Harley Davidson of the bitch

Le brave François Bonneau s’est pris les pieds dans la moquette avec l’affaire du rappeur Orelsan. La politique a ceci de commun avec la musique qu’il n’est pas toujours facile de trouver le bon tempo. Rappelons les faits : début avril, le président du conseil régional annonce qu’il est prêt à « prendre ses responsabilités » si le Printemps de Bourges maintient la programmation du rappeur Orelsan. Aurélien Cotentin, dont le pseudonyme Orelsan est fortuitement l’anagramme du nom de la capitale régionale, a commis il y a deux ans une chanson aux paroles aussi stupides que violentes. Mais on n’emprisonne pas Orelsan. La déclaration présidentielle et sa menace de geler la subvention accordée depuis toujours par la Région Centre au Printemps de Bourges ont eu pour effet de raidir Daniel Colling, l’organisateur du festival. Qui a finalement décidé de maintenir le concert du rappeur, s’étonnant au passage qu’un président de collectivité s’érige en censeur. Pas faux. Doit-on vouer aux gémonies tous les chanteurs dont les textes attentent à l’image de la femme ? Et retirer de la vente « Annie aime les suçettes » et « Harley Davidson of the bitch », certes exemptes d’horions mais à la langue tout aussi crue ? Aux dernières nouvelles, l’affaire pourrait s’arranger en douceur entre Colling et la Région qui s’est fendue d’un communiqué, rappelant qu’est elle l’un des principaux partenaires financiers de la manifestation. Orelsan va chanter. Ça risque de laisser le président sans voix.
 

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Economic Circus

La très forte exposition médiatique de la crise chez Philips à Dreux, durant cette deuxième moitié d'hiver 2010, confirme que les périodes pré-électorales favorisent toutes les mises en scène et aiguisent les dispositions de certains courants politiques pour la manipulation de l’opinion.
Les postures des uns et des autres dans cette affaire, déclenchée par l’incroyable maladresse de la direction des ressources humaines du groupe néerlandais, démontrent aussi que les simulacres de la société du spectacle, décrits il y a quarante ans par les situationnistes – ces utopistes de l’ultra-gauche pré-soixante-huitarde – et le culte de l’image ont bel et bien investi toutes les strates de l’activité humaine, y compris le champ économique.
Il ne reste plus qu’à suggérer à la production de TF1 qu’elle organise un « reality show » autour, par exemple, de la séquestration pendant 48 h de cadres dirigeants. Succès d’audience garanti !
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de la Lettre Valloire
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