Bruno Gonzague (Medef Touraine) : “Quel gâchis !”

Le président du Medef Touraine déplore l’image affligeante qu’a produite sur l’opinion la nouvelle “affaire” Gauthier-Sauvagnac. La Fête de l’entreprise,
 organisée par le mouvement tourangeau du 16 au 22 mai, ne sera pas de trop pour redorer le blason patronal.

La Lettre Valloire : Comment réagit le Medef Touraine aux événements qui agitent le patronat français ?

Bruno Gonzague : Le Medef Touraine réagit de la même manière que Laurence Parisot à la nouvelle affaire Gauthier-Sauvagnac. Trop c’est trop. Quand on sait les sommes qu’a reçues DGS et les raisons pour lesquelles il les a obtenues, on ne peut que trouver la situation déplorable.

L.V. : On parle d’un règlement de compte entre Laurence Parisot et l’UIMM, qui ne l’aurait pas soutenue lors de l’élection à la présidence du Medef ?

B.G. : Pour la première fois, nous avons une présidente issue du monde des services et non de l’industrie. Ce n’est ni plus, ni moins que l’image du PIB français où, il y a encore vingt ans, 70 % provenait de l’industrie et le reste, des services, alors qu’aujourd’hui, c’est strictement l’inverse. Que l’UIMM ait toujours du poids au Medef, c’est indéniable. C’est pour cette raison que ses représentants refusent de démissionner de certains mandats.

L.V. : Quelles relations entretenez-vous avec l’UIMM Touraine ?

B.G. : Historiquement, les relations sont bonnes et n’ont pas été détériorées par les affaires. Au niveau local, l’UIMM entre pour très peu dans le financement de notre Medef.

L.V. : Toute cette actualité occulte certains événements importants et, notamment, la réforme de la législation du travail. Que pense de cette réforme le président du Medef Touraine ?

B.G. : La négociation a eu le mérite de redonner au paritarisme ses lettres de noblesse. Les syndicats d’employeurs et de salariés, à l’exception de la CGT, se sont mis d’accord sur un texte qui, contrairement à ce qui s’était passé pour le CPE et le CNE, n’a pas été dicté par le gouvernement. Salariés et entrepreneurs ont fait un grand pas en s’accordant sur le concept de “séparabilité” qui met fin à un système pervers, dénoncé par tous. La “flex-sécurité” a permis un accord gagnant-gagnant. Le salarié est sécurisé, ses droits, notamment au DIF, sont transférés et il sera indemnisé par l’Assédic en cas de rupture à l’amiable de son contrat de travail. Quant à l’employeur, la réforme lui permet de négocier plus facilement un départ donc d’embaucher plus aisément. Les plus petites entreprises peuvent enfin vaincre cette fameuse crainte qui avait fait le succès du CNE. Nous n’avons pas pu aller jusqu’au contrat unique parce que c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Mais la réforme respecte en totalité les décrets de l’Organisation internationale du travail en ce qui concerne les durées de périodes d’essai et les conditions de licenciement.

L.V. : Le Medef enterre-t-il le CNE sans regret ?

B.G. : Nous l’enterrons avec un petit regret parce qu’il a permis la création de 300 000 à 400 000 emplois dans les TPE et PME. Il avait le mérite, même s’il n’était pas parfait, de lever certains obstacles à l’embauche.

L.V. : Votre projet de Fête de l’entreprise vient à point nommé pour conforter une image des entrepreneurs écornée par les affaires récentes. Pouvez-vous nous en dire plus sur son organisation ?

B.G. (avec Catherine de Colbert, dirigeante de la Cartonnerie Oudin) : Nous sommes partis du principe que l’image des entrepreneurs n’était pas ce qu’elle devait être. Après plusieurs séances de brainstorming du groupe de travail constitué pour l’occasion, nous avons tout d’abord décidé de rédiger un livre pédagogique sur la vie de l’entreprise et sa relation avec la société. La Fête de l’entreprise proprement dite prendra la forme d’une semaine d’animation, du 16 au 22 mai, avec des visites d’entreprises, des débats… et une clôture à la Grange de Meslay en présence de Laurence Parisot et d’Hervé Novelli.

Propos recueillis

par François-Xavier Beuzon


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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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