A Boigny-sur-Bionne (45), Alstef Automation s’attend à un exercice 2010 en net recul. Pour autant, son pdg Pierre Marol n’envisage pas de réduire son effectif de 190 salariés.
Il entend, au contraire, faire de cette phase délicate un intense moment de mobilisation. Nous décrivons ce parti-pris stratégique dans la prochaine édition de notre magazine trimestriel.
16-12-09 - Alors que les destructions d’emplois prennent sur l’ensem-ble du territoire une ampleur dramatique, certains dirigeants mettent un point d’honneur à traverser la mauvaise conjoncture sans sacrifier leurs salariés. C’est notamment le cas de la société Alstef à Boigny-sur-Bionne (45), une entreprise de 190 personnes spécialisée dans la conception de solutions de gestion automatisée de plates-formes de stockage et d’applications de tri de convoyage de bagages destinées aux aéroports.
Pierre Marol, son pdg, ne se berce pas d’illusions. « L’exercice 2010 va être très délicat » prévient-il. Ainsi, si l’activité logistique a bien résisté, les programmes d’investissement engagés par les exploitants d’aéroport ont fondu comme neige au soleil. Résultat, « nous n’avons pas entré de gros contrat pour 2010 sur des marchés qui représentent tout de même les deux tiers de la facturation ». En conséquence, le CA 2010 devrait être compris entre 30 et 35 M€ contre près de 45 M€ sur 2009.
Certains managers commenceraient déjà à envisager de réduire les effectifs. Pierre Marol a choisi une approche toute différente. « Nous allons, bien sûr, essayer de réduire les coûts mais il n’est pas question, pour l’instant, de toucher à la masse salariale. Nos salariés ne sont pas une variable d’ajustement. » Bien entendu, la proximité affective entre ce patron de PMI et ses salariés – dont une petite centaine est au tour de table, à hauteur de 25 % – explique ce parti-pris, mais elle n’épuise pas le sujet. « Il me paraît tout à fait contre-productif de se séparer de précieux savoir-faire et des multiples qualifications si difficiles à obtenir et à préserver. Ces moments difficiles constituent, au contraire, de formidables opportunités de mobilisation. »
Mobilisation générale ! Tel sera donc le leitmotiv de la direction d’Alstef Automation pour 2010. Pierre Marol a décidé d’aller chercher du business « là où il se trouve. Autant notre activité logistique est plutôt centrée sur la France en dépit de quelques exceptions (Belgique, Egypte), autant l’activité aéroportuaire est totalement tournée vers l’international» explique le président d’Alstef qui précise sa stratégie. Cap sur les pays émergents : Alstef Automation, qui exploite déjà deux filiales au Canada et en Turquie, devrait prochainement compter trois autres pied-à-terre au Brésil, au Maroc et en Chine, sans doute en cheville avec des opérateurs locaux. « Il s’agit avant tout de redoubler d’efforts commerciaux afin de pouvoir donner en pâture à notre bureau d’études, qui emploie près de 60 collaborateurs, de beaux projets, et ceci le plus tôt possible, idéalement en début d’année. »
Ces dispositions permettront-elles à Alstef de traverser le gué sans plus d’encombres ? « Rien n’est jamais garanti, mais je suis convaincu que les fondamentaux d’Alstef sont bons. Tout est en place pour bénéficier de la reprise qui ne va pas manquer de se produire » avance son président. « L’une des caractéristiques de notre activité est qu’elle ne consomme pas beaucoup de fonds propres » souligne Pierre Marol. « En revanche, nous devons faire preuve d’une grande vigilance à l’égard du poste créances clients.» Ces derniers auraient en effet, la crise aidant, plutôt tendance à retarder davantage le règlement de leurs factures.
Reste qu’un renforcement du haut de bilan de l’entreprise viendrait sans doute opportunément consolider l’édifice. « Il est, en effet, fort probable que nous ouvrions notre capital, sans doute d’ici à deux ans » prévient Pierre Marol.








