La dernière édition des tendances régionales publiées par la Banque de France ne laisse pas beaucoup de place au doute.
L’ultime mois de l’année 2008 a confirmé la rupture de l’activité industrielle intervenue dès la rentrée. A court terme, les perspectives restent négatives. Seuls quelques secteurs devraient amorcer un début de rebond. Essentiellement pour des raisons techniques.
Le constat n’étonnera pas personne : l’activité industrielle « a poursuivi son recul » en décembre 2008, nous indique la dernière livraison des tendances régionales publiées par la Banque de France, même si ce reflux qui a concerné tous les secteurs, a été « un peu moins rapide que le mois précédent ». Logiquement, le taux d’utilisation des capacités de production a poursuivi sa baisse pour se fixer sous les 70 % et demeure nettement au dessous « de sa moyenne de longue période » qui s’établit à environ 83 %.
Plombant encore davantage un climat décidément anxiogène, les rédacteurs de cette étude nous indiquent que les « carnets de commandes ressortent à un niveau nettement inférieur à la normale dans l’ensemble des secteurs, y compris dans celui des biens d’équipement où ils font l’objet d’une appréciation négative pour la première fois depuis septembre 2003 ». Dans l’industrie du bois et du papier ou dans la métallurgie et la transformation des métaux, le niveau insuffisant « des ordres en carnet ne permettra pas d’enrayer la baisse de l’activité dans les prochaines semaines ».
Pour certaines branches – c’est notamment le cas des composants électriques et électroniques –, la Banque de France anticipe « un recul de la production accompagné de réductions d’effectifs (…) à brève échéance ». Seules quelques branches spécifiques, comme la pharmacie et la parfumerie, les boissons ou les éléments métalliques de construction « disposent encore d’un portefeuille d’ordres bien garni ».
L’industrie automobile régionale poursuit sa descente aux enfers : la baisse des volumes s’est maintenue à un rythme comparable à celui du mois précédent et « le recul observé à un an d’écart s’est amplifié ». La demande s’inscrit nettement en retrait par rapport à ses niveaux de décembre 2007 « et l’appréciation déjà largement négative portée sur les carnets de commandes s’est encore creusée, atteignant son niveau le plus faible depuis la création de cet indicateur ». Mince consolation, depuis deux mois, « et même s’ils apparaissent encore excédentaires au regard des perspectives, les stocks se sont rapprochés de leur niveau d’équilibre ». Pour autant, les prévisions de la filière automobile pour les mois à venir sont des plus sombres. Au programme, selon l’établissement financier, on attend rien moins que « baisse de la production, maintien du recours au chômage partiel et compressions d’effectifs ».
Pour autant, certains indices permettent d’espérer, au moins pour quelques activités. Ainsi, si les industries alimentaires sont globalement orientées à la baisse, sauf pour la branche des boissons soutenue par l’exportation, « un rebond est espéré dans les mois à venir, notamment en vue de reconstituer les stocks ». Idem pour la pharmacie, la parfumerie et les produits d’entretien qui bénéficieront de carnets de commandes consistants permettant « d’envisager un redressement de la production ». L’édition et l’imprimerie, arrivées à un point bas, très bas, devraient connaître « un rebond technique à brève échéance » en dépit de la faiblesse des carnets de commandes.









