pour en savoir plus, lire notre article disponible sur ce site à la rubrique “Les sujets qui font la Une” (voir ci-contre).

 

Ecran noir pour Philips EGP à Dreux


C’en est fini de l’histoire de Philips à Dreux (28). Le groupe néerlandais a décidé la fermeture de l’usine Philips EGP, initialement dédiée à la fabrication de téléviseurs à tubes cathodiques, qui faisait l’objet d’une tentative de reconversion dans les écrans LCD (37 et 42 pouces). Cette mutation industrielle s’était soldée en avril 2008 par la suppression d’environ 280 postes, la première charrette de 2005 ayant déjà entraîné la suppression de 380 emplois. La fermeture définitive, qui devrait être officialisée le 8 octobre lors d’un CCE à Suresnes (92) où est implanté le siège social, va se traduire par le licenciement des 218 salariés restants.
Cette fin piteuse de la présence industrielle de la firme d’Eindhoven à Dreux ne constitue pas une surprise. Les observateurs, les élus et les salariés s’interrogeaient depuis des mois sur la capacité de l’usine à maintenir une activité  fondée exclusivement sur la fabrication de deux formats de téléviseurs. En 2008, lors de l’annonce du second plan social, les syndicats avaient d’ailleurs affiché leur scepticisme, anticipant une fermeture « avant la fin 2010 » et prévoyant à l'époque que « La direction entendra, à moyen terme, concentrer toute la charge sur le site Bruges (Belgique) et les deux d’Europe centrale ».
Les élus, le député-maire UMP Gérard Hamel en tête, vont désormais s’attacher à réindustrialiser le site qui accueille déjà les sociétés Cordon Electronics (maintenance et SAV de produits électroniques) ainsi que le centre de relation client Phone Marketing. La première emploie déjà plus de 150 collaborateurs à temps plein et même 300 en période de pointe saisonnière, tandis que la seconde a prévu de compter, à terme, plus de 400 télé-conseillers. Une troisième entreprise est d'ailleurs annoncée. Les responsables du développement économique s’emploient également à réindustrialiser avec un certain succès la friche léguée par LG Philips Display (15 ha), l’ancienne seconde usine du groupe d’électronique grand public néerlandais.

 

Dreux accumule les implantations d’entreprises



Les séismes successifs qui ont porté un sérieux coup au tissu industriel drouais n’ont pas entamé la détermination des élus ; ils se sont lancés dans une prospection active d’entreprises, marquée par plusieurs succès récents qui en appellent d’autres.
Phone Marketing, représenté ci-dessus par son président Marc Gladysz (à gauche) et son directeur du développement Axel Ducros (à droite au premier plan), a ouvert la semaine passée un centre d’appel de 3 000 m2 dans l’enceinte de l’usine de téléviseurs Philips EGP, à Dreux : une vingtaine de salariés ont déjà été embauchés et ils devraient être 150 courant septembre et 350 à terme.
Sur le même site Philips EGP, Cordon Electronics a ouvert l’an passé sur 13 000 m2 un centre de maintenance d’appareils électroniques. Le groupe créé il y a une vingtaine d’années en Bretagne par Serge Cordon – et qui emploie aujourd’hui un millier de salariés en France – respecte parfaitement son tableau de marche. « Nous employons à Dreux 125 collaborateurs et, à la fin de l’année, nous aurons probablement 150, voire 160 salariés en CDI » nous indique le pdg.
A Vernouillet, au sud de l’agglomération drouaise, le spécialiste de la vente de literie à distance Matelsom (16 M€ de CA, environ 60 salariés, entre 30 000 et 40 000 matelas vendus par an) prend progressivement possession de sa plate-forme logistique neuve de 6 000 m2. « L’activité va démarrer avec une quinzaine de salariés, dont la moitié recrutés sur place » explique Emery Jacquillat, le président fondateur de la société qui ajoute : « Nous devrions être 30 à la fin de l’année et le double à la fin de l’année 2010 ». Mais la reprise, au mois de février dernier, de la marque et d’une partie de l’activité de la Camif pourrait précipiter le doublement des capacités de stockage que la direction de Matelsom n’envisageait pas d’engager avant deux à trois ans. Un vrai succès pour le Drouais.

 

Le Loiret gagne un député, l’Indre en perd un

© Le Nouvel Observateur

Alain Marleix (ci-dessus) a présenté le 29 juillet en conseil des ministres le projet de redécoupage des 577 circonscriptions législatives françaises. On le savait depuis un moment, mais c’est confirmé. Une 6e circonscription est créée dans la Loiret : elle comprendra les cantons de Châteauneuf-sur-Loire, Chécy, Lorris, St-Jean-de-Braye et les deux cantons urbains d’Orléans-Bourgogne et d’Orléans-St-Marc-Argonne. Les propositions ultimes de la commission Guéna d’y transférer Orléans-Carmes et d’en retrancher Lorris n’auront pas été retenues dans le texte final de l’ordonnance.
L’Indre n’aura plus que deux députés à partir de 2012. La 3e circonscription, dont l’actuel député est le socialiste Jean-Paul Chanteguet, maire du Blanc, est supprimée et ses cantons sont répartis entre la 1ère, celle de Michel Sapin (PS), et la 2e, tenue depuis 1993 par Nicolas Forissier, maire UMP de La Châtre.
Comme La Lettre Valloire l’avait dévoilé le 15 juillet, le canton de Tours Nord-Est est rattaché à la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire, la 2e étant donc amputée de son seul canton urbain. Dans le Loir-et-Cher, le canton rural d’Herbault rejoint la 3e circonscription, celle de Maurice Leroy (Nouveau Centre) ; en perdant ce canton qui avait voté à 53,44 % pour lui en 2007, Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) fragilise son siège de député de la 1ère circonscription, renouvelé d'extrême justesse il y a deux ans. En revanche, la proposition d’Yves Guéna de déplacer le canton de Lignières de la 3e à la 2e circonscription du Cher n’a pas été retenue.
Un des autres points discutés ce matin en conseil des ministres était le projet de loi relatif aux réseaux consulaires, au commerce, à l’artisanat et aux services. Le secrétaire d’Etat tourangeau Hervé Novelli, qui défendra son texte cet automne devant les parlementaires, a tenu bon. Les Chambres régionales de commerce et d’industrie (CRCI) seront renforcées au détriment des CCI. Ces dernières deviendront de simples chambres territoriales rattachées à la Chambre régionale.

 

A Chartres, « un speed dating » pour mettre en relation les sous-traitants


A Chartres, la 4e édition des « Rencontres des savoir-faire pour l’industrie » s’est tenue hier 27 mai dans l’enceinte de Chartrexpo, permettant à 80 industriels locaux de se faire connaître et de décrocher des contrats. Clou de cette manifestation, une bourse d’échanges a permis à quelque 200 sous-traitants d’accéder en direct à une soixantaine d’appels d’offres rédigés par des donneurs d’ordre. Ces derniers sont originaires, outre d’Eure-et-Loir « de sept départements limitrophes » explique Michel Teilleux, vice-président de Chartres Métropole, l’un des promoteurs de ce projet très original qui vise à encourager le développement endogène, l’une des marottes du maire UMP de Chartres, Jean-Pierre Gorges.
Le principe de ce speed dating est simple : dans la demie obscurité de la grande salle de Chartrexpo, près de 200 représentants de sous-traitants exclusivement recrutés sur le territoire de l’agglomération chartraine pianotent sur un boîtier électronique fourni à l’entrée. Ils n’ont qu’une petite vingtaine de secondes pour se porter anonymement candidat à une ou plusieurs des offres présentées sur l’écran géant. Evidemment, certaines propositions rencontrent beaucoup de succès (près de 170 candidatures pour l’une d’entre elles), d’autres au contenu plus pointu ne susciteront l’intérêt que de deux ou trois entreprises. Les prises de contacts sont validées dans les jours qui suivent la manifestation. « Nous nous engageons à opérer un suivi personnalisé des demandes, indique Michel Teilleux, car aucun donneur d’ordre ne doit se retrouver le bec dans l’eau…  ». L’élu souligne que l’an passé, un contrat remporté par l’un des sous-traitants participants lui a permis de multiplier par deux son chiffre d’affaires.

 
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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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