Les usines Sofedit de Sermaises-du-Loiret (45) et du Theil-sur-Huisne (61) pourraient être rachetées par l’espagnol Gestamp.
Celui-ci profite de la fin de non-recevoir que la direction a opposée aux démonstrations d’intérêt du sidérurgiste chinois Shougang Steel. Pour autant, de lourdes menaces pèsent sur l’avenir du site de Sermaises : celui-ci emploie aujourd’hui plus de 300 salariés.
28-2-11 - La division Metal Forming de l’allemand Thyssen Krupp, qui compte dans son périmètre les usines de découpage-emboutissage de Sofedit au Theil-sur-Huisne (61) et à Sermaises-du-Loiret (45), va-t-elle passer sous pavillon espagnol ? Annoncé en avant-première sur notre site www.lettrevalloire.com, le rachat par l’équipementier automobile ibérique Gestamp Automocion (environ 2 Md€ de CA, 13 200 salariés) semblait acquis il y a encore quelques jours. Toutefois, nous indique une source syndicale proche de ce dossier, des revendications de dernière minute formulées par les représentants du puissant syndicat allemand IG Metall auraient incité les dirigeants de Gestamp à surseoir à la signature de la lettre d’intention. « Il n’est pas encore question de retrait mais les discussions sont très tendues », jugeait ainsi un syndicaliste qui ne cachait pas son inquiétude devant la tournure prise par les événements.
Les enjeux sont de première importance : les usines Sofedit, si l’on ajoute les sites de Gouzancourt (59) et de St-Romain-de-Colbosc (76), emploient plus de 1 500 salariés, dont un bon millier dans l’Orne et un peu plus de 300 dans le Loiret.
Suite à la décision prise par le groupe Thyssen Krupp d’écarter le groupe chinois Shougang Steel qui avait adressé des signaux d’intérêt appuyés cet automne – voir notre édition du 27 octobre 2010 –, il ne resterait plus de solution de rechange en cas de renonciation définitive de Gestamp. Le troisième groupe sidérurgiste chinois, qui avait déjà engagé des discussions avec les dirigeants allemands, a en effet été contraint de battre en retraite devant l’opposition des responsables politiques européens et des donneurs d’ordre – les principaux constructeurs automobiles européens – de Metal Forming, ces derniers ne voyant pas d’un bon œil le transfert de certaines technologies jugées sensibles à des opérateurs chinois. Les réticences des clients du groupe avaient d’ailleurs conduit le comité central d’entreprise à user de son droit d’alerte.
Pour autant, pas question pour les salariés de Sofedit de crier victoire : l’éventuel rachat de Gestamp risque d’être socialement cruel. L’usine de Sermaises-du-Loiret, qui avait réussi à survivre à la précédente restructuration marquée par la fermeture des usines d’Amilly près de Montargis (45) et de Vendôme (41), se trouverait sur le fil du rasoir. Selon nos informations, elle continuerait à perdre près de 1 M€ par mois alors que la plupart des autres sites européens de Sofedit auraient recouvré l’équilibre. De plus, l’usine n’aurait pas été retenue par Peugeot dans le cadre de sa plate-forme commune à trois véhicules BVH2’. Cette défection – Sermaises-du-Loiret était en charge de l’ancienne version de cette plate-forme – pourrait plomber l’activité d’au moins 30 % d’ici à la fin 2012.
Enfin, certains observateurs syndicaux observent que Gestamp exploite une usine – Gestamp Noury – à Gretz-Armainvilliers (77), une commune située à une centaine de kilomètres de l’usine Sofedit du nord Loiret. D’ores et déjà, plus d’une trentaine de départs auraient été négociés par la nouvelle direction depuis six mois, ce qui a permis de ramener les effectifs à environ 300 postes. La plate-forme industrielle havraise de St-Romain serait aussi menacée suite à des transferts de fabrication vers l’usine voisine de Renault à Sandouville, ajoutent les représentants syndicaux. Enfin, des suppressions de postes faisant doublon sur le site du Theil-sur-Huisne seraient malheureusement d’actualité.











