La FFB pousse l’UPA hors de la chambre de métiers régionale

En région Centre, la FFB et son alliée la CGPME ont remporté la lutte fratricide qui les opposait à l’UPA et à sa branche bâtiment, la Capeb.
Les premières tiennent désormais quatre des six chambres de métiers et de l’artisanat de la région, contre deux à leur adversaire, et vont installer, à la mi-novembre, un des leurs dans le fauteuil régional.

27-10-10 - Depuis que la Fédération française du bâtiment (FFB) a décidé de conquérir les chambres de métiers et de l’artisanat, « de gros moyens ont été mis pour former les troupes et préparer le terrain », nous confie un observateur averti du monde consulaire. Rien d’étonnant à ce que cette organisation bien structurée, efficacement soutenue par la CGPME, ait réussi à marquer des points face à l’Union professionnelle artisanale (UPA) et sa branche Capeb, le syndicat des petites entreprises du bâtiment.
De deux présidences de chambres départementales à la dernière mandature, la FFB passe à quatre et l’UPA fait donc le chemin inverse. Et le 15 novembre, à Orléans, les 84 membres de la toute nouvelle chambre régionale de métiers et de l’artisanat du Centre désigneront un candidat issu du rang des vainqueurs. Pour notre observateur, il est probable que celui-ci sera Gérard Morin, président réélu dans le Loiret avec… 92 % des suffrages exprimés ! En l’absence, il est vrai, d’une liste de l’UPA.
Comme chez les cousins des CCI, la réforme des réseaux consulaires du 23 juillet dernier a donné une importance accrue à l’échelon régional. C’est lui qui percevra l’impôt, en l’occurrence la taxe additionnelle à la cotisation foncière des entreprises, et les subventions de l’Etat avant de les redistribuer aux chambres départementales. Forcément, les deux encore tenues par l’UPA – l’Indre-et-Loire et le Cher – craignent un lobbying fort des présidents portés par les listes « Artisans de notre avenir » (AdNA), présentées par la FFB et la CGPME.
Il faut dire que la campagne a parfois été chaude. En Eure-et-Loir, le candidat de l’UPA stigmatisait avant le scrutin « un climat de manipulations et de dénonciation », affirmant que Michel Cibois, le président en place – et réélu –, « utilisait la chambre de métiers à des fins personnelles ». Des supputations aussitôt démenties par l’intéressé.
En Indre-et-Loire, le duel n’a pas atteint cette intensité, mais les échanges ont parfois été vifs entre l’UPA et la FFB, la dernière étant accusée par la première d’être « manipulée » par le grand patronat et le Medef. C’est dans ce contexte chahuté que son président Jean-Vincent Boussiquet a choisi de transmettre le flambeau à l’un de ses poulains, Gérard Bobier, membre comme lui de l’UPA. Mais si la liste conduite par le maçon et paysagiste de Ballan-Miré a réuni un peu plus de 62 % des voix, reléguant assez loin le candidat de la FFB Stéphane Pouëssel, le scrutin n’a pas soulevé les passions. Moins de 25 % de taux de participation, contre 37 % il y a cinq ans. Un phénomène d’ailleurs commun à tous les départements.
D’aucuns assurent que Jean-Vincent Boussiquet, également président sortant de la CMA régionale et premier vice-président de l’assemblée permanente des CMA (le niveau national, NDLR), aurait bien voulu poursuivre l’aventure entamée en 1997, son âge – 62 ans – ne lui interdisant pas de briguer un nouveau mandat. Mais sa présence sur la liste conduite par Hervé Novelli aux dernières élections régionales a certainement obligé le charpentier de Chinon à prendre du recul. Beaucoup d’artisans, et surtout leurs représentants consulaires, n’ont toujours pas digéré le statut d’auto-entrepreneur inventé par l’actuel secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Artisanat et aux PME. D’ailleurs, Gérard Morin, dans le Loiret, n’a pas manqué de dénoncer « cette concurrence déloyale aux artisans et commerçants » durant sa campagne. Idem dans le Loir-et-Cher, où la liste AdNA de l’imprimeur Pierre Maino, arrivée de justesse en tête (70 voix d’avance), comme celle UPA de François Pigeon, ont toutes fait campagne sur le rejet de l’auto-entrepreneur.
L’épisode électoral terminé, la vie consulaire reprend ses droits. D’abord, il conviendra d’adapter les chambres à la nouvelle donne, en conformité avec la volonté exprimée au mois de juillet par le législateur. Mais surtout, il faudra effacer les effets de la crise. Dans plusieurs départements, le répertoire des métiers tenu par les CMA a souffert de la conjoncture : moins d’inscriptions – plusieurs créateurs préférant la souplesse de l’auto-entreprise – et plus de radiations. Le développement commercial de ces petites structures, dirigées par des hommes et des femmes compétents mais souvent perdus face à des technologies qui bougent, est aussi une urgence. Il est donc indispensable d’enterrer très vite la hache de guerre entre organisations patronales et se remettre au travail. « Tous ensemble », comme on l’entend beaucoup en ce moment dans la rue.

 

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