Au moment précis où les industriels du médicament de l’ouest parisien jetaient les bases d’un nouveau cluster dédié à la santé, Bristol-Myers Squibb annonçait la vente – ou, à défaut, la fermeture – de son usine d’Epernon (28).
Un événement qui renforce encore la nécessité de soutenir la production pharmaceutique régionale à un moment de profonde mutation du secteur.
Un drôle de drame s’est joué dans le nord de l’Eure-et-Loir le jeudi 25 septembre 2008. Tandis que le monde de la pharmacie industrielle, réuni à Dreux pour la 6e édition de la convention d’affaires Process Pharma, jetait les bases d’un grand cluster interrégional dédié à l’industrie de la santé, le sort de l’un des principaux sites de production de médicaments de la région se jouait à Epernon, distant d’une vingtaine de kilomètres. Le laboratoire Bristol-Myers Squibb (BMS) avait, en effet, choisi ce jour pour annoncer aux représentants du personnel son projet de vendre – ou, à défaut, de fermer – l’unité sparnonienne. La date butoir de fin 2009 a été retenue par le board new-yorkais de BMS.
La big pharma, qui souhaite passer d’un modèle économique fondé sur le médicament chimique à celui d’une société tournée vers les biotechnologies comme Amgen, veut réduire son effectif mondial de 4 300 personnes.
En France, cette cure d’amaigrissement – downsizing en langage de Wall Street – s’est déjà traduite par la suppression de 96 postes de visiteurs médicaux l’an passé suivie de celle, en début d’année, de 60 postes à son siège de Rueil-Malmaison (92). La France, devenue une place forte du groupe depuis le rachat en 1994 d’UPSA et de ses installations lot-etgaronnaises d’Agen, paie donc un lourd tribut au retournement stratégique de l’américain avec les arrêts programmés des usines eurélienne d’Epernon (223 salariés à ce jour) et corrézienne de Meymac (162 salariés).
L’usine d’Epernon, construite en 1961 par le laboratoire new-yorkais Squibb avant la fusion en 1989 avec son voisin Bristol-Myers, exporte un peu moins de la moitié de sa production de médicaments cardiovasculaires (Pravadual, Elisor, Lopril et Sotalex), anticancéreux (Sprycel et Mégace), antifongiques (Fungizone et Mycostatine) et antiviraux (Reyataz, Baraclude). Ce site de 12 000 m2 pourrait intéresser un façonnier en contrepartie de l’habituel contrat dégressif de sous-traitance, dont la durée est généralement de cinq ans. L’élu aura peut-être moins de salariés à reprendre que l’effectif actuel de 223 personnes : des départs à la retraite vont réduire naturellement l’effectif d’ici à décembre 2009 et il semblerait – selon les informations que nous avons pu recueillir – que certains salariés soient disposés à accepter une mutation sur l’un des trois sites agenais de BMS-UPSA (Gascogne, Guyenne et la plate-forme logistique de Fontenay, soit 1 400 emplois au total). Ceux-ci devraient, en effet, ouvrir 200 postes pour remplacer les départs naturels et répondre à un accroissement des volumes.
Enfin, on peut espérer que les qualifications des opérateurs de BMS sauront séduire les nombreuses entreprises pharmaceutiques des environs, comme le voisin Expanscience, dont le site d’Epernon est en plein développement, ou Ethypharm, qui va doubler son unité de Châteauneuf-en-Thymerais. La fin de l’histoire BMS à Epernon coïncide avec l’éclosion du projet de cluster interrégional Pharma Valley qui marque, peut-être, une nouvelle étape de la saga régionale des industries de la santé. Jean-Pierre Dubuc, patron de l’usine Ipsen de Dreux et président de Polepharma, insistait d’ailleurs lors de la présentation de ce cluster en gestation sur “la nécessité, pour la filière, de défendre l’attractivité des sites où elle est implantée”.
Les initiateurs de Pharma Valley, la filière Polepharma, le Grepic (groupement régional d’industriels comprenant d’ailleurs plusieurs membres de Polepharma) et la technopole haut-normande CBS, fédèrent à eux trois la moitié de la production pharmaceutique française et plusieurs milliers de chercheurs répartis entre les universités de Rouen, Tours, Orléans et le pôle de R&D du Val de Reuil (27). Cinq axes de développement, tous vecteurs importants de progrès thérapeutique, ont été définis : les nouvelles techniques d’administration du médicament (galénique), la production de petites molécules chimiques et celle de médicaments biologiques, la production de kits diagnostics pour personnaliser les traitements et, enfin, l’imagerie cellulaire destinée à la recherche préclinique (essais de toxicologie sur les animaux) et clinique (essais des candidats médicaments sur l’homme).
Un programme très ambitieux, qu’il faudra peut-être limiter à un ou deux domaines, et pour les besoins duquel il sera probablement nécessaire de s’allier à d’autres pour créer une filière industrielle et, partant, les emplois de demain : on pense au pôle de compétitivité Medicen, qui regroupe une pléiade d’acteurs franciliens des industries de la santé, notamment des biotechs. Quitte à prôner l’union, autant qu’elle soit la plus large possible…
Un drôle de drame s’est joué dans le nord de l’Eure-et-Loir le jeudi 25 septembre 2008. Tandis que le monde de la pharmacie industrielle, réuni à Dreux pour la 6e édition de la convention d’affaires Process Pharma, jetait les bases d’un grand cluster interrégional dédié à l’industrie de la santé, le sort de l’un des principaux sites de production de médicaments de la région se jouait à Epernon, distant d’une vingtaine de kilomètres. Le laboratoire Bristol-Myers Squibb (BMS) avait, en effet, choisi ce jour pour annoncer aux représentants du personnel son projet de vendre – ou, à défaut, de fermer – l’unité sparnonienne. La date butoir de fin 2009 a été retenue par le board new-yorkais de BMS.
La big pharma, qui souhaite passer d’un modèle économique fondé sur le médicament chimique à celui d’une société tournée vers les biotechnologies comme Amgen, veut réduire son effectif mondial de 4 300 personnes.
En France, cette cure d’amaigrissement – downsizing en langage de Wall Street – s’est déjà traduite par la suppression de 96 postes de visiteurs médicaux l’an passé suivie de celle, en début d’année, de 60 postes à son siège de Rueil-Malmaison (92). La France, devenue une place forte du groupe depuis le rachat en 1994 d’UPSA et de ses installations lot-etgaronnaises d’Agen, paie donc un lourd tribut au retournement stratégique de l’américain avec les arrêts programmés des usines eurélienne d’Epernon (223 salariés à ce jour) et corrézienne de Meymac (162 salariés).
L’usine d’Epernon, construite en 1961 par le laboratoire new-yorkais Squibb avant la fusion en 1989 avec son voisin Bristol-Myers, exporte un peu moins de la moitié de sa production de médicaments cardiovasculaires (Pravadual, Elisor, Lopril et Sotalex), anticancéreux (Sprycel et Mégace), antifongiques (Fungizone et Mycostatine) et antiviraux (Reyataz, Baraclude). Ce site de 12 000 m2 pourrait intéresser un façonnier en contrepartie de l’habituel contrat dégressif de sous-traitance, dont la durée est généralement de cinq ans. L’élu aura peut-être moins de salariés à reprendre que l’effectif actuel de 223 personnes : des départs à la retraite vont réduire naturellement l’effectif d’ici à décembre 2009 et il semblerait – selon les informations que nous avons pu recueillir – que certains salariés soient disposés à accepter une mutation sur l’un des trois sites agenais de BMS-UPSA (Gascogne, Guyenne et la plate-forme logistique de Fontenay, soit 1 400 emplois au total). Ceux-ci devraient, en effet, ouvrir 200 postes pour remplacer les départs naturels et répondre à un accroissement des volumes.
Enfin, on peut espérer que les qualifications des opérateurs de BMS sauront séduire les nombreuses entreprises pharmaceutiques des environs, comme le voisin Expanscience, dont le site d’Epernon est en plein développement, ou Ethypharm, qui va doubler son unité de Châteauneuf-en-Thymerais. La fin de l’histoire BMS à Epernon coïncide avec l’éclosion du projet de cluster interrégional Pharma Valley qui marque, peut-être, une nouvelle étape de la saga régionale des industries de la santé. Jean-Pierre Dubuc, patron de l’usine Ipsen de Dreux et président de Polepharma, insistait d’ailleurs lors de la présentation de ce cluster en gestation sur “la nécessité, pour la filière, de défendre l’attractivité des sites où elle est implantée”.
Les initiateurs de Pharma Valley, la filière Polepharma, le Grepic (groupement régional d’industriels comprenant d’ailleurs plusieurs membres de Polepharma) et la technopole haut-normande CBS, fédèrent à eux trois la moitié de la production pharmaceutique française et plusieurs milliers de chercheurs répartis entre les universités de Rouen, Tours, Orléans et le pôle de R&D du Val de Reuil (27). Cinq axes de développement, tous vecteurs importants de progrès thérapeutique, ont été définis : les nouvelles techniques d’administration du médicament (galénique), la production de petites molécules chimiques et celle de médicaments biologiques, la production de kits diagnostics pour personnaliser les traitements et, enfin, l’imagerie cellulaire destinée à la recherche préclinique (essais de toxicologie sur les animaux) et clinique (essais des candidats médicaments sur l’homme).
Un programme très ambitieux, qu’il faudra peut-être limiter à un ou deux domaines, et pour les besoins duquel il sera probablement nécessaire de s’allier à d’autres pour créer une filière industrielle et, partant, les emplois de demain : on pense au pôle de compétitivité Medicen, qui regroupe une pléiade d’acteurs franciliens des industries de la santé, notamment des biotechs. Quitte à prôner l’union, autant qu’elle soit la plus large possible…











