Grands chantiers tous azimuts à Orléans

La capitale régionale est engagée dans une série de grands chantiers qui vont complètement bouleverser son urbanisme d’ici à 2015. Une deuxième ligne de tramway, deux nouveaux hôpitaux, 6 000 logements, plus de 100 000 m2 de locaux professionnels et l’une des plus grandes salles de sport de France vont progressivement voir le jour.

14-04-10 - Le deuxième mandat de la municipalité orléanaise de Serge Grouard sera celui des grands travaux. Seconde ligne de tramway, nouveaux hôpitaux à la Source et à Saran, poursuite de l’aménagement de nouvelles zones d’ha-bitation et d’activité (Groues, ZAC Coligny, Sonis, Fontaine, Allées de la Source, quartiers Gare et Halles-Charpenterie) et, dernier projet en date, celui d’une salle de sport de 10 000 places le long de la Loire : au total, plusieurs centaines de millions d’euros seront engagés dans un impressionnant remodelage de l’urbanisme de la capitale régionale et ses abords immédiats. Serge Grouard l’avait déclaré l’an passé en dressant le panorama de ses projets de développement : « Il n’y a pas une ville qui sorte autant d’opérations ». Il prévoyait d’ailleurs « qu’elles ne sortiraient pas toutes » avant la fin de son mandat, en mars 2014.
L’une des plus difficiles à mener sera peut-être celle de l’Île-Arrault, où la municipalité veut implanter un complexe Arena destiné à accueillir des sports en salle. Serge Grouard, entouré de plusieurs de ses adjoints, a présenté le 25 mars, devant près de 400 personnes, un projet de construction d’une salle de 10 000 places en bord de Loire, sur l’emprise aujourd’hui occupée par l’hippodrome. L’enveloppe prévue avoisine les 100 M€, dont 20 M€ qui pourraient être apportés par l’Etat dans le cadre du projet « Arenas 2015 » qui vise à doter la France de sept grandes salles de sport, capables d’accueillir des compétitions internationales.
Le maire UMP va devoir affronter une opposition de riverains décidés à batailler pour « garder la Loire sauvage », comme le martèle Maurice Elain, le président de l’association de défense de l’Île-Arrault. Une version ligérienne du fameux syndrome « Nimby » («not in my back yard» ou, comme disent plus volontiers les Français, « pas dans mon jardin »). L’opposition municipale, plus mesurée, voudrait obtenir plus d’informations sur la douzaine de projets d’implantation alternatifs étudiés par les services de la mairie avant de se prononcer pour ou contre cet équipement sportif.
Pour le tramway, dossier conduit par l’AgglO, les travaux sont bien entamés et l’ouverture est programmée pour le mois de juin 2012. Soit environ huit mois de retard par rapport à la date initialement prévue (octobre 2011) et un surcoût qui devrait faire grimper la facture aux alentours de 325 M€, peut-être plus avec les inévitables dépassements.
La facture augmente aussi pour le futur hôpital de la Source, dont le chantier a démarré au mois de novembre : on est aujourd’hui à 678 M€ pour la reconstruction complète du CHRO, qui comptera 1 300 lits et 205 000 m2 développés. La bonne nouvelle est arrivée le 8 avril : l’Etat vient d’accorder un prêt bonifié qui « générera une économie importante pouvant aller jusqu’à 50 M€ », assure Serge Grouard. La fin de ce gigantesque chantier est prévue pour 2014 ou 2015, quelques mois après celle de l’hôpital privé du nord de l’agglomération, sur la commune limitrophe de Saran. Le groupe Saint-Gatien, qui possède aussi deux cliniques à Tours et une à Melun, va conduire le regroupement de ses deux établissements orléanais, la polyclinique des Longues-Allées à St-Jean-de-Braye et la clinique de la Reine-Blanche à Orléans, pour un projet de 500 lits et de 110 M€, aidé à hauteur de 32 M€ par l’Etat. Début des travaux cet automne pour livraison en mars 2013.

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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