L’aéroport de Châteauroux garde le cap malgré la crise

Reprise par la Région en 2007, la plate-forme aéroportuaire de Châteauroux devrait voir progresser son activité fret en 2009 en dépit de la crise. Une SEM en cours de création va reprendre la commercialisation d’une emprise de 40 ha qui accueillera en priorité des industriels de la maintenance aéronautique.

L’aéroport Marcel-Dassault de Châteauroux-Déols, repris il y a deux ans par la Région Centre, poursuit son bonhomme de chemin en dépit de la crise qui affecte l’ensemble du secteur des transports. Selon Mark Bottemine, le directeur général de cette infrastructure – rebaptisée Châteauroux-Centre –, la baisse générale du marché du fret cargo « qui est de l’ordre de 20 à 30 %, n’a pas touché l’activité de la plate-forme castelroussine. Nous serons même en progression en 2009 » poursuit-il en attribuant cette performance au positionnement commercial du site. Marcel-Dassault a, en effet, gagné ses galons en se plaçant sur des activités de niche. « Nous sommes d’une part dans des logiques de charter et d’autre part particulièrement bien équipés pour accueillir du fret volumineux ou difficilement manipulable » assure Mark Bottemine qui confirme que la localisation géographique de l’aéroport lui ouvre les comptoirs de l’Europe du sud et de l’Afrique.
En revanche, l’activité générée par les entraînements et les qualifications d’équipages – qui représente 15 % du CA  2008, de 3,6 M€ hors carburant), « est en baisse sensible, de l’ordre de 12 à 13 %. Au total, nous allons sans doute peiner pour réaliser nos objectifs 2009 (4 M€ de CA prévus) mais c’est un moindre mal compte tenu des difficultés du secteur ».
Dans ce contexte, la Région Centre, qui a déjà investi près de 2 M€ dans des aménagements certes peu visibles (balisage, clôture, parkings), mais « indispensables », entend pousser les feux sur le développement de l’activité de maintenance aéronautique. « Nous voulons attirer des industriels positionnés sur l’aval de la vie de l’avion qui génère un nombre d’heures de travail supérieur à celui requis par sa construction » explique le directeur de Châteauroux-Centre. De nombreux éléments militent en faveur de cette priorité. Primo, le site dispose d’une réserve foncière de 40 ha, susceptible d’offrir des capacités immédiates à des opérateurs « dont l’activité requiert une proximité immédiate des pistes ». Secundo, la région Centre, si elle ne dispose pas sur ce plan de la même aura que son homologue midi-pyrénéenne, bénéficie d’une filière aéronautique plutôt étoffée (près de 16 000 emplois répartis dans 200 entreprises sous-traitantes selon la DRIRE).
Reste que le butin est encore maigre. A ce jour, la seule installation significative sur l’aéroport de Châteauroux est à mettre à l’actif de l’entreprise de maintenance Europe Aviation. Employant aujourd’hui 70 salariés, cette dernière va engager la construction d’un hall de 10 000 m2 pour la première tranche, qui sera en mesure d’accueillir quatre moyens porteurs (A 320, Boeing 737) ou deux gros porteurs. « Ces nouvelles capacités correspondant à un investissement d’environ 25 M€ vont venir compléter les trois positions déjà exploitées par Europe Aviation » explique Mark Bottemine. Le programme, à priori générateur de 150 emplois, sera fortement soutenu par les différentes collectivités : la Région a d’ores et déjà annoncé qu’elle apportera 3 M€.
Cette première enveloppe pourrait même grossir de 3 M€ supplémentaires, toutes aides confondues, suite à la contribution d’autres collectivités. Châteauroux-Centre accueille également ATE, une entreprise de peinture d’aéronefs (environ 40 salariés) et Bartin Aéro Recyling, une filiale de Veolia Propreté spécialisée dans le démantèlement de pièces d’avion en fin de vie destinées au marché de la seconde monte. Cette plate-forme de démantèlement n’a pas encore vraiment décollé avec seulement 4 à 5 aéronefs traités par an. « La faute en revient au retard pris par les grands avionneurs dans la fourniture de nouvelles générations d’avions, qui a poussé les compagnies aériennes à retarder la réforme de leur flotte » analyse Mark Bottemine.
Afin de structurer davantage l’activité de prospection, une SEM – qui participera d’ailleurs au financement du programme Europe Aviation via un emprunt – devrait être prochainement portée sur les fonts baptismaux. Regroupant toutes les collectivités – y compris le conseil général du Cher –, les consulaires et la Caisse des Dépôts et Consignations, elle va s’attacher à commercialiser ce foncier aéroportuaire « qui n’a pas beaucoup d’équivalent en Europe».

 

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Redécollage

Ce début d’été est tellement morose qu’on se réjouit du moindre signe annonciateur de reprise des affaires. Dans ce domaine, le salon aéronautique de Farnborough pourrait bien dessiner les contours de l’arc-en-ciel tant attendu. Airbus, comme Boeing, annoncent d’ores et déjà des commandes importantes, signe patent, selon le directeur commercial du consortium européen,  « que l’économie mondiale se redresse».
La région Centre, riche en sous-traitants de l’industrie aéronautique, devrait profiter de ce redécollage de la filière. Certes, les commandes attendues proviennent surtout d’Asie et d’Amérique latine, mais il serait indécent de faire la fine bouche. Pour ce qui concerne le marché européen, il est encore un peu tôt pour se frotter les mains. D’autant que si les commandes de l’aviation civile, encore convalescente, ne sont plus celles des années fastes, les commandes militaires sont en chute libre pour cause de restriction budgétaire.                                             

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