Le marchand de viandes saura-t-il attendrir le maire de Tours ?

Le négociant en viandes Chevalier ne peut plus exercer son activité à Ste-Maure-de-Touraine, ses locaux n’étant plus aux normes. La société souhaite s’installer à Tours Nord où des locaux adaptés sont disponibles, mais la mairie refuse ce projet qui compromet un programme de logement social.

25-3-09 - Franck Chevalier, le directeur général et fils du fondateur de la société familiale Hugues Chevalier, est sur le fil du rasoir. Son entreprise de découpe de négoce et de découpe de viandes de boucherie, installée aujourd’hui à Ste-Maure-de-Touraine, fait l’objet d’une décision de fermeture administrative exécutoire au 31 mars prochain. Motif : l’atelier (environ 700 m2) ne répond plus aux normes sanitaires  et vétérinaires françaises ultra-exigeantes. « Il en va de la qualité des produits » assure-t-on à la préfecture d’Indre-et-Loire.
« Le montant de la remise aux normes (de l’ordre de 600 000 e) n’est pas à la portée d’une société comme la nôtre, qui compte une vingtaine de salariés et facture 4,4 Me par an » plaide Franck Chevalier. « La société Cerf Centre Ouest (CCO), propriétaire des lieux, refuse de prendre en charge ces travaux, ce que je comprends parfaitement » ajoute-t-il.
Le jeune patron a trouvé une solution… à Tours Nord. Un atelier de 700 m2, parfaitement aux normes, est en effet inoccupé depuis 2006, date à laquelle la SCABCT (Société Coopérative des Artisans Bouchers Charcutiers de Touraine) qui l’exploitait a déposé son bilan. Ce bâtiment, situé rue de Suède dans le périmètre de l’ancien abattoir, est propriété au titre d’un bail emphytéotique et d’un montage juridique byzantin de la banque Oseo, évidemment favorable au projet de reprise. Mais la convention prévoit que la mairie de Tours peut exercer un droit de regard sur la destination des locaux.
En juin 2008, Franck Chevalier rencontre les services ad hoc de la ville qui lui auraient laissé entrevoir la possibilité d’un  accord. En octobre de la même année, Jean Germain fait savoir à l’entrepreneur que la reprise du site ne peut pas être envisagée. La mairie a décidé de requalifier le quartier où se situe l’ancien abattoir dans le cadre d’un important programme urbain. Tours Promotion souhaite notamment y construire des logements sociaux. Franck Chevalier est invité à s’adresser aux services de développement économique de Tour(s) Plus qui ne trouvent rien de mieux que de lui adresser par courrier – sans le recevoir, semble-t-il – … une liste d’agences immobilières.
Alain Dayan, adjoint au maire en charge du Commerce, s’insurge contre la démarche de l’entrepreneur : « C’est un peu fort ! Il ne faut pas oublier que la société Chevalier a torpillé la plate-forme de découpe que nous souhaitons mettre en place en quittant, il y a quelques années, l’abattoir de Tours pour Ste-Maure. Ils ont laissé leurs confrères en plan. Aujourd’hui, ils veulent revenir vers ce même site pour lequel la collectivité a effectivement d’autres projets de grande importance en nous imposant un chantage à l’emploi. »
Le maire de Tours est d’ailleurs resté sourd à toutes les tentatives de médiation tentées par les présidents de la CCI et de la Chambre d’Agriculture. Devant la fin de non-recevoir des élus tourangeaux, Oseo, qui avait proposé à Franck Chevalier de louer les locaux dans le cadre d’une convention de bail précaire avec option d’achat dans l’attente d’un dénouement favorable, s’est ravisé et pourrait attaquer la municipalité tourangelle devant les tribunaux devant l’impossibilité d’exercer son droit au bail.
« J’ai tapé à toutes les portes, y compris à celle du président de la République. Son chef de cabinet m’a répondu que notre cas avait été signalé au ministre de l’Economie » explique Franck Chevalier qui craint de s’acheminer vers une fermeture d’autant « plus injuste » à ses yeux, qu’elle peut être simplement et rapidement évitée « s’il y a une volonté politique ».
Les élus tourangeaux, très remontés et sûrs de leur bon droit, « vont-ils précipiter la mort d’une entreprise de 20 salariés – tous originaires de Tours ou de l’agglomération - et faire payer le contentieux qui s’ensuivrait par le contribuable ? » questionne Franck Chevalier. « La porte de mon bureau reste ouverte. Il y a d’autres endroits sur l’agglomération susceptibles d’accueillir la société. Je suis prêt à relancer un projet de plate-forme de découpe » annonce pour sa part Alain Dayan.
Franck Chevalier, lui, espère que les services de l’Etat accepteront de repousser de trois mois l’échéance de fermeture administrative. Mais rien n’est fait : le couperet plane plus que jamais sur la société. A suivre…


 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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