Comment influer sur les décisions d’un conseil d’administration lorsqu’on détient « entre 5 et 10 % » des actions d’une société ?
Cette question ne semble pas effleurer les huit exécutifs régionaux, dont celui de la région Centre, qui ont manifesté leur intention d’entrer au capital d’EADS. La grosse ficelle politique qui entoure cette proposition ne doit pas cacher, outre le vieux rêve réactionnaire d’une économie administrée, l’impasse financière et politique dans laquelle les collectivités concernées risquent de s’engouffrer. En tenant compte de la capitalisation boursière actuelle d’EADS, le ticket d’entrée serait compris entre 1 et 2 Mds€, soit 125 à 250 M€ en moyenne pour chacune des huit Régions. Les mêmes, qui tempêtent régulièrement contre l’étroitesse de leurs moyens et la pingrerie de l’Etat à leur égard, ont pourtant d’autres priorités à financer. Par exemple la formation et l’éducation, qui représentent 350 M€ de dépenses cette année en région Centre (46 % d’un budget de 758 M€). Qu’on laisse donc Louis Gallois, par deux fois directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, faire son travail et solliciter, lorsqu’il le jugera utile – à l’entendre, le moment n’est pas venu –, des actionnaires aguerris. Et une fois l’épine Airbus sortie du pied d’EADS, formons le voeu que l’Etat trouve preneur pour les 15 % qu’il détient dans le capital du groupe d’aérospatiale. A chacun son job.










