Le segment de l’économie sociale et solidaire représente aujourd’hui près de 10 % des emplois en région Centre, selon une étude récente de l’Observatoire régional dédié à ce secteur.
Ces emplois connaissent une croissance supérieure à la moyenne des emplois traditionnels.
28 - 3 -11 - Certes, le concept de l’économie sociale et solidaire (ESS), regroupant peu ou prou les activités des associations, des mutuelles d’assurance, des sociétés coopératives ou des fondations, est encore souvent raillé par les tenants de l’économie traditionnelle. Son côté boy-scout et une certaine orientation politique de ses protagonistes ne sont pas toujours en odeur de sainteté dans les milieux d’affaires. Pour autant, ce segment constitue une part non négligeable de l’économie régionale qui, moins exposé aux fluctuations des marchés, protégerait davantage des crises ses salariés et les territoires sur lesquels il se déploie.
Ainsi, selon une étude récente de l’Observatoire régional de l’économie sociale et solidaire (Oress), celle-ci représente désormais 9,9 % de l’emploi en région Centre, soit 82 679 salariés et près de 8 700 établissements (10,1% du total), « un score plus élevé que la moyenne nationale qui est de 9,3 % », indique Antoine Barot, chargé d’études à l’Observatoire. « Il semble, poursuit-il, que le secteur de l’ESS soit plus dynamique que l’économie traditionnelle sur le front de la création d’emplois». De 2005 à 2007, les effectifs employés par les opérateurs de l’ESS ont crû de 4,7 % sur le territoire régional contre 1,1 % pour le reste de l’économie. « Et tout porte à croire que cette tendance a perduré pendant la crise », estime Antoine Barot. C’est une évidence « et ceci constitue l’un des points forts de l’économie sociale et solidaire, les entreprises de ce segment ont souvent un lien fort avec le territoire où elles sont installées. Les emplois ne sont pas délocalisables, un intérêt qui échappe parfois aux élus », indique le chargé d’études.
Pour autant, tout n’est pas rose dans les jardins de l’économie sociale. L’étude, consacrée aux forces et faiblesses du secteur, a ainsi pointé quelques écueils structurels auxquels il conviendrait de remédier. « L’ESS est en proie à des difficultés évidentes de gouvernance et de management » prévient Antoine Barot. La cohabitation entre des bénévoles et des professionnels salariés ne va pas toujours de soi, notamment au sein des structures associatives, et « ne prédispose pas au maintien du même niveau de motivation sur une longue période et à l’inscription dans une logique de projet ». Par ailleurs, les dirigeants de l’économie sociale peuvent profiter de réseaux puissants – telles que les Unions régionales de sociétés de coopératives ouvrières (Urscop) ou le Conseil national des chambres régionales de l’économie solidaire (CNCRES) – qui leur prodiguent conseils et ressources. Toutefois, l’implication dans ces structures en contrepartie de cet apport « est coûteux en temps et en ressources financières ».
Enfin, les établissements et les entreprises de l’ESS souffrent d’une pyramide des âges déséquilibrée en faveur des salariés les plus âgés. « La problématique du renouvellement des générations va devenir de plus en plus pressante », juge le chargé d’études qui estime indispensable qu’un effort de communication ciblé soit effectué en direction des jeunes qui méconnaissent souvent le potentiel de l’économie sociale. L’étude préconise par ailleurs de développer une politique de filières (tourisme solidaire, bâtiment, métiers du handicap), de soutenir la création de groupements d’employeurs et de toutes formes de mutualisation ainsi que de créer une charte commune à tous les acteurs de l’ESS en région Centre.











