L’exécutif régional veut adopter avant la fin de l’année un schéma régional de développement économique et social. Objectif : réaffirmer son leadership dans un domaine parfois contesté par d’autres collectivités.
La Région Centre cherche à reprendre l’initiative sur le terrain de la politique économique en profitant, selon l’expression de son président Michel Sapin (PS), “des perspectives offertes par la loi de décentralisation” qui, admet-il, “ne conduit pas qu’à des impasses…”. Les péripéties de l’adoption du texte de loi relatif aux libertés et responsabilités locales ont mis en exergue les hésitations du gouvernement sur le sujet. Dans un premier temps, les pouvoirs publics ont semblé vouloir retirer le rôle de chef de file à la collectivité régionale. Point d’orgue de cette tentative, l’adoption par le Sénat à l’été 2004 d’un amendement déposé par Eric Doligé (UMP), président du Conseil général du Loiret, réduisant les prérogatives économiques des Régions à une modeste “coordination”.
Devant le tollé suscité – surtout à gauche, mais pas excusivement ! – par l’amendement Doligé, le gouvernement a fait machine arrière au mois d’août 2004 en proposant aux exécutifs régionaux la mise en place de schémas régionaux de développement économique (SRDE). Ce nouveau cadre, qui se mettra en place à titre “expérimental” pour une durée de cinq ans, donnera à la Région, une fois le schéma adopté, des compétences renforcées en matière d’attribution d’aides publiques.
“L’Etat, par convention avec la Région et l’ensemble des collectivités locales, déléguera la gestion d’aides qui étaient traditionnellement de son ressort exclusif” note Michel Sapin, qui précise au passage “que les Régions pourront définir leurs propres critères d’attribution ; il ne s’agit pas d’une délégation au rabais.” Parmi les transferts escomptés par l’exécutif, figurent notamment les interventions du Fisac – toujours centralisées à Bercy – et les aides attribuées par le ministère du Commerce extérieur. On peut sans doute compter sur la force d’inertie de ces deux administrations pour retarder le processus de transfert qui les dépouille d’une partie de leur raison d’être… Selon Michel Sapin, “si la Région se veut l’élément essentiel d’animation de la politique économique”, elle ne compte en aucun cas se substituer “aux autres collectivités”. Le schéma régional, qui devra être adopté avant la fin de l’année 2005 pour entrer en application en 2006, “aura pour objectif d’éviter la dispersion des moyens”. “Une concertation très profonde” “Sans éluder les inévitables contradictions politiques et géographiques qui ne manqueront pas de se faire jour”, la présidence souhaite engager avec les départements, les agglomérations, les chambres consulaires mais aussi “avec les syndicats de salariés et les représentants du patronat”, une concertation “très profonde”. Cette discussion a déjà été engagée, comme le prévoit la loi, par le Conseil des exécutifs qui regroupe autour de la présidence de Région les présidents des départements et des agglomérations. Elle se poursuivra jusqu’à l’été avec l’ensemble des forces vives et la population. Des forums thématiques seront organisés dans plusieurs villes de la Région.









