Coup de tonnerre à Châteaudun. A peine plus d’un an après avoir vendu au sous-traitant électronique Flextronics son unité spécialisée dans la fabrication d’équipements de réseaux de télécommunications (cf. LV n°396), l’équipementier canadien Nortel menace de retirer la moitié de la charge totale de l’usine, celle-ci faisant pourtant l’objet d’un contrat de sous-traitance d’une durée théorique de quatre ans.
La direction et les syndicats dunois ont désormais la preuve que l’usine mexicaine d’un autre sous-traitant, Sanmina, récupérera la fabrication des modules du SK 18000, le dernier-né des équipements de réseaux GSM du groupe canadien. Selon la direction de Flextronics, ce transfert s’opérera en deux tranches, la première à la fin du mois de décembre, la seconde un mois plus tard. Un courrier récent adressé par Nortel semble remettre en question l’application de la seconde mesure, mais les syndicats se demandent si le canadien ne cherche pas à gagner du temps. Ce retrait annoncé “menace tout simplement l’existence de l’usine” préviennent nos interlocuteurs, d’autant qu’une hypothèque pèse aussi sur la poursuite de la fabrication des équipements de réseaux UMTS. Cette activité, qui représente 30 % de la charge de l’unité de Châteaudun, vient d’être cédée par Nortel à Alcatel-Lucent. Or ce dernier possède une usine de 600 personnes à Eu, non loin de Rouen (76), positionnée sur les mêmes fabrications. “Nous ne nous faisons pas d’illusions, s’inquiète l’un des délégués. La logique veut qu’Alcatel-Lucent opère un regroupement sur une usine spécialisée plus importante que la nôtre”. Le solde de la charge, soit 20 %, est consacré à des produits vieillissants et des fonctions support qui ne justifient pas le maintien d’une usine à Châteaudun. Rappelons que l’unité dunoise emploie 380 salariés en CDI, auxquels s’ajoute un contingent quasi permanent de 200 intérimaires (de 0 à… 500 suivant l’époque de l’année). Nortel a conservé 25 salariés à Châteaudun et les nombreux sous-traitants totalisent près de 200 personnes : le logisticien Telis compte ainsi 40 CDI et une moyenne de 40 intérimaires et Elyo (groupe Suez) emploie 40 personnes à la maintenance du site.














