Un test national sur Chartres I

La législative partielle, organisée les 7 et 14 septembre sur la circonscription de Chartres I, va, à coup sûr, être examinée à la loupe par les étatsmajors. La joute qui opposera principalement le représentant du PS David Lebon et le socialiste défroqué Georges Lemoine au maire UMP de Chartres Jean-Pierre Gorges devrait apporter un éclairage sur le rapport de force national et donner, en quelque sorte, le ton de la rentrée politique. Par ailleurs, les péripéties juridiques qui se sont empilées depuis plus d’un an, et notamment la double annulation de l’élection de Jean-Pierre Gorges de juin 2007 (vainqueur de 59 voix), puis de celle de la socialiste Françoise Vallet, qui avait, cette fois-ci, battu le maire de Chartres avec une confortable avance (55,26 % des suffrages) en novembre 2007, donnent un relief particulier à… cette troisième édition. Et apportent un supplément d’électricité dans le climat politique local. Dans l’entourage de Jean-Pierre Gorges, il est de bon ton d’afficher une confiance à toute épreuve. On se félicite tout d’abord de la division du camp d’en face. L’ancien maire socialiste de Chartres Georges Lemoine, qui a pris beaucoup de distance avec les instances du parti, est entré en lice sans tenir compte de l’investiture officielle de David Lebon, l’ex-suppléant de Françoise Vallet. Il est vrai que cet espoir de la gauche locale, ô insolente jeunesse, n’avait pas hésité lors dernières cantonales à se maintenir au second tour contre Georges Lemoine, facilitant ainsi l’élection d’Elisabeth Fromont, la première adjointe de Jean- Pierre Gorges. Les proches du maire de Chartres prennent aussi comme point de référence l’élection municipale de mars dernier qui avait vu “JPG” briser facilement les espoirs de Françoise Vallet avec 56 % des voix. “Intox” juge-t-on dans le camp socialiste où l’indice de confiance est également à son zénith. La victoire du candidat UMP de juin 2007 “s’est inscrite dans une dynamique pro-Sarkozy qui n’est plus tout à fait dans l’air du temps” ironise-t-on. En outre, “la circonscription ne se résume pas au centre- ville chartrain et la poussée à gauche de l’électorat périurbain est tangible”. Les caciques socialistes (Bertrand Delanoë, François Hollande, Martine Aubry, Marylise Lebranchu…) ne s’y sont pas trompés et ils se sont succédé ces dernières semaines dans les rues de Chartres aux côtés de leur champion.
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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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