20-5-09 - La CFDT fait le tour des élus locaux et des ministères afin de leur présenter le projet d’implantation sur Bourges d’une plate-forme de démantèlement de munitions. Un projet spécifique est déjà porté par MBDA, mais cette seconde initiative, qui viendrait en complément, « vise à créer une filière générale prenant en charge le démantèlement de tous types de munitions, y compris les systèmes pyrotechniques embarqués dans les air-bags automobiles (600 grs par voiture équipée) » indique Gérard Hayotte, l’un des promoteurs de cette initiative.
La plate-forme devra idéalement être située à Bourges, « le Cher et le Loir-et-Cher détenant probablement le plus important potentiel pyrotechnique d’Europe ». Cette unité, qui exigera un investissement d’au moins 20 M€, emploiera au bas mot une centaine de salariés très qualifiés. « Il y aura du grain à moudre » assure-t-on à la CFDT où, s’appuyant sur une étude du ministère de la Défense, on indique que les volumes de munitions classiques à démanteler s’élèveront à 20 000 tonnes sur la période 2009-2013. La plate-forme s’appuiera naturellement sur les ressources du Centre National des Risques Industriels (CNRI) et de l’école d’ingénieurs berruyère (ENSI).
« C’est un dossier éminemment politique, juge Gérald Hayotte. Le gouvernement doit choisir entre la préservation d’une véritable filière pyrotechnique française ou la délocalisation de l’activité de démantèlement vers des pays comme l’Allemagne ».
24-4-09 - L’enquête sur les besoins en main d’œuvre (BMO) de Pôle Emploi ne sera pas l’hirondelle qui fait le printemps. Les 13 295 employeurs régionaux (23,8 % de ceux relevant du régime de l’assurance chômage) qui ont bien voulu répondre en fin d’année dernière au questionnaire, recruteront avec parcimonie jusqu’à la fin de l’année. On s’en doutait. On en est désormais certain.
Les intentions d’embauche exprimées sont en recul de 30,2 % par rapport à 2008 (27 136 contre 38 868 un an plus tôt). C’est le secteur de la construction qui se montre le plus timide (- 56,6 %), devant l’industrie manufacturière (- 40,2 %).
Les services, quoiqu’en fort en recul, tiennent un peu mieux (- 21,1 %), grâce en particulier à la demande soutenue de main d’œuvre dans les secteurs de la santé, de l’action sociale et de la restauration et l’hôtellerie (7 700 intentions d’embauche, soit plus du quart du total, tous secteurs confondus). Les aides à domicile (1 794 projets d’embauche), les employés de l’hôtellerie (1 626) et les animateurs socioculturels et de loisirs (1 612) sont les métiers les plus recherchés : ils sont aussi, surtout pour la première et la troisième catégories, jugés les plus difficiles à pourvoir.
On demande beaucoup d’agents d’entretien, d’employés de libre-service, d’aides-soignants et d’employés de manutention. Fort intérêt également pour des profils commerciaux, qu’ils soient VRP ou cadres, et pour des compétences informatiques. Les recrutements de ces derniers sont toutefois considérés comme « difficiles », tout comme les recrutements d’employés du bâtiment (maçons, plâtriers et autres employés du gros œuvre). On voit que la crise n’a guère solutionné la problématique des fameux « métiers sous tension ».
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Exclusif La Lettre Valloire. Jan Johansson (hier mardi 28 avril 2009, durant la présentation des résultats trimestriels), CEO du groupe papetier et forestier suédois SCA (environ 52 000 salariés, 11,5 Md€ de CA en 2008), a annoncé hier des mesures de restructuration à la mesure de la crise, particulièrement sensible dans le secteur de l’emballage. Le groupe va fermer 11 usines européennes dans ce secteur du packaging et supprimer au total 2 200 emplois, soit 14 % des effectifs d’une branche d’activité qui représente près du tiers de la facturation totale de SCA. Le patron du groupe scandinave s’est refusé à citer les usines qui pourraient être touchées, réservant la primeur de ses informations aux partenaires sociaux. En région Centre, SCA possède deux unités d’emballage : Nicollet à Neuville-aux-Bois (45) et les Cartonnages Industriels Mehunois (CIM) à Mehun-sur-Yèvre (18).
On connaît, en revanche, les grandes lignes du plan de restructuration de la division hygiène. Il y a quelques jours, SCA avait annoncé la fermeture de l’usine italienne de Pratovecchio, près d’Arezzo (128 salariés) et une réduction d’effectif au sein de l’usine française de St-Cyr-en-Val, près d’Orléans : 44 postes doivent être supprimés dans cette dernière qui ne comptera plus, après la compression de personnel, que 104 emplois. Mais ce nuage noir annonce peut-être un orage violent : car l’usine orléanaise, rachetée avec quatre autres sites européens il y a deux ans à Procter & Gamble, va néanmoins bénéficier de l’apport de 10 000 tonnes d’essuie-tout en provenance de l’usine du Theil-sur-Huisne (61) qui, elle, tourne à plein régime ; sans cela, il est fort à craindre qu’Orléans, dont la production actuelle de 17 000 tonnes de papier par an est inférieure de moitié à ses capacités, aurait subi le même sort que Pratovecchio (29-4-09).
6-4-09 - L’étude co-réalisée par Altares et Deloitte Finance, évoquée à la Une de notre édition imprimée du 8 avril, rappelle que les délais de paiement sont à l’origine d’une défaillance d’entreprise sur quatre. Le rapporteur ajoute que lorsque le délai dépasse 30 jours, la probabilité de voir le débiteur déposer son bilan est multipliée par 6, risquant dès lors de reporter le risque de défaillance sur le fournisseur créancier.
On voit combien le dispositif de la loi sur la modernisation de l’économie instituant des délais de règlement plus courts arrive de manière opportune. Certes imparfaite, elle a au moins le mérite de mettre le doigt sur ce mal endémique et obligera peut-être l’Etat et les entreprises publiques, qui sont loin de faire partie des payeurs les plus vertueux, à appliquer la règle.
Altares et Deloitte soulignent la progression du nombre de dépôts de bilan observée ces dernières années. Mais la crise née en 2007 n’est pas l’unique responsable d’un phénomène d’abord corrélé au fort mouvement de créations d’entreprises initié en 2002. Tous les dépôts de bilan ne sont pas aussi dramatiques pour l’emploi et l’économie locale que celui de LG Philips Display (ci-dessus l’usine de Dreux) qui a choisi cette voie en janvier 2006 pour échapper à ses créanciers. Mais l’étude rappelle aussi combien la mortalité est élevée après un dépôt de bilan : dans plus de 91 % des cas, le passage à la barre du tribunal de commerce se solde par une liquidation judiciaire (à 63 % immédiate, à plus de 28 % postérieure au jugement de redressement judiciaire). Et seules 7 % des entreprises peuvent présenter un plan de continuation – qui va moins d’une fois sur deux à son terme – alors que 1,7 % font l’objet d’un plan de cession.
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