La coupe est pleine à Dreux. Alors que Philips EGP vient d’annoncer la suppression de 279 postes, l’usine Rosi (ex-Arvin Meritor), reprise l’an passé par le groupe britannique Klarius,
est placée sous le contrôle de la justice consulaire, mettant en péril 310 emplois. Ces nouvelles fâcheuses compromettent les patientes politiques de revitalisation engagées par les collectivités et l’Etat.
Meurtri par plusieurs fermetures retentissantes d’usines comme celle du constructeur de tubes de téléviseurs LG Philips, le bassin d’emploi de Dreux semblait remonter la pente ces derniers mois. Las ! Deux très mauvaises nouvelles sont venues compromettre les efforts engagés par les responsables locaux du développement économique, notamment par la Communauté d’agglomération du Drouais (CAdD), impliquée au premier chef dans ces tentatives de redressement. La première salve est partie du fabricant de téléviseurs Philips EGP, dont la direction vient tout juste d’annoncer la suppression de 279 postes. A ce jour, le site drouais compte 542 salariés inscrits “mais en réalité seulement 491 salariés postés, compte tenu des dispenses d’activités liées au précédent plan social de 2003” nous indique un responsable syndical CGT. Il y a cinq ans, Philips avait, en effet, engagé un train de suppression de 385 postes, par suite du transfert des fabrications de téléviseurs à tubes cathodiques vers ses usines d’Europe centrale. A l’époque, la direction avait tenu un discours rassurant en proclamant que cette migration, certes “douloureuse”, vers la technologie LCD permettrait de pérenniser le site… Sans annoncer, du moins dans l’immédiat, la délocalisation des fabrications de LCD, “la direction met en avant la forte pression sur les prix et les volumes” pour justifier ces nouvelles coupes sombres. Pour autant, les représentants du personnel “ne se font guère d’illusions” sur les intentions réelles du groupe qui “entend à moyen terme concentrer la charge sur l’usine de Bruges et ses deux sites d’Europe centrale, notamment l’usine hongroise de Szekesfehervar”. En septembre dernier (cf. LV n°458-459), nous avions déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur des premiers transferts de charge au profit du site hongrois. Les syndicats craignaient à l’époque que la direction supprime l’une des deux équipes de fabrication. Aujourd’hui, Philips EGP exploite à Dreux cinq lignes pour une production 2008 qui devait représenter environ 600 000 unités, contre 760 000 prévues (825 000 pièces fabriquées en 2007).
La filière automobile également touchée
Le ciel est aussi tombé à Dreux sur la filière automobile qui a pourtant déjà payé depuis dix ans un très lourd tribut aux restructurations industrielles. Rachetée il y a six mois par le holding industriel britannique Klarius, la société Rosi (environ 320 salariés), spécialisée dans la fabrication de pots d’échappement et de catalyseurs pour poids lourds destinés au marché de la seconde monte, a déposé son bilan à la barre du tribunal de commerce de Nanterre, semant la consternation parmi les salariés qui ne s’attendaient pas à une telle extrémité. Des sources proches de ce dossier nous indiquent que Rosi a enregistré ces derniers mois une “détérioration de l’activité qui est venue alourdir une exploitation structurellement déficitaire depuis plusieurs années”. Le tribunal de commerce a prononcé le redressement judiciaire en assortissant la décision d’une période d’observation de six mois. Dans l’attente d’en savoir plus sur les intentions de la direction, les syndicats font remarquer “qu’aucun programme d’investissement n’a été engagé sur le site, que l’activité du bureau d’études semble gelée et que le marché du pot d’échappement de seconde monte est plutôt sur une phase déclinante”. C’est en effet beaucoup de nuages noirs amoncelés au-dessus du ciel drouais. Face à la débâcle, les collectivités ne désarment pas. Ainsi, à la Communauté d’agglomération du Drouais (CAdD), Bruno Tachon, directeur général des services, nous confirme que deux pistes vont être exploitées “sans relâche”. La première consiste à poursuivre la politique de réaménagement de la friche léguée par LG Philips (15 ha) et à intensifier les actions de prospection d’entreprises. D’ores et déjà, 12 000m2 de locaux (sur 70 000 m2) y ont été réhabilités : “Une douzaine de TPE sont installées sur le site, soit environ 25 emplois. C’est évidemment insuffisant, mais nous avons bon espoir de pouvoir annoncer la création de 200 emplois d’ici à dix-huit mois ou deux ans” assure Bruno Tachon. La seconde piste consiste à financer deux pôles de R&D avec une forte application industrielle, dédiés pour le premier au secteur de la pile à combustible (cf. LV n°453) et, pour le second, à celui du recyclage des déchets électroniques (D3E) et notamment des écrans LCD.
Une enveloppe de 18 à 30 M€ pour de nouveaux projets
Dans le domaine de la pile à combustible, des premiers succès ont été enregistrés : la société XbyBus a installé un atelier industriel d’une dizaine de personnes (qui pourrait rapidement grimper à une cinquantaine), spécialisé dans la fabrication d’équipements permettant de créer des atmosphères “ultravides”. Des équipements de ce type sont requis pour la fabrication de piles à combustible. Le projet d’implantation d’une usine Matra Harris Semi- Conducteurs (groupe XbyBus) vouée à la fabrication des coeurs de pile (200 emplois prévus à terme) est “plus que jamais d’actualité”. Le volet recyclage est moins avancé, mais la CAdD et ses partenaires vont prochainement répondre à des appels à projets lancés par la plate-forme de recyclage Ecosystèmes et par l’Ademe. Par ailleurs, la collectivité envisage de lancer dans cette perspective la construction d’un “pôle blanc” qui comprendra 2 500 m2 de salles blanches. Tout ce travail va être engagé avec les moyens propres de la CAdD qui devront être abondés par de nouveaux concours de l’Etat, de la Région et des fonds européens. Rappelons que l’ensemble des dispositifs éligibles au contrat de site a représenté pour le Drouais un montant de 25 M€. La revitalisation de la friche LG Philips financée par les collectivités locales, les fonds européens et la Région représentent une enveloppe spécifique – à géométrie variable – qui devrait être comprise entre 18 et 30 M€.
Meurtri par plusieurs fermetures retentissantes d’usines comme celle du constructeur de tubes de téléviseurs LG Philips, le bassin d’emploi de Dreux semblait remonter la pente ces derniers mois. Las ! Deux très mauvaises nouvelles sont venues compromettre les efforts engagés par les responsables locaux du développement économique, notamment par la Communauté d’agglomération du Drouais (CAdD), impliquée au premier chef dans ces tentatives de redressement. La première salve est partie du fabricant de téléviseurs Philips EGP, dont la direction vient tout juste d’annoncer la suppression de 279 postes. A ce jour, le site drouais compte 542 salariés inscrits “mais en réalité seulement 491 salariés postés, compte tenu des dispenses d’activités liées au précédent plan social de 2003” nous indique un responsable syndical CGT. Il y a cinq ans, Philips avait, en effet, engagé un train de suppression de 385 postes, par suite du transfert des fabrications de téléviseurs à tubes cathodiques vers ses usines d’Europe centrale. A l’époque, la direction avait tenu un discours rassurant en proclamant que cette migration, certes “douloureuse”, vers la technologie LCD permettrait de pérenniser le site… Sans annoncer, du moins dans l’immédiat, la délocalisation des fabrications de LCD, “la direction met en avant la forte pression sur les prix et les volumes” pour justifier ces nouvelles coupes sombres. Pour autant, les représentants du personnel “ne se font guère d’illusions” sur les intentions réelles du groupe qui “entend à moyen terme concentrer la charge sur l’usine de Bruges et ses deux sites d’Europe centrale, notamment l’usine hongroise de Szekesfehervar”. En septembre dernier (cf. LV n°458-459), nous avions déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur des premiers transferts de charge au profit du site hongrois. Les syndicats craignaient à l’époque que la direction supprime l’une des deux équipes de fabrication. Aujourd’hui, Philips EGP exploite à Dreux cinq lignes pour une production 2008 qui devait représenter environ 600 000 unités, contre 760 000 prévues (825 000 pièces fabriquées en 2007).
La filière automobile également touchée
Le ciel est aussi tombé à Dreux sur la filière automobile qui a pourtant déjà payé depuis dix ans un très lourd tribut aux restructurations industrielles. Rachetée il y a six mois par le holding industriel britannique Klarius, la société Rosi (environ 320 salariés), spécialisée dans la fabrication de pots d’échappement et de catalyseurs pour poids lourds destinés au marché de la seconde monte, a déposé son bilan à la barre du tribunal de commerce de Nanterre, semant la consternation parmi les salariés qui ne s’attendaient pas à une telle extrémité. Des sources proches de ce dossier nous indiquent que Rosi a enregistré ces derniers mois une “détérioration de l’activité qui est venue alourdir une exploitation structurellement déficitaire depuis plusieurs années”. Le tribunal de commerce a prononcé le redressement judiciaire en assortissant la décision d’une période d’observation de six mois. Dans l’attente d’en savoir plus sur les intentions de la direction, les syndicats font remarquer “qu’aucun programme d’investissement n’a été engagé sur le site, que l’activité du bureau d’études semble gelée et que le marché du pot d’échappement de seconde monte est plutôt sur une phase déclinante”. C’est en effet beaucoup de nuages noirs amoncelés au-dessus du ciel drouais. Face à la débâcle, les collectivités ne désarment pas. Ainsi, à la Communauté d’agglomération du Drouais (CAdD), Bruno Tachon, directeur général des services, nous confirme que deux pistes vont être exploitées “sans relâche”. La première consiste à poursuivre la politique de réaménagement de la friche léguée par LG Philips (15 ha) et à intensifier les actions de prospection d’entreprises. D’ores et déjà, 12 000m2 de locaux (sur 70 000 m2) y ont été réhabilités : “Une douzaine de TPE sont installées sur le site, soit environ 25 emplois. C’est évidemment insuffisant, mais nous avons bon espoir de pouvoir annoncer la création de 200 emplois d’ici à dix-huit mois ou deux ans” assure Bruno Tachon. La seconde piste consiste à financer deux pôles de R&D avec une forte application industrielle, dédiés pour le premier au secteur de la pile à combustible (cf. LV n°453) et, pour le second, à celui du recyclage des déchets électroniques (D3E) et notamment des écrans LCD.
Une enveloppe de 18 à 30 M€ pour de nouveaux projets
Dans le domaine de la pile à combustible, des premiers succès ont été enregistrés : la société XbyBus a installé un atelier industriel d’une dizaine de personnes (qui pourrait rapidement grimper à une cinquantaine), spécialisé dans la fabrication d’équipements permettant de créer des atmosphères “ultravides”. Des équipements de ce type sont requis pour la fabrication de piles à combustible. Le projet d’implantation d’une usine Matra Harris Semi- Conducteurs (groupe XbyBus) vouée à la fabrication des coeurs de pile (200 emplois prévus à terme) est “plus que jamais d’actualité”. Le volet recyclage est moins avancé, mais la CAdD et ses partenaires vont prochainement répondre à des appels à projets lancés par la plate-forme de recyclage Ecosystèmes et par l’Ademe. Par ailleurs, la collectivité envisage de lancer dans cette perspective la construction d’un “pôle blanc” qui comprendra 2 500 m2 de salles blanches. Tout ce travail va être engagé avec les moyens propres de la CAdD qui devront être abondés par de nouveaux concours de l’Etat, de la Région et des fonds européens. Rappelons que l’ensemble des dispositifs éligibles au contrat de site a représenté pour le Drouais un montant de 25 M€. La revitalisation de la friche LG Philips financée par les collectivités locales, les fonds européens et la Région représentent une enveloppe spécifique – à géométrie variable – qui devrait être comprise entre 18 et 30 M€.









