Philippe Le Breton : “Notre politique économique doit privilégier l’endogène”

Désormais élu en charge de l’économie, à la fois à l’agglomération de Tours et au Conseil général d’Indre-et-Loire, Philippe Le Breton veut réorienter et rationaliser l’action des deux collectivités. Il n’envisage pas une fusion des services, mais une mutualisation de certains moyens pour plus de cohérence et d’efficacité… La Lettre Valloire : Depuis votre prise de responsabilité, vous avez engagé une refonte de la politique économique départementale, qui s’est traduite par la suppression de l’Agence de Développement de la Touraine. Quels sont les grands principes de ce “new deal” ? Philippe Le Breton : Tout d’abord, il faut en finir avec l’ostracisme dont a fait l’objet l’agglomération ces dernières années. Celle-ci ne pouvait jamais obtenir de subsides du Conseil général pour l’aménagement de ses propres zones. Cette mise à l’écart est inefficace économiquement et injuste compte tenu du poids des entreprises implantées dans l’agglomération tourangelle. Le projet de nouveaux statuts et de futur règlement de la nouvelle agence départementale, dont la création sera effective au 1er janvier 2009, tiendra compte de notre volonté de réintégration de l’agglomération. Le Conseil général avait par ailleurs développé une panoplie d’aides fourretout (FDAT, FIE, FDDR). Je vais proposer de fondre ces dispositifs dans une formule unique. Par ailleurs, nous avons l’intention de revoir les critères d’éligibilité et de “conditionnalité” des aides. Nous avons également l’intention d’évaluer les engagements des entreprises et d’exiger le remboursement de l’argent public s’ils ne sont pas tenus. L.V. : Allons-nous vers une agence de développement économique commune à l’agglomération et au Département ? P. L. B. : Non ! Il n’est pas question de fusionner les deux structures propres à Tour(s)Plus et au Département, mais je souhaite que des efforts importants soient accomplis dans la mutualisation des moyens et des approches. Il faut que les collaborateurs de ces deux structures apprennent à travailler ensemble. Je compte aussi proposer un rapprochement avec l’Observatoire économique de Touraine. La dispersion des moyens doit être partout combattue. La politique économique, qui sera menée par le Département et l’agglomération, doit privilégier l’endogène. Les missions de prospection lointaines, coûteuses et au final souvent infructueuses, ne sont plus prioritaires. L.V. : Le Département ne court-il pas le risque de se désengager des zones rurales ? P. L. B. : Il ne s’agit pas d’habiller Pierre en déshabillant Paul. Le Département peut tout à fait participer au financement de la ZA de 150 ha que Tour(s) Plus souhaite développer au sud de l’agglomération tourangelle, tout en aménageant les zones d’Autrèches, de Sublaines ou de Ballan-Miré. Je pense que l’aide que nous apportons aux collectivités rurales pourra aussi passer par une mise à disposition de personnel. Beaucoup de communautés de communes n’ont pas les moyens de s’offrir des développeurs confirmés. Il y a beaucoup à faire dans cette direction. Le Conseil général va aussi intervenir avec beaucoup de détermination dans la revitalisation de certaines friches industrielles, je pense notamment à Mabille à Amboise. L.V. : Revenons à Tour(s)Plus. La création de cette zone d’activité de 150 ha au sud de l’agglomération est-elle une priorité ? P. L. B. : Assurément. Elle va nous permettre de disposer d’une offre foncière de qualité. Je souhaite d’ailleurs rectifier ce qui est ici ou là colporté. Il ne s’agira pas d’une plate-forme logistique mais d’une zone d’activité classique qui présentera l’intérêt d’être raccordée au rail. Elle sera située principalement sur Joué-lès-Tours. Une partie de l’emprise devait l’être sur Chambray-lès-Tours, mais les élus de la commune semblent y être opposés. Je négocie avec eux la création d’une desserte qui permettrait de relier la zone au périphérique et à l’A 10. Tour(s)Plus réfléchit aussi au devenir des Magasins généraux (environ 40 000m2) à St-Pierre-des-Corps ; nous sommes ouverts à toutes les hypothèses à condition que le projet retenu génère suffisamment de taxe professionnelle.
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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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