Lettre Valloire - L'information politique et économique en Région Centre

A Chartres, « un speed dating » pour mettre en relation les sous-traitants


28-5-09 - A Chartres, la 4e édition des « Rencontres des savoir-faire pour l’industrie » s’est tenue hier 27 mai dans l’enceinte de Chartrexpo, permettant à 80 industriels locaux de se faire connaître et de décrocher des contrats. Clou de cette manifestation, une bourse d’échanges a permis à quelque 200 sous-traitants d’accéder en direct à une soixantaine d’appels d’offres rédigés par des donneurs d’ordre. Ces derniers sont originaires, outre d’Eure-et-Loir « de sept départements limitrophes » explique Michel Teilleux, vice-président de Chartres Métropole, l’un des promoteurs de ce projet très original qui vise à encourager le développement endogène, l’une des marottes du maire UMP de Chartres, Jean-Pierre Gorges.
Le principe de ce speed dating est simple : dans la demie obscurité de la grande salle de Chartrexpo, près de 200 représentants de sous-traitants exclusivement recrutés sur le territoire de l’agglomération chartraine pianotent sur un boîtier électronique fourni à l’entrée. Ils n’ont qu’une petite vingtaine de secondes pour se porter anonymement candidat à une ou plusieurs des offres présentées sur l’écran géant. Evidemment, certaines propositions rencontrent beaucoup de succès (près de 170 candidatures pour l’une d’entre elles), d’autres au contenu plus pointu ne susciteront l’intérêt que de deux ou trois entreprises. Les prises de contacts sont validées dans les jours qui suivent la manifestation. « Nous nous engageons à opérer un suivi personnalisé des demandes, indique Michel Teilleux, car aucun donneur d’ordre ne doit se retrouver le bec dans l’eau…  ». L’élu souligne que l’an passé, un contrat remporté par l’un des sous-traitants participants lui a permis de multiplier par deux son chiffre d’affaires.

 

Une plate-forme de démantèlement de munitions à Bourges ?


20-5-09 - La CFDT fait le tour des élus locaux et des ministères afin de leur présenter le projet d’implantation sur Bourges d’une plate-forme de démantèlement de munitions. Un projet spécifique est déjà porté par MBDA, mais cette seconde initiative, qui viendrait en complément, « vise à créer une filière générale prenant en charge le démantèlement de tous types de munitions, y compris les systèmes pyrotechniques embarqués dans les air-bags automobiles (600 grs par voiture équipée) » indique Gérard Hayotte, l’un des promoteurs de cette initiative.
La plate-forme devra idéalement être située à Bourges, « le Cher et le Loir-et-Cher détenant probablement le plus important potentiel pyrotechnique d’Europe ». Cette unité, qui exigera un investissement d’au moins 20 M€, emploiera au bas mot une centaine de salariés très qualifiés. « Il y aura du grain à moudre » assure-t-on à la CFDT où, s’appuyant sur une étude du ministère de la Défense, on indique que les volumes de munitions classiques à démanteler s’élèveront à 20 000 tonnes sur la période 2009-2013. La plate-forme s’appuiera naturellement sur les ressources du Centre National des Risques Industriels (CNRI) et de l’école d’ingénieurs berruyère (ENSI).
« C’est un dossier éminemment politique, juge Gérald Hayotte. Le gouvernement doit choisir entre la préservation d’une véritable filière pyrotechnique française ou la délocalisation de l’activité de démantèlement vers des pays comme l’Allemagne ».

 

Les services à la personne sauvent la mise de l’emploi


24-4-09 - L’enquête sur les besoins en main d’œuvre (BMO) de Pôle Emploi ne sera pas l’hirondelle qui fait le printemps. Les 13 295 employeurs régionaux (23,8 % de ceux relevant du régime de l’assurance chômage) qui ont bien voulu répondre en fin d’année dernière au questionnaire, recruteront avec parcimonie jusqu’à la fin de l’année. On s’en doutait. On en est désormais certain.
Les intentions d’embauche exprimées sont en recul de 30,2 % par rapport à 2008 (27 136 contre 38 868 un an plus tôt). C’est le secteur de la construction qui se montre le plus timide (- 56,6 %), devant l’industrie manufacturière (- 40,2 %).
Les services, quoiqu’en fort en recul, tiennent un peu mieux (- 21,1 %), grâce en particulier à la demande soutenue de main d’œuvre dans les secteurs de la santé, de l’action sociale et de la restauration et l’hôtellerie (7 700 intentions d’embauche, soit plus du quart du total, tous secteurs confondus). Les aides à domicile (1 794 projets d’embauche), les employés de l’hôtellerie (1 626) et les animateurs socioculturels et de loisirs (1 612) sont les métiers les plus recherchés : ils sont aussi, surtout pour la première et la troisième catégories, jugés les plus difficiles à pourvoir.
On demande beaucoup d’agents d’entretien, d’employés de libre-service, d’aides-soignants et d’employés de manutention. Fort intérêt également pour des profils commerciaux, qu’ils soient VRP ou cadres, et pour des compétences informatiques. Les recrutements de ces derniers sont toutefois considérés comme « difficiles », tout comme les recrutements d’employés du bâtiment (maçons, plâtriers et autres employés du gros œuvre). On voit que la crise n’a guère solutionné la problématique des fameux « métiers sous tension ».

 

SCA supprime 44 emplois à Orléans et ferme 11 usines d’emballage en Europe


Image and video hosting by TinyPic Exclusif La Lettre Valloire. Jan Johansson (hier mardi 28 avril 2009, durant la présentation des résultats trimestriels), CEO du groupe papetier et forestier suédois SCA (environ 52 000 salariés, 11,5 Md€ de CA en 2008), a annoncé hier des mesures de restructuration à la mesure de la crise, particulièrement sensible dans le secteur de l’emballage. Le groupe va fermer 11 usines européennes dans ce secteur du packaging et supprimer au total 2 200 emplois, soit 14 % des effectifs d’une branche d’activité qui représente près du tiers de la facturation totale de SCA. Le patron du groupe scandinave s’est refusé à citer les usines qui pourraient être touchées, réservant la primeur de ses informations aux partenaires sociaux. En région Centre, SCA possède deux unités d’emballage : Nicollet à Neuville-aux-Bois (45) et les Cartonnages Industriels Mehunois (CIM) à Mehun-sur-Yèvre (18).
On connaît, en revanche, les grandes lignes du plan de restructuration de la division hygiène. Il y a quelques jours, SCA avait annoncé la fermeture de l’usine italienne de Pratovecchio, près d’Arezzo (128 salariés) et une réduction d’effectif au sein de l’usine française de St-Cyr-en-Val, près d’Orléans : 44 postes doivent être supprimés dans cette dernière qui ne comptera plus, après la compression de personnel, que 104 emplois. Mais ce nuage noir annonce peut-être un orage violent : car l’usine orléanaise, rachetée avec quatre autres sites européens il y a deux ans à Procter & Gamble, va néanmoins bénéficier de l’apport de 10 000 tonnes d’essuie-tout en provenance de l’usine du Theil-sur-Huisne (61) qui, elle, tourne à plein régime ; sans cela, il est fort à craindre qu’Orléans, dont la production actuelle de 17 000 tonnes de papier par an est inférieure de moitié à ses capacités, aurait subi le même sort que Pratovecchio (29-4-09).

 

Les retards de paiement à l’origine d’une défaillance d’entreprise sur quatre

LG Philips
 
6-4-09 - L’étude co-réalisée par Altares et Deloitte Finance, évoquée à la Une de notre édition imprimée du 8 avril, rappelle que les délais de paiement sont à l’origine d’une défaillance d’entreprise sur quatre. Le rapporteur ajoute que lorsque le délai dépasse 30 jours, la probabilité de voir le débiteur déposer son bilan est multipliée par 6, risquant dès lors de reporter le risque de défaillance sur le fournisseur créancier.
On voit combien le dispositif de la loi sur la modernisation de l’économie instituant des délais de règlement plus courts arrive de manière opportune. Certes imparfaite, elle a au moins le mérite de mettre le doigt sur ce mal endémique et obligera peut-être l’Etat et les entreprises publiques, qui sont loin de faire partie des payeurs les plus vertueux, à appliquer la règle.
Altares et Deloitte soulignent la progression du nombre de dépôts de bilan observée ces dernières années. Mais la crise née en 2007 n’est pas l’unique responsable d’un phénomène d’abord corrélé au fort mouvement de créations d’entreprises initié en 2002. Tous les dépôts de bilan ne sont pas aussi dramatiques pour l’emploi et l’économie locale que celui de LG Philips Display (ci-dessus l’usine de Dreux) qui a choisi cette voie en janvier 2006 pour échapper à ses créanciers. Mais l’étude rappelle aussi combien la mortalité est élevée après un dépôt de bilan : dans plus de 91 % des cas, le passage à la barre du tribunal de commerce se solde par une liquidation judiciaire (à 63 % immédiate, à plus de 28 % postérieure au jugement de redressement judiciaire). Et seules 7 % des entreprises peuvent présenter un plan de continuation – qui va moins d’une fois sur deux à son terme – alors que 1,7 % font l’objet d’un plan de cession.
 


Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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