A la surprise générale, Gemalto ferme St-Cyr-en-Val

Le leader mondial de la carte à puce devrait fermer d’ici à la fin 2008 son site de St-Cyr-en-Val, près d’Orléans, qui emploie aujourd’hui environ 380 personnes. Cette annonce, qui a pris tout le monde de court, assombrit encore davantage les perspectives de la filière électronique régionale.

Nouvelle désillusion pour la filière électronique régionale ! Après la fermeture de l’usine drouaise de LG Philips (tubes cathodiques pour téléviseurs) et les menaces qui pèsent sur Flextronics (équipements de réseau GSM) à Châteaudun (28), c’est au tour de Gemalto, le leader mondial de la carte à puce, d’annoncer la fermeture, d’ici à la fin de 2008, de son site de St-Cyren- Val (45), qui emploie à cette date 380 personnes, dont 365 en CDI. L’unité, réputée performante et tournant à plein régime, produit plusieurs types de cartes à micro-processeurs, qui sont ensuite encodées par le site de personnalisation de Chambray-lès-Tours (37). Ce dernier, qui emploie une centaine de personnes, ne sera pas affecté par cette restructuration qui prévoit la suppression de 406 emplois en France, soit 12 % des effectifs que compte cette société d’origine française mais de droit néerlandais. La direction justifie cette fermeture “par la nécessité de réaliser des économies sur les coûts de production”. Gemalto doit en effet affronter la baisse des prix moyens des cartes SIM (de l’ordre de 20 %) commercialisées par les opérateurs de téléphonie mobile, qui constituent une part importante des volumes produits à St-Cyr-en-Val. Au premier trimestre 2007, Gemalto (1,7 Md€ de CA en 2006) a enregistré une baisse de la facturation de près de 11 %. Du côté des syndicats, l’appréciation est tout à fait différente : “Nous nous attendions à une réorganisation de la production, mais surtout pas à une fermeture aussi brutale d’une usine que ne justifie en rien la situation économique de l’entreprise” soutient un délégué syndical CFDT. La charge, et notamment celle relative à la fabrication de cartes SIM, devrait être progressivement transférée à l’usine de Pont-Audemer (27), l’encartage et la gravure étant regroupés près de Marseille (13), notamment à Gémenos, site historique de Gemplus. L’usine de St-Cyr-en-Val compte aussi une importante unité de R&D (environ une quarantaine de collaborateurs), dont les activités seront réparties entre Meudon (92), principal centre de R&D du groupe avec ses 900 collaborateurs, et la Ciotat (13), autre berceau historique de Gemplus. La direction, qui rappelle que ces mesures surviennent après la mise en oeuvre d’un premier programme de rationalisation de sites industriels en Chine, aux Etats-Unis, au Mexique, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et en Russie, “souhaite faciliter les mobilités internes vers les sites d’Europe de l’Ouest et les reclassements externes sur le bassin d’emploi local”. Elle serait également prête à “engager” des discussions pour la revitalisation du site de St-Cyr-en-Val avec les collectivités locales. Si, à chaud, le député-maire d’Orléans Serge Grouard jugeait “inacceptable d’avoir été mis devant le fait accompli”, les élus locaux savent qu’il sera difficile d’infléchir la position d’un groupe international, soumis à de multiples pressions tant de ses clients que de l’opinion publique. Le rendez-vous pris avec le ministre de l’Economie Jean-Louis Borloo permettra, a minima, de sensibiliser les pouvoirs publics sur la situation d’une agglomération orléanaise et d’un département du Loiret qui encaisse un nouveau coup dur. Pour le reste, les élus se préparent, sans illusions, à la reconversion d’une usine de plus de 5 000 m2, objet de récents investissements mais pénalisée par sa spécificité technologique. Parallèlement, il faudra négocier l’enveloppe que devra consacrer Gemalto au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Eric Doligé, président du Conseil général, a déjà prévenu “qu’il se battra pour en récupérer la majeure partie afin de l’affecter au redéploiement des salariés”.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir



Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
Retrouvez le contenu complet
de la Lettre Valloire
REGION CENTRE
BERRY
EURE-ET-LOIR
INDRE-ET-LOIRE
LOIR-ET-CHER
LOIRET