Les emplois à faible qualification tirent les projets d’embauche

Pour 2010, Pôle Emploi a recensé 56 000 projets de recrutement auprès d’un panel représentant environ un sixième des entreprises régionales. Seul enseignement véritable de cette enquête : les emplois proposés sont, le plus souvent, faiblement qualifiés.

21-07-10 - En dépit des efforts désespérés de l’Etat et des collectivités pour favoriser l’éclosion et le développement d’entreprises innovantes, la région Centre n’est pas encore la Silicon Valley. Loin s’en faut… La traditionnelle enquête de Pôle Emploi sur les besoins de main-d’œuvre (BMO) des entreprises régionales est, à cet égard, très révélatrice de la situation du marché du travail. Sur les quelque 56 000 projets de recrutement émanant des 16 000 établissements ayant répondu à l’enquête – soit le quart de l’échantillon sélectionné et un peu plus de 16 % des établissements de la région Centre  – la très grande majorité concerne des postes à faible qualification : employés du secteur agricole (8 500 postes à pourvoir), serveurs et employés de CHR (3 000), employés de maison et aides à domicile (2 500), agents d’entretien (2 000), ouvriers non qualifiés (2 000), aides-soignants (1 500)… Pour certains d’entre eux, notamment ceux relevant des aides à la personne ou des serveurs de cafés-restaurants, l’offre est surabondante au point que les projets de recrutement sont considérés comme « difficiles ».
Globalement, l’agriculture – qui n’était pas prise en compte les années précédentes – et les industries agroalimentaires sont les plus demandeuses de main-d’œuvre (22 % des établissements ont des projets de recrutement) : mais la plupart des emplois, notamment ceux liés à l’arboriculture, à la cueillette et à la viticulture, sont saisonniers (84 % pour le secteur agricole).
La galaxie très polymorphe des services reste pourvoyeuse (56 % des projets d’embauche, soit 31 400 sur près de 56 000), contrairement à la construction (3 500 projets d’embauche), nettement en berne par rapport au milieu de la décennie.
Quant à l’industrie manufacturière, elle reste très timide en matière d’embauches (2 800 postes projetés) ; quoique restant un secteur en pointe dans le concert régional, l’industrie pharmaceutique ne propose que 244 postes à pourvoir. Insuffisant pour redresser une tendance à la désindustrialisation qui se confirme.
Sur le plan géographique, les bassins d’emploi de Tours et d’Orléans tirent le marché : 10 500 pour le premier et 10 000 pour le second. C’est en Indre-et-Loire (sauf le Sud Touraine), dans le Blaisois, l’Orléanais, le Giennois et la région de Chartres que la proportion d’établissements ayant l’intention de recruter est la plus forte. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que ces territoires concentrent le plus grand nombre d’entreprises dynamiques.
Il est difficile, voire impossible, d’établir un comparatif avec les études BMO des années précédentes, Pôle Emploi ayant élargi le panel d’établissements sondés, notamment à ceux n’employant à ce jour aucun salarié, ainsi qu’à ceux du secteur agricole et à une partie de la fonction publique. Tout juste peut-on noter un fort accroissement des projets de recrutement en 2010 (55 933 pour être précis) par rapport à 2009 (27 136) et même à 2008 (38 868). Serait-ce le signe d’une reprise sur le marché de l’emploi et donc de l’activité économique ?
Oséo, qui a rendu publics les résultats de sa 51e enquête semestrielle de conjoncture au début du mois de juillet, semble le penser. Si 36 % des entreprises (de 1 à 500 salariés) anticipent un CA 2010 en hausse par rapport à 2009, elles basculent carrément dans l’enthousiasme en 2011, puisque 45 % d’entre elles s’attendent à un développement de leur activité, 9 % – seulement – ayant le sentiment inverse.
Le ciel semble s’éclaircir en 2011, mais 2010 reste incertain. Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee Centre relève une reprise significative dans les services mais un ralentissement dans l’industrie et une morosité persistante dans la construction. Et l’emploi salarié baisserait faiblement, avec un taux de chômage toujours collé à 8,8 %.

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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