Le blé beauceron prêt à quitter la filière bioéthanol

Si le verdict rendu par le Tribunal de grande instance de Reims le 7 juin est confirmé en appel – la date n’est pas encore connue –, la Société Coopérative Agricole d'Eure-et-Loir (Scael), qui compte 1 700 adhérents et enregistre 800 M€ de CA, sera, avec Cohesis, une coopérative rémoise associée dans la démarche, la première de France à quitter la filière bioéthanol.
La coopérative devait vendre 50 000 tonnes de blé par an à Blétanol, une filiale du groupe Champagne Céréales, à un coût nettement inférieur au cours (de 25 à 50 € de moins à la tonne). Pour que ses adhérents ne supportent pas la baisse des prix, la Scael payait la différence. Les pertes auraient atteint 2,5 M€ par an ; mais 12 000 tonnes seulement ont été fournies, avant que les deux coopératives ne cessent leurs livraisons.
Le projet industriel, porté en 2007 par Blétanol, semblait profitable aux deux parties… Pourtant, le jugement de première instance met en avant « un manquement de l’Union Blétanol à son obligation de tout mettre en œuvre pour valoriser au mieux les livraisons de blé de ses associés (Scael et Cohésis, ndlr) ». « Il y a eu défaut d’information, tromperie, la coopérative a été abusée », s’indigne Laurent Simon, directeur général de la Scael, selon lequel « il y avait un risque lourd de perdre de manière durable beaucoup d’argent ». Cette première pourrait entraîner d’autres départs de la filière.
Contacté, Champagne Céréales n’a pas souhaité apporter de commentaires, l’affaire étant en cours. Mais le groupe reste persuadé « des perspectives d’évolution positive pour la filière éthanol ».

Envoyer Imprimer PDF
 


Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
Retrouvez le contenu complet
de la Lettre Valloire
REGION CENTRE
BERRY
EURE-ET-LOIR
INDRE-ET-LOIRE
LOIR-ET-CHER
LOIRET