Confronté à de nouvelles restructurations industrielles, le député-maire UMP de Dreux Gérard Hamel annonce l’intensification des efforts engagés tant dans le
domaine immobilier que dans celui du soutien à des filières ciblées (pharmacie, éco-industrie, logistique).La Lettre Valloire : Av e c l ’ a n n o n c e d’importantes suppressions d’emplois chez Philips EGP et le redressement judiciaire de Klarius- Rossi, le bassin drouais connaît une nouvelle fois une crise des plus violentes. Quel est votre état d’esprit ? Gérard Hamel : Le bassin d’emploi drouais connaît une mutation industrielle profonde, et ceci depuis plusieurs années. Elle se caractérise par l’impossibilité, compte tenu de la concurrence des pays low cost, de maintenir à Dreux des activités de production à faible, voire à moyenne valeur ajoutée. Je ne veux pas stigmatiser les décisions des industriels qui agissent, dans bien des cas, pour assurer la survie de leur entreprise dans des contextes hyperconcurrentiels. Lorsque le pdg de Comasec, le leader du gant de manutention implanté à Dreux, est venu me trouver pour me dire qu’il devait, comme ses principaux concurrents, délocaliser en Malaisie – entraînant ainsi la suppression de 120 emplois (ndlr) –, il ne s’agissait pas d’un caprice, mais d’une décision de gestion destinée à assurer la pérennité de la société. LV : Est-ce à dire que les décideurs et les élus doivent se résoudre à accepter sans réagir que des pans entiers de l’industrie locale se désagrègent ? G. H. : Je suis, bien au contraire, de ceux qui pensent qu’il faut se battre sans fléchir. C’est ce que nous faisons depuis plusieurs années, c’est ce que nous allons faire encore plus intensément. Il est exact que nous avons perdu près de 4 500 emplois depuis 5 à 6 ans sur Dreux. Mais je voudrais tout de même rappeler que, dans le même temps, nous avons gagné plus de 3 000 emplois, notamment dans les services et le commerce. Le solde est certes négatif mais l’ensemble des acteurs, collectivités et entreprises, affrontent les réalités économiques avec beaucoup de détermination. LV : Quelles actions concrètes allez-vous engager ? G. H. : Nous allons continuer à développer notre offre d’accueil d’entreprises. Cette stratégie a déjà donné lieu à la construction d’une quinzaine de villas d’entreprises. Nous avons aussi engagé la revitalisation de la friche LG Philips qui s’étend sur une quinzaine d’hectares. Le site accueille déjà une douzaine d’entreprises ; ce n’est pas encore très significatif, mais tout ceci est en train de monter en puissance. La réhabilitation de nouveaux locaux (12 000 m2), en passe d’être achevée sur le site, adossée à une importante campagne de prospection va prochainement porter ses fruits. LV : Quelles filières entendez-vous privilégier ? G. H. : Nous avons la chance de pouvoir compter sur l’activité de plusieurs sites pharmaceutiques tels qu’Ipsen, Sophartex, Norgine, Leo Pharma ou Famar. Nous allons naturellement continuer à privilégier ce secteur en nous appuyant sur l’association Polepharma. Nous avons aussi l’intention de développer une filière éco-industrie qui devrait nous permettre de reclasser les salariés les plus fragiles touchés par les différents plans sociaux. D’ores et déjà, Dreux compte dans ce secteur des entreprises prometteuses, spécialisées dans le recyclage-valorisation des téléphones mobiles ou les DVD. Nous investissons aussi beaucoup dans le domaine de la pile à combustible (cf. notre Une de LV n° 473). Enfin, je considère que nous n’avons pas encore suffisamment exploré à Dreux la piste de la logistique. D’ici à 2015, la création d’une autoroute concédée (A 154) entre Nonancourt et Allaines, en lieu et la place de la RN 154, va renforcer l’attractivité de Dreux. Il faut nous y préparer dès maintenant en acquérant et en organisant le foncier. LV : Ces actions vont-elles exiger des ressources financières supplémentaires ? G. H. : Oui, sans aucun doute. Aux termes de la première mouture du contrat de site, nous avons bénéficié d’une enveloppe de 40 M€. Je pense que je vais solliciter dans le cadre d’un second contrat des concours d’un montant équivalent.














