Le coup d’Etat permanente

Paulette Picard, présidente de la CCI de l’Indre, a ajouté à sa carte de visite le titre de présidente de la Chambre régionale de commerce et d’industrie du Centre, suite au coup de Trafalgar orchestré le 31 mars par les deux présidents des CCI du Loiret et de Touraine. Roger Mahoudeau rigolait encore mardi, lorsque nous l’avons eu en ligne, du vilain tour joué à ses petits camarades. Nous avions informé nos lecteurs par le menu, à la Une de l’édition du 16 janvier dernier, de la bataille au couteau que se livraient les six CCI pour prendre le contrôle de la CRCI, paisible institution qui sommeille depuis plusieurs années au fond d’une zone industrielle orléanaise. L’arithmétique à géométrie variable semblait alors donner un léger avantage au bloc des quatre « petites » CCI régionales, conduit par le président de celle de Loir-et-Cher, Alain Courtois. Mais l’esprit de Machiavel souffle sur la Loire. Dans une manoeuvre audacieuse autant qu’habile, les présidents des deux « grosses » CCI, Orléans et Tours, ont offert à Paulette Picard un fauteuil inespéré et privé Alain Courtois d’une victoire annoncée. Ce dernier a aussitôt démissionné de tous ses mandats à la CRCI. Paulette Picard, coiffeuse à Levroux, peut savourer son triomphe. Et en hommage à François Mitterrand, un autre expert en combinazione de tout poil, elle intitulera ses futurs mémoires : « Le coup d’Etat permanente ».
 

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Economic Circus

La très forte exposition médiatique de la crise chez Philips à Dreux, durant cette deuxième moitié d'hiver 2010, confirme que les périodes pré-électorales favorisent toutes les mises en scène et aiguisent les dispositions de certains courants politiques pour la manipulation de l’opinion.
Les postures des uns et des autres dans cette affaire, déclenchée par l’incroyable maladresse de la direction des ressources humaines du groupe néerlandais, démontrent aussi que les simulacres de la société du spectacle, décrits il y a quarante ans par les situationnistes – ces utopistes de l’ultra-gauche pré-soixante-huitarde – et le culte de l’image ont bel et bien investi toutes les strates de l’activité humaine, y compris le champ économique.
Il ne reste plus qu’à suggérer à la production de TF1 qu’elle organise un « reality show » autour, par exemple, de la séquestration pendant 48 h de cadres dirigeants. Succès d’audience garanti !
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