La capitale berruyère compte sur l’effet d’entraînement de pôles technologiques de réputation nationale pour remettre l’industrie locale dans le sens de l’histoire.
Afin de faire pièce à la décrue des effectifs employés par l’industrie de défense, Bourges mise sur le développement d’une poignée de pôles technologiques et l’effet d’entraînement qu’ils suscitent. “Cette politique a été engagée dès le début des années 90. Elle a connu une première officialisation lors du CIAT 1998” remarque Patrick Sénée, directeur du développement économique de la communauté d’agglomération. Dirigé par Gérald Hayotte, un ancien responsable syndical du Giat-Industries, le pôle berruyer risques industriels a ainsi connu une forme de consécration via la création d’un Centre national des risques industriels (CNRI) en février 2002. Cette structure, qui “s’appuie sur la forte culture de prévention partagée par tous les acteurs de filière locale d’armement”, fédère l’Ecole d’ingénieurs de Bourges (ENSI), l’Ecole de pyrotechnie, accueillie dans l’enceinte du quartier Lahitolle, ainsi que deux laboratoires universitaires dépendant de l’université d’Orléans : le LEES (énergie, explosions, structures) et le laboratoire de vision robotique (LVR). A ce premier cercle, s’ajoutent une antenne de l’Ineris, la référence nationale en matière de risque industriel, et le Cederit, qui regroupe une quin-zaine d’ingénieurs du Giat férus de calcul probabiliste. Sans oublier les équipes de l’ETBS. “Nous ne limitons pas nos efforts à la recherche et à la formation d’ingénieur, décrit Gérald Hayotte, le pôle propose aussi toute une palette de prestations (audit, études de danger, dépollution de sols, tierce expertise) aux PME/PMI”.
Pour l’heure, cette activité de transfert reste embryonnaire, toutefois “les bases sont jetées” se félicite-t-il. Gérald Hayotte, qui gère un budget d’investissement d’environ 2 M€ sur trois ans, s’est fixé comme objectif de parvenir à l’équilibre entre fonds publics et privés d’ici à la fin 2006. Il réfléchit également à la création d’une fondation nationale du risque industriel qui regrouperait une dizaine de partenaires (entreprises industrielles, chercheurs). Une trentaine d’emplois au pôle capteurs et mesures Un second pôle s’est développé autour d’une activité capteurs et mesures, une compétence forte d’Auxitrol, implantée à Bourges, qui fabrique des jauges et des instruments de mesure pour l’industrie pétrolière et l’aéronautique. Ce pôle agrège d’autres grandes entreprises (MBDA), de plus modestes (Urbaflux), quelques sous-traitants (Mécabase et SMCI) et des ressources universitaires (ENSI, LVR, LESS). Il bénéficie “d’un lieu d’expertise technique ouvert aux entreprises (celles-ci financent entre 30 % et 40 % du coût des équipements), ces dernières pouvant développer des projets précis” précise Yves Parmantier, coordinateur du pôle capteurs. Ce site a été appelé Centre Henri-Giroudot, du nom du jeune délégué interministériel aux restructurations de l’industrie de défense, disparu tragiquement il y a quelques années. “Sur la période 2000/2004, nous totalisons près de 25 projets, 14 thèses, 60 entreprises participantes – de Bourges et d’ailleurs – et près d’une trentaine d’emplois créés” affirme Yves Parmantier, pour des projets qui varient dans une fourchette de 5 000 à 900 000 €. Le troisième pilier technologique du développement économique local rassemble des compétences de pointe dans le domaine de la propulsion du futur. Ce pôle, qui a obtenu le label Centre national de recherche technologique (CNRT), se déploie à Bourges et à Orléans. “Ces compétences, fédérées sous l’appellation Gestion des systèmes énergétiques, vont être valorisées dans le cadre de l’appel d’offres Pôle de compétitivité lancé par le gouvernement, auquel nous allons répondre aux côtés de la Région” poursuit Patrick Senée. Enfin, Bourges s’appuie sur un pôle mécanique et matériaux composé notamment du Cetim/Certec, installé sur Lahitolle, qui propose des prestations de conseil, de formation et de services aux PMI soustraitantes dans des domaines variés (matériaux métalliques et plastiques, prototypage, soudage et métrologie). “Certes, il est difficile d’évaluer avec précision l’apport de ces pôles sur le tissu industriel et sur l’emploi, reconnaît Patrick Sénée, mais certaines implantations récentes d’entreprises ont été directement liées à l’existence de ces ressources”. C’est le cas du fabricant de moteurs d’avions SMA, séduit par les pôles propulsions et matériaux, ainsi que du laboratoire Delpuech (analyse de l’air, de l’eau et des surfaces), qui n’a pas caché son très vif intérêt pour les ressources berruyères du pôle risques industriels.











