Châteaudun veut panser ses plaies

Accablée par la fermeture de l’usine Flextronics, Châteaudun ne se résigne pas à la désindustrialisation et engage la reconquête de ses friches industrielles. 
 Elle va acquérir les 8 000 m2 de l’ex-usine Mafca qu’elle proposera à la location après requalification.

“Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la qualité de notre rebond”. Pour Alain Venot, maire UMP de Châteaudun (28), “l’heure n’est plus au regret, mais à l’action”. La ville (15 000 habitants, 19 000 pour la communauté de communes du Dunois), traumatisée par la fermeture annoncée de Flextronics (368 CDI, 150 intérimaires, 280 emplois dans la sous-traitance), “a les moyens de surmonter cette crise” affirme l’élu. Le vieil adage dit qu’à toute chose, malheur est bon : “Nous allons hériter de locaux industriels de qualité” explique Pierre-Henri Legrand, le responsable du développement économique de la ville. Le site Flextronics, de très bonne facture, compte environ 14 000 m2 auxquels il faut ajouter la plate-forme logistique de 10 000m2 exploitée par Telis (environ 50 salariés) qui doit aussi cesser son activité. “Il est encore trop tôt pour lancer une véritable prospection mais il est évident que nous placerons ces locaux au coeur de notre offre immobilière” poursuit Pierre-Henri Legrand. “Rien n’est arrêté, mais j’espère que Flextronics saura nous céder le site aux meilleures conditions” prévient Alain Venot qui souhaite mettre la direction devant ses responsabilités. La reconquête a déjà débuté puisqu’un bâtiment exploité par le sous-traitant Eurecam, spécialisé dans le câblage (environ 50 collaborateurs), a été repris en août dernier par Etivol, un fabricant dunois d’étiquettes antivol et anticontrefaçon. Cette dernière a installé une dizaine de personnes dans le bâtiment et une nouvelle ligne de fabrication doit multiplier par trois les volumes produits. Le site de 3 000 m2 de l’ex-société SMEB constitue l’un des fers de lance du redémarrage souhaité par la collectivité. Après avoir été gelée pendant plusieurs mois, la commercialisation de cet ensemble a été de nouveau engagée. Selon nos informations, un “groupement d’entreprises” étudierait une implantation avec, à la clef, une dizaine d’emplois. Mais les collectivités d’un département voisin, “qui n’est pas situé en région Centre” précise Pierre-Henri Legrand, les ont aussi sollicités. A suivre… Afin de compléter son offre immobilière, la Ville a décidé d’engager le processus de rachat de la friche industrielle de Mafca, une entreprise filiale du groupe Edscha, spécialisée dans la fabrication de bâches pour le transport routier et le ferroviaire. Le projet vise à aménager sur ce site de 8 000 m2 construits des modules de 500 à 1 000 m2 qui “pourraient être proposés à des entreprises industrielles, artisanales, voire à des activités tertiaires”. La commercialisation se fera sur le moyen, voire le long terme, d’autant “qu’il est peut-être souhaitable que nous conservions de la réserve disponible dans la perspective de futures extensions”. Selon Alain Venot, ces programmes seront naturellement financées par la commune, “mais nous attendons aussi du soutien des autres collectivités, de Flextronics et de l’Etat”. Le bassin d’emploi n’est pas éligible aux dispositifs d’aide publics exceptionnels, prévus en cas de crash industriel (du type contrat de site ou aides européennes à la reconversion), mais “il devrait tout de même bénéficier de concours significatifs dans le cadre des contrats Etat-Région”. Pour sa part, la municipalité a décidé d’exonérer de taxe professionnelle pendant 5 ans toute entreprise s’installant à Châteaudun ou réalisant un investissement significatif. Par ailleurs, la collectivité va lancer un important programme de requalification urbaine qui va passer par la transformation de la friche (environ 2,5 ha) de l’ex-usine GSP, située au bord de la RN 10 et en plein centre-ville. Le projet, qui va faire l’objet d’une DUP en raison de “l’obstination” de l’actuel propriétaire, va se caractériser par la création d’un nouveau quartier avec équipements publics, espaces verts et logements. La stratégie de redéploiement passe aussi par la préservation du dynamisme commercial local. L’agglomération, qui s’appuie sur deux zones commerciales autour d’un hypermarché Leclerc et d’un Intermarché, va bénéficier de l’implantation d’un Décathlon. “Il s’agira de la première implantation pilote de cette enseigne nationale sur une zone de chalandise inférieure à 50 000 habitants” relève Pierre-Henri Legrand.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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