Deux pôles de compétitivité en compétition

Avant de savoir si l’un d’entre eux sera retenu, les deux candidats au label pôle de compétitivité seront soumis au jugement de la Préfecture de Région. Qui sera classé premier ? Etat des forces en présence.

La région Centre enverra deux champions briguer le label pôle de compétitivité qui, depuis l’annonce de l’appel à projets, à l’issue du CIADT du 14 septembre, fait saliver toutes les collectivités territoriales de France. A tel point que gouvernement et Datar ne cessent de répéter qu’elles n’ont pas vocation à labelliser chaque canton. Au terme du premier appel à projets, dont les résultats pourraient être connus avant l’été, il est aujourd’hui entendu qu’une quinzaine de labels seront décernés. En une ou en plusieurs fois. Pour les déçus du printemps, il faudra attendre le prochain tour, puisqu’on s’achemine vers un second appel à projets en 2006. Pour le Centre, la Préfecture de Région aura à se déterminer entre le projet de pôle cosmétique, porté par l’association Cosmetic Valley et son inlassable animateur Jean-Luc Ansel, et celui centré autour de la gestion de l’énergie électrique, initié par le Conseil régional et son agence Centreco. Le 28 février, le SGAR (secrétariat général aux affaires régionales) aura les deux dossiers sur son bureau et devra les classer en fonction de leur intérêt économique et, supposons-le, de leur chance d’être labellisé. Car il est certain que si le premier peut nourrir quelque espoir de recevoir le précieux sésame, le second ne doit pas se bercer d’illusions. Dès l’annonce du CIADT, la Cosmetic Valley a bondi sur l’occasion.

Les attraits – essentiellement fiscaux – du dispositif donnent à cette association d’industriels régionaux du parfum et de la cosmétique l’occasion de consolider les acquis. De l’avis général, le positionnement original du projet, le seul consacré à l’industrie nationale du luxe, autant que le rayonnement international des entreprises parties prenantes (Guerlain, Lancaster, Christian Dior…) constituent des atouts majeurs. Reste que la Cosmetic Valley, surtout tournée vers des problématiques de process, de fabrication et de commercialisation, n’a jamais eu l’occasion de nouer des relations étroites avec la recherche, critère déterminant fixé par le cahier des charges. Depuis, les contacts ont été multipliés pour que ce vide soit comblé : les universités d’Orléans et de Tours ont manifesté leur intérêt et des passerelles ont été jetées. Côté entreprises, le centre de recherche de Christian Dior, à St-Jean-de-Braye, sera associé à la démarche. On espère aussi que celui de L’Oréal, dans le département voisin des Yvelines, rejoindra l’ensemble. Le rayonnement du projet a maintenant largement dépassé les frontières de l’Eure-et-Loir.

Une énergie à canaliser.

Ce n’est pas aussi simple du côté du second projet. Partie de la volonté politique de la Région de créer un pôle d’excellence pour les questions d’énergie (à ce sujet, on peut se référer à l’entretien que nous avait accordé Michel Sapin à l’automne dernier), la thématique a cherché sa voie du côté de l’électronique de puissance. Si Tours a la chance de posséder, avec l’usine STMicroelectronics et le centre national de recherche électronique monté avec le CEA et l’université, de quoi faire émerger un véritable cluster dans ce domaine, il était illusoire de vouloir se mesurer à l’impressionnant dispositif grenoblois, lui aussi partant dans le domaine de l’électronique. La Région a donc décidé de réorienter le projet vers l’énergie. Avec l’avantage d’élargir le champ d’intervention à d’autres laboratoires et à des entreprises de l’ensemble du territoire régional – voire au-delà – mais l’inconvénient de rendre le rassemblement beaucoup plus hétéroclite. Au fil des réunions, la mayonnaise a toutefois pris. Les industriels interrogés avouent avoir fait des découvertes. “Faiveley possède le brevet d’un convertisseur qui peut avoir d’autres applications industrielles. Je ne le saurais pas si je ne les avais pas rencontrés” accorde Patrick Gallois, directeur de l’usine STMicroelectronics. Ces derniers mois, ElcoBrandt, Thermor, Leroy-Somer, Legrand, Alombard (groupe Schneider Electrique), pour ne citer que les noms les plus connus, ont exprimé leurs besoins, mais aussi leurs ressources. Les PME se sont greffées au projet, comme les laboratoires universitaires orléanais et tourangeaux, aux capacités parfois insoupçonnées. Un absent, toutefois, et de marque : EDF. Selon nos informations, l’électricien national “n’aurait pas été directement contacté”. Un oubli à réparer très vite, tant il semble étonnant de ne pas associer étroitement à un thème traitant de l’énergie le premier producteur européen. Les plus lucides en conviennent, il sera difficile de tenir le rendez-vous du 28 février. Il faudra encore beaucoup de réunions pour réellement fédérer un ensemble cohérent de recherche et de production. Le mérite de l’initiative de la Région aura été de permettre une prise de conscience. Et de préparer les prochains rendez-vous.

 

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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