L’art de prendre une valise

Une vice-présidente du Conseil régional, flanquée d’un élu de sa majorité, a frappé mercredi 27 février à la porte de l’entreprise Savebag, à Perrusson, près de Loches. 
 Jusque-là, tout est normal : le Conseil régional a débloqué une belle enveloppe pour soutenir l’investissement de ce fabricant d’articles de bagagerie tourangeau, qui promet d’ajouter 70 emplois à son effectif de 121 salariés d’ici à 2010. Mais il était nullement prévu que les deux élus régionaux soient escortés de journalistes. Candidat dimanche dernier à Loches contre le maire sortant Jean-Jacques Descamps, ancien député UMP et ministre de Jacques Chirac, le conseiller régional accompagnant la vice-présidente avait certainement jugé qu’une opération médiatique, une semaine avant un premier tour qui promettait d’être difficile (et ce fut le cas !), ne pouvait qu’aller dans le sens de ses intérêts. Le hic, c’est que le patron de Savebag – qui avait refusé de nous confirmer une information que nous avions néanmoins publiée (“Off the record” du 21 novembre 2007) – aime moins le crépitement des flashes que les élus en campagne. D’autant que son investissement est lié à un contrat avec un maroquinier français de renom qui lui a imposé une clause de confidentialité. En vraie gaffeuse, la vice-présidente du Conseil régional a lâché le nom du maroquinier aux journalistes. Autant vous dire que les deux compères ne se sont pas fait que des amis chez Savebag. D’ailleurs, loin de faire un carton, le conseiller municipal de Loches a pris une valise le 9 mars (41,8 % des voix, contre 58,2 % au sortant). L’expérience lui aura, pour le moins, tanné le cuir et permis de méditer cet avertissement de Chateaubriand : “Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision”.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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