Venant après les statistiques encourageantes du marché de l’emploi, les dernières notes conjoncturelles de l’Insee et de la Banque de France confirment la réalité de la reprise
économique. Au plan industriel, la demande étrangère est en passe de relayer une demande interne plus atone. Les études se suivent et se ressemblent. Après l’embellie du marché de l’emploi, observée tant par l’ANPE que par l’Assédic ou l’Apec, c’est au tour de l’Insee et de la Banque de France de souligner, en ce mois d’avril, la réalité d’une reprise qui se généralise à tous les secteurs de l’activité économique. La région Centre s’est mise au diapason. La production industrielle, loin d’être en déclin, “a globalement continué à s’accroître à un rythme assez proche de celui du mois précédent”, note la Direction régionale de la Banque de France qui observe que “le taux d’utilisation des capacités de production dépasse assez nettement celui atteint en mars 2006”. Au risque d’engager la polémique avec les néo-protectionnistes, l’Insee évoque “un redressement de la demande étrangère en 2007”, tandis que la Banque de France souligne que les commandes nouvelles proviennent “des marchés étrangers et de la grande exportation”. La région Centre, principalement grâce à la pharmacie et la cosmétique, renforce son excédent commercial (+ 9,4 %), au-delà des 2 Mds€, alors que le déficit commercial national s’est creusé de 13,7 % en 2006. L’Allemagne repasse devant la Belgique comme première cliente des entreprises régionales (source Direction régionale des Douanes). La construction reste le principal moteur de l’économie. Sur la foi de données plus récentes que celles de l’Insee, la Banque de France affirme que l’activité du BTP a continué sa progression au 1er trimestre 2007, après une année 2006 où les mises en chantier de logements avaient connu un très léger tassement (- 0,8 % par rapport à 2005, selon l’Insee). Mais l’augmentation de 8 % des autorisations de logements sur la même année 2006 se traduit par une nouvelle progression des mises en chantier en ce début 2007. La légère hausse des taux des prêts à l’habitat et le niveau élevé des prix du foncier bâti n’ont pas freiné le rythme d’acquisition de logements individuels, pas plus que la hausse des devis, “les entreprises essayant de répercuter, même partiellement, l’alourdissement du coût des approvisionnements dans leurs tarifs (BdF)”. Les deux organismes diffèrent toutefois sur les perspectives du second oeuvre. L’Insee relaie l’inquiétude des professionnels qui, à court terme, “prévoient une détérioration de l’activité”, tandis que la Banque de France discerne, au contraire, des carnets de commandes “très bien pourvus, plus encore que dans le gros oeuvre, garantissant 5 à 6 mois d’activité”. Dans les services, “l’activité a progressé en mars encore plus vivement qu’en février et la croissance accélère le pas” se réjouit la Banque de France. Plus nuancés, les chefs d’entreprise interrogés en janvier par l’Insee déploraient “une perte de dynamisme”, infirmant la reprise amorcée en 2006. La fréquentation des hôtels et des restaurants est en hausse, les transports routiers et la logistique sont en progression, comme la location et la réparation automobiles. Conformément aux attentes, l’ingénierie technique et informatique est au plus haut et les trésoreries des entreprises sont bien garnies. Sur les trois premiers mois de l’année, le travail temporaire dépasse les niveaux atteints en 2006 grâce au BTP mais aussi, dans une moindre mesure, tempère toutefois le rapporteur de la Banque de France, à l’industrie. En dépit des controverses sur le niveau exact du chômage, l’emploi progresse. Au cours de l’année 2006, “le nombre de demandeurs recherchant un emploi en CDI à temps plein a reculé de 10,2 % au niveau régional” indique l’Insee. Forte de ce résultat, la région Centre se hisse au 4e rang des régions françaises ayant le plus faible taux de chômage. Un optimisme corroboré par l’enquête sur les besoins de main-d’oeuvre réalisée par l’Assédic de la région Centre avec le concours du Credoc, qui fait apparaître un besoin de recrutement de près de 36 000 personnes, supérieur de 3,7 % à celui de l’an passé.









