Dreux va affecter l’activité de soustraitants qui, pour la majorité d’entre eux, avaient déjà réduit leur niveau de dépendance. D’ores et déjà, les supputations vont bon train sur l’avenir d’un site industriel de 15 ha présentant de nombreux atouts.
Le naufrage de l’usine LG Philips à Dreux se traduit par la suppression de 600 emplois directs, mais va aussi inévitablement affecter le noyau de sous-traitants qui approvisionnaient l’usine en fournitures et prestations diverses. “Compte tenu de la procédure choisie - cessation de paiement -, ce sinistre risque d’impacter les fournisseurs à un double niveau : perte d’activité et impayés” prédit une source proche de ce dossier. Toutefois, l’onde de choc induite pourrait être atténuée. “D’une part, bien des achats étaient mutualisés au niveau de centrales qui ne travaillaient pas avec des entreprises locales” explique-t-on à la Communauté d’agglomération du Drouais. D’autre part, les sous-traitants drouais de Philips ont “réduit leur exposition à un risque devenu évident depuis plusieurs mois”. La Drire et les consulaires avaient d’ailleurs élaboré des actions d’accompagnement et de formation à “la diversification de la fonction commerciale” s’adressant directement aux sous-traitants de Philips. Parmi les entreprises les plus directement concernées par l’arrêt de l’activité de l’usine, tels le fabricant de cales et de conditionnements de téléviseurs Isobox Technologies ou les transports Delaunay, le choc a été plus ou moins anticipé. Chez Isobox Technologies, la direction indique “que l’arrêt de la production de LG Philips ne constitue pas une surprise. En revanche, il intervient plus tôt que prévu… au moins deux ans avant l’échéance que nous avions envisagée”. L’unité, qui emploie 24 salariés, réalisait encore 30 % de son activité avec LG Philips. “Nous allons essayer de traverser cette mauvaise phase sans suppression d’emplois” précise son dirigeant. Aux transports Delaunay, on relativise la portée du sinistre : “Il y a quelques années, LG Philips a été un bon client ; récemment, l’activité se résumait à du stockage et ne représentait plus guère que 2 à 3 % de notre facturation”. Depuis plusieurs années, l’usine avait en effet confié une part importante de sa logistique à des transporteurs polonais… Chez les plasturgistes, la fermeture annoncée de la co-entreprise Lucky Goldstar-Philips sera sans conséquences. “Contrairement à une idée répandue, des sous-traitants comme Plastivaloire (environ une centaine de salariés) ou Knauf (une cinquantaine) ne sont pas des sous-traitants de LG Philips, mais de Philips EGP (600 salariés), la seconde usine d’électronique qui a réussi sa mutation vers des technologies porteuses (LCD)” affirme Axelle Champagne, directrice du développement économique à la Communauté d’agglomération. Idem pour la plateforme logistique DHL (ex-Geodis), dédiée à Philips EGP.
Le devenir d’un site de 15 ha
Le devenir des 50 000 m2 bâtis, édifiés sur une emprise de 15 ha, préoccupe les esprits. La position idéale du site, à trois quarts d’heure de Paris, au bord de l’A 12, devrait susciter l’intérêt des industriels et des investisseurs, “même si la procédure de dépôt de bilan qui a été choisie risque de rendre plus difficile la mise en oeuvre de sa requalification” note Axelle Champagne. Dans un premier temps, les décideurs ont paré au plus pressé : Urban Medical, cette start-up pharmaceutique (conception de dispositifs d’asepsie, cf LV n° 415) qui avait commencé son activité dans l’enceinte de LG Philips, a élu domicile dans l’une des villas. A moyen terme et dans l’attente du désengagement total des actuels propriétaires, de multiples hypothèses sont à l’étude. Y compris celle d’un rachat à vil prix du site par les collectivités qui devront, dans l’attente de la cession, assurer des frais de gardiennage, d’entretien, de maintenance, voire de réaménagement. Gérard Hamel, député-maire (UMP) de Dreux et président de la Communauté d’agglomération, précisait récemment que “les frais de maintenance du site s’élèvent à près de 15 000 € par jour. Tout doit être fait pour donner une seconde chance à l’usine”. Dans les services, on juge que l’enveloppe prévue au contrat de site (environ 45 M€ sur 4 ans, dont 65 % à la charge de la Communauté) ne suffira pas à financer d’éventuelles opérations de réindustrialisation, les crédits disponibles ayant été affectés à d’autres projets (villas d’entreprises, pépinières, viabilisation d’une nouvelle ZI de 25 ha aux normes HQE). D’autant que manquera à l’appel l’enveloppe de 2 M€ de prêt à taux zéro qui avait été promise par LG Philips… avant le dépôt de bilan.
Le naufrage de l’usine LG Philips à Dreux se traduit par la suppression de 600 emplois directs, mais va aussi inévitablement affecter le noyau de sous-traitants qui approvisionnaient l’usine en fournitures et prestations diverses. “Compte tenu de la procédure choisie - cessation de paiement -, ce sinistre risque d’impacter les fournisseurs à un double niveau : perte d’activité et impayés” prédit une source proche de ce dossier. Toutefois, l’onde de choc induite pourrait être atténuée. “D’une part, bien des achats étaient mutualisés au niveau de centrales qui ne travaillaient pas avec des entreprises locales” explique-t-on à la Communauté d’agglomération du Drouais. D’autre part, les sous-traitants drouais de Philips ont “réduit leur exposition à un risque devenu évident depuis plusieurs mois”. La Drire et les consulaires avaient d’ailleurs élaboré des actions d’accompagnement et de formation à “la diversification de la fonction commerciale” s’adressant directement aux sous-traitants de Philips. Parmi les entreprises les plus directement concernées par l’arrêt de l’activité de l’usine, tels le fabricant de cales et de conditionnements de téléviseurs Isobox Technologies ou les transports Delaunay, le choc a été plus ou moins anticipé. Chez Isobox Technologies, la direction indique “que l’arrêt de la production de LG Philips ne constitue pas une surprise. En revanche, il intervient plus tôt que prévu… au moins deux ans avant l’échéance que nous avions envisagée”. L’unité, qui emploie 24 salariés, réalisait encore 30 % de son activité avec LG Philips. “Nous allons essayer de traverser cette mauvaise phase sans suppression d’emplois” précise son dirigeant. Aux transports Delaunay, on relativise la portée du sinistre : “Il y a quelques années, LG Philips a été un bon client ; récemment, l’activité se résumait à du stockage et ne représentait plus guère que 2 à 3 % de notre facturation”. Depuis plusieurs années, l’usine avait en effet confié une part importante de sa logistique à des transporteurs polonais… Chez les plasturgistes, la fermeture annoncée de la co-entreprise Lucky Goldstar-Philips sera sans conséquences. “Contrairement à une idée répandue, des sous-traitants comme Plastivaloire (environ une centaine de salariés) ou Knauf (une cinquantaine) ne sont pas des sous-traitants de LG Philips, mais de Philips EGP (600 salariés), la seconde usine d’électronique qui a réussi sa mutation vers des technologies porteuses (LCD)” affirme Axelle Champagne, directrice du développement économique à la Communauté d’agglomération. Idem pour la plateforme logistique DHL (ex-Geodis), dédiée à Philips EGP.
Le devenir d’un site de 15 ha
Le devenir des 50 000 m2 bâtis, édifiés sur une emprise de 15 ha, préoccupe les esprits. La position idéale du site, à trois quarts d’heure de Paris, au bord de l’A 12, devrait susciter l’intérêt des industriels et des investisseurs, “même si la procédure de dépôt de bilan qui a été choisie risque de rendre plus difficile la mise en oeuvre de sa requalification” note Axelle Champagne. Dans un premier temps, les décideurs ont paré au plus pressé : Urban Medical, cette start-up pharmaceutique (conception de dispositifs d’asepsie, cf LV n° 415) qui avait commencé son activité dans l’enceinte de LG Philips, a élu domicile dans l’une des villas. A moyen terme et dans l’attente du désengagement total des actuels propriétaires, de multiples hypothèses sont à l’étude. Y compris celle d’un rachat à vil prix du site par les collectivités qui devront, dans l’attente de la cession, assurer des frais de gardiennage, d’entretien, de maintenance, voire de réaménagement. Gérard Hamel, député-maire (UMP) de Dreux et président de la Communauté d’agglomération, précisait récemment que “les frais de maintenance du site s’élèvent à près de 15 000 € par jour. Tout doit être fait pour donner une seconde chance à l’usine”. Dans les services, on juge que l’enveloppe prévue au contrat de site (environ 45 M€ sur 4 ans, dont 65 % à la charge de la Communauté) ne suffira pas à financer d’éventuelles opérations de réindustrialisation, les crédits disponibles ayant été affectés à d’autres projets (villas d’entreprises, pépinières, viabilisation d’une nouvelle ZI de 25 ha aux normes HQE). D’autant que manquera à l’appel l’enveloppe de 2 M€ de prêt à taux zéro qui avait été promise par LG Philips… avant le dépôt de bilan.











