Selon la note de conjoncture des finances locales régionales publiée par Dexia, un des trois principaux « banquiers » des collectivités locales, la région Centre s’inscrit dans une moyenne nationale basse.
Plutôt moins riche que la moyenne des autres, elle est aussi – globalement – moins dépensière.
16-12-10 - On savait les finances des collectivités territoriales tendues : Dexia (ex-Crédit Local de France) confirme ce sentiment, largement exprimé par les élus, tous bords confondus: à tue-tête à gauche, mezzo voce à droite. Le principal banquier des collectivités – statut qu’il partage avec deux banques mutualistes, la Caisse d’Epargne et le Crédit Agricole – s’interroge sur les marges de manœuvre futures des élus alors que les réformes structurelles abondent : suppression de la taxe professionnelle, réforme de la carte territoriale suivie, bientôt, de celle de la dépendance.
Présentant la note de conjoncture des finances locales publiée par Dexia, Matthieu Menez, le nouveau responsable de l’établissement pour la région Centre, observe toutefois que cette dernière n’est pas en plus mauvaise posture que ses voisines. Un effort méritoire de maîtrise des dépenses, obtenu alors que les recettes des différents niveaux de collectivités (Région, Départements, « bloc» communal) sont plutôt plus faibles que la moyenne des régions françaises : un écart d’ailleurs normal, dans la mesure où le PIB régional par habitant est inférieur de près de 15 % à la moyenne nationale.
Si d’aucuns s’inquiètent de l’envol de la pression fiscale du Conseil régional, qu’ils soient rassurés. Entre 2003 et 2009, la région Centre n’a augmenté ses quatre taxes « que » de 3,2 % chaque année en moyenne: c’est peu par rapport aux 5,3 % observés sur le plan national. Cette modération fiscale – certes toute relative – est d’ailleurs partagée par les Départements (+ 2,6 % en moyenne annuelle, contre + 3,2% pour l’ensemble du territoire). Idem pour le « bloc communal » (communes et regroupements de communes), où l’écart est cependant plus faible (+ 0,6 % par an en région Centre, contre 1,1 % pour la moyenne des régions françaises).
Les dépenses sont, quant à elles, en évolution beaucoup plus nette depuis 2003 : + 5,7 % en moyenne annuelle pour la région Centre, toutes collectivités confondues, ce qui la place à peine au-dessous de la moyenne des autres régions (+ 6,1 %). L’explosion de l’aide sociale, pratiquement intégralement supportée par les Départements, porte une bonne part de cette responsabilité : de 15 % des dépenses en 2003, elle est passée à 18 % en 2009. Dans ce domaine, les départements ne sont pas logés à la même enseigne : dans l’Indre et le Loir-et-Cher, ce sont les dépenses en faveur des personnes âgées qui l’emportent, tandis que dans le Loiret et le Cher, ce sont celles relatives au RMI/RSA. A noter la part très importante prise par l’enfance (30 %) dans les dépenses d’action sociale en Eure-et-Loir.
Les frais de personnel ont également explosé : un tiers de plus en six ans. Le transfert de pans entiers de la fonction publique nationale a, bien entendu, largement contribué à cette envolée. Mais globalement, le taux d’administration (nombre d’emplois de la fonction publique territoriale pour 1 000 habitants) est plutôt au-dessous de la moyenne nationale.
Le niveau des investissements est, également, dans la moyenne basse des régions françaises. La part qu’y prend la collectivité régionale y est aussi plus faible qu’ailleurs mais cet écart semble lié en bonne partie à la politique des contrats de pays, la Région Centre reversant à ces ECPI des subventions qu’ils investissent ensuite pour leur propre compte. Dexia observe un tassement net des investissements depuis 2007, dès l’amorce de la crise financière et en dépit de la manne apportée par le plan de relance. Ce n’est pas une des moindres faiblesses d’une région pénalisée par sa faible densité démographique et par le poids grandissant des inactifs.











