Sitram contraint à une restructuration

La société Sitram, spécialisée dans la fabrication d’ustensiles de cuisine haut de gamme, vient d’annoncer le licenciement de 35 salariés dans son usine de St-Benoît-du-Sault. L’entreprise, explique son président Gilles Combe, comme toutes les entreprises métallurgiques, a subi de plein fouet les hausses des matières premières comme l’acier, le chrome et le nickel. Travaillant d’autre part actuellement à 90 % avec la grande distribution, elle est victime de la politique de bas prix et de bas de gamme menée par ce secteur. La concurrence avec les produits importés est telle “qu’une batterie de cinq casseroles est vendue actuellement au prix de revient d’une seule des nôtres, déplore Gilles Combe, le client privilégiant le prix à la qualité”. C’est ainsi que le marché des ustensiles de cuisine en aluminium est huit fois plus important que celui des autres matériaux, l’inox ou le revêtu. En conséquence, Sitram a vu son CA passer de 43 M€ en 2002 à 41 M€ en 2003 et 37 M€ en 2004. D’autre part, l’application de la réglementation sur l’amiante a plombé les comptes. La société a été contrainte de placer en pré-retraite et d’indemniser 95 de ses salariés pour un coût de 1,1 M€. Gilles Combe se dit néanmoins très confiant en l’avenir. Il vient en effet de créer une société de négoce, Sitram Service, qui diffusera non seulement ses propres produits mais également ceux venant de marchés extérieurs, ce qui lui permettra de continuer à être présent dans la grande distribution en proposant des gammes complètes. L’usine créée en 1993 à Shangaï en Chine (150 salariés), dont Sitram détient aujourd’hui la majorité du capital, distribue actuellement ses produits pour moitié sur le marché américain et pour l’autre, sur le marché européen.
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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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