Un député de plus pour le Loiret, un de moins pour l’Indre

La commission Guéna a modifié le projet gouvernemental de redécoupage des 577 circonscriptions législatives. Le Conseil d’Etat tranchera. Pour la région Centre, une seule chose est certaine : le Loiret gagne un député et l’Indre en perd un.

15-7-09 - Le scrutin législatif 2012 inaugurera une nouvelle carte de France des circonscriptions. La France métropolitaine perdra 14 sièges de député, 3 au profit de l’outre-mer (qui passe de 7 à 10 députés) et 11 au profit d’une nouvelle catégorie de représentants des quelque 800000 Français vivant à l’étranger qui s’étaient inscrits sur les listes électorales aux dernières présidentielles.
La région Centre devrait conserver le même nombre de députés à l’issue de ce redécoupage – le premier depuis la loi Pasqua de 1986 –, puisque le Loiret, qui passera de 5 à 6 députés, récupèrera le siège perdu par l’Indre (2 au lieu de 3 députés).
Si la commission présidée par l’ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna a validé sans autre obser-vation le nouveau découpage de l’Indre, qui rattache la Brenne à la 1ère circonscription (Châteauroux) et le nord du département à la 2e (Issoudun), elle propose, en revanche, de transférer le canton d’Orléans-Carmes de la 2e à la nouvelle 6e circonscription du Loiret (Orléans Est, St-Jean-de-Braye, Chécy et Châteauneuf-sur-Loire), mais de retrancher celui de Lorris à cette dernière pour l’ajouter à la 3e (sud du département).
Dans les autres départements régionaux, la commission suggère ou propose trois amendements au projet initial : le transfert du canton de Lignières de la 3e (Sud du Cher) à la 2e (Ouest du Cher) ; le détachement du canton de Tours Nord-Est de la 2e circonscription d’Indre-et-Loire (Est du département) et son rattachement à la 1ère (Tours Centre et Tours Sud) ; le déplacement du canton d’Herbault de la 1ère circonscription de Loir-et-Cher (Blois) vers la 3e (Vendôme).
Après avoir revu son projet initial et tenu compte des avis de la commission, Alain Marleix, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales en charge de ce projet « d’ajustement de la carte électorale », a transmis le dossier au Conseil d’Etat. On attend le verdict de la plus haute juridiction administrative de France pour présenter au Conseil des ministres le projet définitif de carte électorale.
Politiquement, le projet du gouvernement et les modifications de la commission Guéna ne sont pas tout à fait neutres. Rien ne prouve toutefois que le nouveau découpage soit dicté par un esprit partisan, le communiqué prenant soin de préciser qu’elle (la commission) « s’est souciée (…) de la pertinence et de l’objectivité des projets qui lui étaient soumis ».
Dans l’Indre, c’est en tout cas bien une circonscription de gauche, celle du Blanc, qui est rayée de la carte. Elle est pour sa plus grande partie rattachée à la circonscription de Châteauroux, détenue par Michel Sapin. Quant à la 2e, celle de l’UMP Nicolas Forissier, elle récupère de la 3e les cantons de Valençay, Ecueillé et Levroux et, de la 1ère, celui d’Ardentes. Pas de quoi faire basculer une circonscription tenue par le sortant depuis 1993.
Dans le Loiret, les simulations donneraient un possible grand chelem à la droite, comme depuis 1993 sans discontinuer, mais cette fois avec 6 députés et non plus 5. Le sénateur socialiste et ancien maire d’Orléans Jean-Pierre Sueur a qualifié le projet, qui pourrait être modifié à la marge par l’avis de la commission Guéna, « de solution idéale pour la droite, qui s’est concoctée des circonscriptions aux petits oignons ».
Dans le Cher, le glissement du canton de Lignières de la 3e vers la 2e retrancherait une terre plutôt à gauche, mais faiblement peuplée, de la circonscription de l’UMP Louis Cosyns, député depuis 2002. L’enjeu est tout autre dans le Loir-et-Cher, où Herbault avait donné près de 500 voix d’avance au député élu Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) qui ne l’avait emporté sur son adversaire socialiste que de… 329 voix. Si le gouvernement suivait, finalement, les conseils de la commission Guéna, le coup serait rude pour Nicolas Perruchot. En revanche, Maurice Leroy verrait arriver sur sa circonscription un contingent d’électeurs de droite.
A Tours, l’incidence d’un glissement de Tours Nord-Est vers la 1ère n’aurait, à priori, qu’une influence limitée sur les résultats des deux circonscriptions concernées. Ce canton traditionnellement modéré vote à droite aux élections nationales et à gauche aux élections locales.
Le verdict devrait être connu à la fin du mois, sauf à ce que la complexité des derniers réglages ne repousse l’ordonnance à la rentrée.

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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