Les mois à venir seront difficiles, les conjoncturistes convergent sur ce point. Mais le premier semestre 2012 ne devrait pas marquer de dégringolade de l’activité. Rien à voir avec l’automne et l’hiver 2008-2009. Pour la suite, il faudra se contenter d’espérer, les oracles ne lisant l’avenir qu’à court terme.
13-2-12 - Nos lecteurs seraient étonnés que les prévisions conjoncturelles croisées des quatre autorités en la matière que sont la Banque de France, l’Insee, la Direccte et Oséo n’annoncent pas un premier semestre 2012 difficile. Certes, la crise des finances publiques, la morosité des économies de la zone euro et, phénomène propre à la France, l’entrée dans une période électorale qui n’est jamais, on le sait, propice à un climat serein des affaires, se conjuguent pour inciter à la prudence.
Mais les courbes, chiffres et ratios présentés le 1er février à Orléans par les quatre directions régionales ne prévoient pas, pour autant, la fin d’un monde. Pour l’Insee, la croissance française redeviendrait même positive – un timide 0,1 % – au deuxième trimestre 2012, après deux trimestres consécutifs de croissance négative, marqueurs d’une récession (- 0,3 %).
La Banque de France confirme, estimant même que le PIB français est resté stable au 4e trimestre. Philippe Guislin, son directeur régional, traduit la très légère amélioration de l’activité industrielle observée par les chefs d’entreprises interrogés au mois de décembre et ses prévisions « sont orientées vers un léger accroissement de l’activité».
Ainsi, le taux d’utilisation des capacités industrielles régionales a repris la progression continue qu’il observe depuis le creux du début de l’année 2009 ; la dépression du milieu de l’année est oubliée et la tendance est haussière. La Banque de France porte également une appréciation positive sur les carnets de commande et les stocks de produits finis, jugés «un peu supérieurs à la normale ». La boule de cristal de l’Insee incite toutefois un peu moins à l’optimisme, repoussant le semblant de croissance au printemps. Seule bonne nouvelle, l’une étant corrélée à l’autre, l’inflation reculerait, passant d’un peu plus de 2 % à 1,4 % à mi-année.
Ces appréciations ne sont pas contredites par l’enquête semestrielle réalisée en novembre 2011 par Oséo auprès d’un panel de 3 778 chefs d’entreprises, dont 152 issus de la région Centre. Si le moral des sondés doit être interprété à l’aune d’un début d’automne difficile, le pessimisme était le sentiment dominant pour 2012. Alors que fin 2010, les dirigeants qui prévoyaient un développement de leur activité étaient 28 % plus nombreux que ceux qui craignaient l’inverse, ce solde d’opinion positive n’était plus que de 6 % fin 2011. C’est tout de même mieux que fin 2008, où le solde était négatif de… 20 %.
Comment s’étonner, dans ce contexte de morosité ambiante, que l’emploi soit en berne ? Avant de connaître les résultats de la traditionnelle enquête sur les besoins de main-d’œuvre (BMO) de Pôle Emploi, on devra se contenter des données fournies par la Direccte Centre sur l’état du marché du travail au dernier semestre 2011 : elles ne sont guère réjouissantes, le nombre des demandeurs d’emploi étant en hausse sensible, avec une progression encore plus marquée pour les catégories les plus fragiles, notamment les plus de 50 ans.
Pour les mois à venir, la méthode des soldes d’opinion brevetée par Oséo fournit quelques éléments de prévision : les patrons prêts à embaucher sont seulement 7 % plus nombreux que ceux qui envisagent de réduire leur effectif. Un écart à rapprocher des + 15 % de fin 2010 et surtout des + 20 % de fin 2007, où l’économie mondiale était dans l’œil du cyclone, à mi-chemin entre une crise qui semblait se limiter à la baisse des marchés boursiers et la faillite de Lehmann Brothers.
Un an plus tard, alors qu’un tsunami déferlait sur la finance mondiale, ce même solde d’opinion était à un plus bas historique de – 4 %. Quand les optimistes l’emportent – même de peu – sur les pessimistes, il y a matière à espérer…










