Le Val de Loire, grâce à sa position dominante dans le domaine des services, affiche les meilleures intentions d’embauche en 2010. Celles-ci progressent globalement de 16,8 %, une croissance qui annonce – peut-être ! – un prochain retournement du marché du travail.
28-04-10 - Bis repetita ! L’axe ligérien devrait être en 2010 le principal pourvoyeur d’emplois en région Centre. Selon les résultats de l’étude des besoins en main-d’œuvre (BMO) réalisée par Pôle Emploi auprès de 64 265 établissements (16 041 questionnaires exploités, soit 25 % de l’échantillon), ce sont en effet les territoires du Val de Loire, du Chinonais à l’Orléanais, qui enregistrent les besoins les plus significatifs. Ainsi le Chinonais, avec une part de 22,5 % des entreprises déclarant des intentions d’embauche, mais aussi la région de Tours (22,7%), le Blésois (22,6 %) et l’Orléanais (21,5%) affichent « une proportion d’établissements potentiellement recruteurs supérieure à la moyenne régionale». Celle-ci s’élève à 19,6 % et représente 56 000 intentions d’embauche. En revanche, l’Est Orléanais et surtout le Berry affichent des perspectives décevantes (18,3% à Châteauroux, 13,1 % à Issoudun, 14,8 % à Pithiviers, 15,1 % à Montargis). En Eure-et-Loir, la région de Chartres tire son épingle du jeu avec une part d’entreprises déclarant des intentions d’embauche de 21,5 %.
Selon les rapporteurs du millésime 2010 de l’étude BMO, ce résultat s’explique essentiellement « par l’importance qu’a pris le secteur tertiaire sur ces territoires », celui-ci se révélant comme le plus enclin à procéder à des embauches avec l’agriculture et les industries agroalimentaires (IAA). En effet, globalement et à l’échelle régionale, 56 % des 56 000 projets de recrutement déclarés « sont issus des entreprises de services, secteur suivi de très loin par l’agriculture et les IAA qui regroupent à deux à peine 20 % des projets en 2010 ». Ainsi, les domaines de la santé et de l’action sociale, les services scientifiques, techniques ou soutiens totalisent près de 25 % des projets de recrutement enregistrés en région Centre.
Autre enseignement majeur tiré de l’étude BMO 2010, les PME, voire les TPE, apparaissent encore une fois comme très dynamiques sur le front de l’emploi. Plus de 50 % des projets de recrutement sont en effet « issus d’entreprises de moins de 10 salariés » et près de… 40 % d’établissements de moins de 5 salariés. Proportionnellement, les grandes entreprises apparaissent toujours comme les plus enclines à embaucher (53 % des entreprises de plus de 200 salariés), mais le poids numérique des PME dans le tissu local leur permet de conserver la première place dans ce domaine.
Bonne nouvelle, si l’on réduit le périmètre d’études au secteur privé et commercial, on constate sur 2010 un accroissement de 16,8 % du nombre de projets de recrutement. Tout en saluant ce bon indicateur, les consultants de Pôle Emploi se gardent de verser dans le triomphalisme. Si le résultat « semble confirmer l’avis de conjoncturistes selon lequel la reprise enregistrée depuis maintenant trois trimestres » pourrait se traduire fin 2010 « par un retournement de l’évolution de l’emploi », ces résultats doivent être analysés avec « prudence ». La reprise reste « fragile » et il ne faut pas perdre de vue « que le 4e trimestre enregistre une nouvelle hausse du taux de chômage qui s’établit à 8,8 % en région Centre et une nouvelle perte de – 0,4 % des effectifs salariés».
Cette fragilité de la conjoncture s’accompagne de difficultés récurrentes rencontrées par les recruteurs dans leur politique d’embauche. Ainsi, près de 40% des intentions d’embauche sont estimées « difficiles ». Ce degré de difficulté liée à des métiers sous tension varie beaucoup selon les secteurs : il est ainsi de 57,2 % dans la construction et de seulement 30,7 % dans le commerce (42,8 % dans les services, 38,4% dans l’industrie, 33,2 % dans l’agriculture et les IAA). On remarque, certes, une chute importante du degré de difficulté liée sans doute à la détérioration du marché de l’emploi, toutefois certains bassins restent encore particulièrement exposés. C’est notamment le cas de Nogent-le-Rotrou (28) et de Montargis (45) qui enregistrent près de 60 % de projets de recrutement difficiles.








