Le flahute* et les deux grimpeurs

En politique comme dans le vélo, il y a ceux qui font la course en tête et ceux qui, le souffle court, se débattent à l’arrière du « groupetto ». La venue à Blois de François Fillon, vendredi 29 février, en a fourni un nouvel exemple. Durant la visite de l’usine Francos (voir LV n°471), le président du Conseil général Maurice Leroy est resté littéralement collé à la roue du Premier ministre, ne loupant aucun son, aucune image pour le JT de 20 h. Dans le même temps, son coéquipier et futur ex-maire de Blois Nicolas Perruchot faisait l’élastique entre la queue du peloton « mayo yaune » et le groupe des battus. En perdition comme un flahute* dans la montée du Tourmalet, le député ex-RPR, ex-UDF, mais encore Nouveau Centre, essayait de profiter du moindre faux plat pour revenir dans le sillage des deux leaders. Imperturbable, Momo, dossard 41, remettait les gaz, suivant avec une facilité déconcertante François Fillon, pourtant un habitué des premières places dans les sondages. A l’arrivée, seule la photo finish aurait pu départager les deux hommes. Trois lacets plus bas, talonné par la voiture-balai, Nicolas Perruchot perdait de précieuses secondes à s’extraire de la mêlée des suiveurs, laissant les deux grimpeurs filer vers la banderole, suivis comme leur ombre par une meute de caméras et de micros tendus. Aucun gregario n’a tendu son bidon, ni aidé le futur ex-maire de Blois à remonter vers la tête de la course. Vainqueur au sprint le 18 mars 2001, Nicolas Perruchot est arrivé hors des délais le 16 mars 2008. Cruelle ironie du sport, aurait conclu Antoine Blondin.

* « Flahute » est le sobriquet péjoratif donné par les Wallons aux habitants des Flandres belges. Par extension, il s’applique aux coureurs cyclistes du plat pays, à l’aise dans les étapes de plaine mais en difficulté dès que la route s’élève.
 

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Economic Circus

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Les postures des uns et des autres dans cette affaire, déclenchée par l’incroyable maladresse de la direction des ressources humaines du groupe néerlandais, démontrent aussi que les simulacres de la société du spectacle, décrits il y a quarante ans par les situationnistes – ces utopistes de l’ultra-gauche pré-soixante-huitarde – et le culte de l’image ont bel et bien investi toutes les strates de l’activité humaine, y compris le champ économique.
Il ne reste plus qu’à suggérer à la production de TF1 qu’elle organise un « reality show » autour, par exemple, de la séquestration pendant 48 h de cadres dirigeants. Succès d’audience garanti !
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