L’emploi des cadres a reculé de 24 % en 2009 en région Centre, indique une récente étude réalisée par l’Apec.
C’est mieux que la moyenne nationale mais cette résistance s’ac-compagne d’une dégradation des conditions du retour à l’emploi. Le recul des embauches devrait se poursuivre en 2010, l’embellie n’étant pas envisagée avant 2012 ou 2013. Annus horribilis : l’emploi des cadres en région Centre a subi une violente bourrasque en 2009 avec seulement 4 310 recrutements recensés par le panel de l’Apec dont la dernière mise à jour vient d’être rendue publique.
Si la baisse est de 24 %, la région Centre aura montré globalement « des signes de résistance, surtout si l’on compare à la tendance nationale caractérisée par une baisse de 28 % des embauches à 143 000, soit un retour au maigre niveau de 2004» indique Anthony Fumard, responsable du centre d’Orléans de l’Apec. Ce dernier souligne la brutalité du ralentissement qui succède à un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 25 % sur la période 2005-2007. Ce coup d’arrêt se caractérise notamment par un allongement de la durée moyenne de chômage. « Le taux de chômage des cadres est passé de 3,5 % à 4,1 %. L’écart peut paraître faible, mais il faut rappeler qu’il y a un an, 6 cadres sur 10 retrou-vaient un emploi au bout de six mois. Aujourd’hui, la durée moyenne d’inactivité pour 6 cadres sur 10 est au moins… d’un an » poursuit Anthony Fumard. Le délégué régional observe un indubitable durcissement des conditions du retour à l’emploi : « Beaucoup de cadres dirigeants qui bénéficiaient d’une rémunération brute annuelle comprise entre 60 000 et 80 000 € avant de perdre leur job peinent à retrouver un salaire supérieur à ce que leur offrent… les Assedic ».
Les recruteurs régionaux vont-ils retrouver de l’allant en 2010 ? Selon le modèle économétrique, réputé fiable, de l’Apec, le nombre de recrutements devrait encore chuter de 12 % en 2010 pour se limiter à 3 810 en région Centre, « avant, sans doute, d’aborder une reprise plus ou moins rapide dans les années à venir, un rebond significatif étant attendu sur le plan national dès 2011, avec plus de 158 000 embauches ».
Pour autant, l’effet d’entraînement en région Centre pourrait s’avérer plus modéré : « Le territoire a tendance à amortir les chocs : l’emploi cadre baisse plutôt moins qu’ailleurs mais peine à repartir avec la même ardeur». De toute évidence, et compte tenu des spécificités régionales, « il ne faut pas escompter une forte reprise des embauches avant 2012 ou 2013», prévient Anthony Fumard. Qui relève toutefois une reprise de l’ordre de 20 % des recrutements en région Centre sur les deux premiers mois de l’année.
D’une manière générale, 10 % des employeurs régionaux envisagent d’accroître leurs effectifs de cadres en 2010, contre 8 % qui anticipent de le réduire. Une tendance plus favorable que celle observée en Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Bourgogne ou Limousin. C’est l’Indre-et-Loire qui emporte d’ailleurs la palme des meilleures prévisions: 14 % des entrepreneurs y anticipent une augmentation du nombre de cadres au sein de leur entreprise, 11 % d’entre eux souhaitant réduire leur contingent. Autre caractéristique régionale notable, l’emploi cadre dans le secteur industriel – qui représente en région 5 % de l’emploi industriel national, soit une proportion supérieure à la moyenne – « démontre de belles capacités de résistance ». Ainsi, selon les prévisions de l’Apec, 12 % des employeurs industriels régionaux auraient fait part d’intention d’embaucher des cadres, 10 % souhaitant au contraire réduire leurs effectifs. Sur le plan national, ces intentions s’élèvent respectivement à 8 et 13 %.
C’est le secteur des services qui devrait se tailler la part du lion en 2010, avec 52 % des embauches contre 48 % en 2009, suivi de l’industrie (24 % contre 33 %), le commerce (17 % contre 9%) et la construction (7% contre 10 %) qui poursuit sa chute.
Sans surprise, c’est la fonction commerciale qui devrait être la plus recherchée par les employeurs avec 22 % du nombre total des embauches prévues en 2010 (contre 17 % en 2009), devant les études et la R&D (21 % contre 14 %), l’informatique (17 % contre 13%) et la finance-comptabilité (12 % contre 8%). « La R&D progresse, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, grâce à la présence en région Centre de filières et de centres d’excellence cotés » commente Anthony Fumard. Lueur d’espoir, en dépit de perspectives nationales plutôt défavorables, les jeunes diplômés pourraient tirer leur épingle du jeu cette année en région Centre : 22 % des embauches de cadres (contre 18 % en 2009) devraient en effet concerner ce segment. Rappelons que, sur le plan national, 21 000 offres d’emplois réservées à de jeunes diplômés ont été proposées en 2009… pour 120 000 de cette catégorie entrant la même année sur le marché du travail.










