Le brave François Bonneau s’est pris les pieds dans la moquette avec l’affaire du rappeur Orelsan.
La politique a ceci de commun avec la musique qu’il n’est pas toujours facile de trouver le bon tempo. Rappelons les faits : début avril, le président du conseil régional annonce qu’il est prêt à « prendre ses responsabilités » si le Printemps de Bourges maintient la programmation du rappeur Orelsan. Aurélien Cotentin, dont le pseudonyme Orelsan est fortuitement l’anagramme du nom de la capitale régionale, a commis il y a deux ans une chanson aux paroles aussi stupides que violentes. Mais on n’emprisonne pas Orelsan. La déclaration présidentielle et sa menace de geler la subvention accordée depuis toujours par la Région Centre au Printemps de Bourges ont eu pour effet de raidir Daniel Colling, l’organisateur du festival. Qui a finalement décidé de maintenir le concert du rappeur, s’étonnant au passage qu’un président de collectivité s’érige en censeur. Pas faux. Doit-on vouer aux gémonies tous les chanteurs dont les textes attentent à l’image de la femme ? Et retirer de la vente « Annie aime les suçettes » et « Harley Davidson of the bitch », certes exemptes d’horions mais à la langue tout aussi crue ? Aux dernières nouvelles, l’affaire pourrait s’arranger en douceur entre Colling et la Région qui s’est fendue d’un communiqué, rappelant qu’est elle l’un des principaux partenaires financiers de la manifestation. Orelsan va chanter. Ça risque de laisser le président sans voix.







