Fin de parcours pour BMS et Philips, l’Eure-et-Loir ne baisse pas les bras

Les annonces concomitantes de fermeture des usines BMS d’Epernon et Philips EGP de Dreux ne désespèrent pas l’Eure-et-Loir. Les implantations et les développements d’entreprises, particulièrement dans le domaine pharmaceutique, compensent pour une bonne part ces sinistres industriels.

30-09-09 - Un an presque jour pour jour après avoir annoncé le projet de vente ou, à défaut, d’arrêt des activités du site d’Epernon, le géant new-yorkais de l’industrie pharmaceutique Bristol-Myers Squibb (BMS) a officiellement confirmé la fermeture, le 31 décembre 2009, de son usine eurélienne. La veille, les syndicats de Philips EGP anticipaient l’annonce par leur direction, programmée pour le 8 octobre, de l’arrêt de la production de téléviseurs à écrans plats à Dreux et de la fin des opérations industrielles de la firme d’Eindhoven dans la ville. Il y a vingt ans, Philips employait environ 1 200 personnes dans chacune de ses deux usines de Dreux : l’une dédiée à la fabrication de tubes cathodiques (ex-usine de la Radiotechnique), l’autre à l’as-semblage de téléviseurs.
Si la disparition en fin d’année de l’usine sparnonienne de BMS était acquise, celle de l’usine drouaise de Philips EGP, considérée dès l’an passé comme iné-luctable, était plutôt attendue pour la fin de 2010. Il y a quelques années, le groupe néerlandais avait bien essayé de reconvertir le site vers la production d’écrans LCD (37 et 42 pouces), mais cette mutation industrielle s’était soldée il y a dix-huit mois par la suppression d’environ 280 postes, une première « charrette » de 2005 ayant déjà entraîné la suppression de 380 emplois. La fermeture définitive va se traduire par le licenciement des 218 salariés restants.
Les observateurs, les élus et les salariés étaient persuadés depuis plusieurs mois que l’usine ne pourrait pas maintenir une activité  fondée exclusivement sur la seule fabrication de deux formats de téléviseurs. En 2008, lors de l’annonce du second plan social, les syndicats avaient d’ailleurs affiché leur scepticisme: « La direction entend, à moyen terme, concentrer toute la charge sur le site de Bruges (Belgique) et les deux d’Europe centrale » pronostiquaient-ils à l’époque…
Les élus, le député-maire UMP Gérard Hamel en tête, vont désormais s’attacher à réindustrialiser le site qui accueille déjà les sociétés Cordon Electronics (maintenance et SAV de produits électroniques) ainsi que le centre de relation client Phone Marketing. La première emploie déjà plus de 150 collaborateurs permanents – et même le double lors des pointes saisonnières – et la seconde a prévu d’employer à terme 450 télé-conseillers. Et l’on parle d’une troisième entreprise.
Les responsables du développement économique s’emploient également à réindustrialiser avec un certain succès la friche léguée par LG Philips Display (15 ha), l’ex-seconde usine du groupe d’électronique grand public. Sur ce site, un projet d’aménagement de 3 500 m2 de salles blanches, attendu pour début 2011, devrait permettre d’attirer des entreprises à fort contenu technologique (santé, agroalimentaire, industrie de pointe).
Plus globalement, le Codel souligne que, si le département a connu des sinistres industriels ces dernières années, il peut aussi mettre à son actif de beaux succès. Lors des rencontres Polepharma, qui se sont tenues les 23 et 24 septembre dernier au Parc des expositions de Dreux, les responsables du développement économique eurélien soulignaient qu’ils avaient accompagné une trentaine de dossiers sur chacun des deux derniers exercices, concourant à environ 330 M€ d’investissement (dont 270M€ en 2008) et à la création de près de 2 000 emplois, dont tout de même 900 prévus sur l’année 2009.
Pour la seule pharmacie industrielle, un des fleurons du département, 60 M€ ont été investis ou programmés depuis septembre 2008 avec des projets et des réalisations chez Novo-Nordisk, Ipsen, Famar, Ethypharm et Nypro. « Le renforcement de ces unités compense en grande partie l’arrêt de BMS à Epernon » remarquait l’un de nos interlocuteurs.

 

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Difficile de se montrer optimiste à quelques semaines d’une rentrée qui s’annonce difficile. Comme le suggère notre Une, la croissance française est définitivement en panne, et tranche ainsi avec l’humeur de la plupart des grands pays industriels qui, eux, ont retrouvé de l’allant. Comment pourrait-il en être autrement ? Le durcissement de l’environnement fiscal, l’impact catastrophique de la loi Alur sur l’immobilier et la construction, l’illisible pacte de responsabilité honni par une partie de la majorité, corsètent l’économie française. Pour retrouver une trajectoire de croissance, il n’y a pas d’autre choix que de tourner le dos aux dogmes rancis de l’exception française, synonyme d’appauvrissement généralisé. Et de s’engager franchement dans une politique fondée sur la libéralisation de l’offre. Fortibus est fortuna viris data.
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