Ikea va-t-il casser la baraque tourangelle ?

Le magasin Ikea de Tours ouvre ses portes le 22 octobre. Les dirigeants attendent près de 1,2 million de visiteurs- clients. Cette implantation devrait accroître l’attractivité de l’appareil commercial et rebattre les cartes du marché local de l’ameublement. Des points d’interrogation subsistent quant à l’impact de cette ouverture sur la circulation automobile tourangelle.

Le magasin Ikea de Tours, 24e site français – et 254e magasin mondial – ouvrira ses portes le 22 octobre – après moult vicissitudes – sur le Parc des expositions de Rochepinard où il déploiera 17 000m2 de surface commerciale. “Ce gabarit le classe dans la moyenne supérieure, nous indique Danielle Seguin, directrice générale d’Ikea France, juste derrière Rouen et ses 19 000 m2 – dont l’ouverture est prévue pour novembre 2008 – et devant Nantes (14 000 m2).” Le mastodonte suédois, qui a investi 50M€ dans le foncier, l’immobilier et les aménagements, entend bien, conformément à ses habitudes, “devenir un acteur majeur sur la zone de chalandise”… quitte à bousculer ses concurrents.
Sur les dix premiers mois d’activité, le magasin tourangeau devrait ainsi réaliser un CA de 52 M€, une prévision maintenue “en dépit d’un contexte économique peu favorable” reconnaît Danielle Seguin. Qui se rassure en notant que ces difficultés n’ont pas empêché l’enseigne “de progresser en 2007 de 13 % en France sur un marché de l’ameublement qui n’a globalement augmenté que de 1,8 %”. Le concept Ikea, “fondé sur des prix bas garantis toute l’année”, est une redoutable machine de guerre qui devrait – avec environ 15 % de part de marché – permettre au groupe de revendiquer prochainement la première place nationale.

Locomotive ou trublion ?

En sera-t-il de même à l’échelon local ? “Nous n’avons pas l’intention de déstabiliser l’offre tourangelle, c’est même tout le contraire” annonce la directrice générale qui minimise l’impact de l’ouverture sur les équilibres commerciaux. “Nous améliorons l’attractivité des agglomérations partout où nous nous installons, au profit de tous les commerçants du centre-ville et de la périphérie, nos concurrents y compris. Certains d’entre eux ont déjà préparé cette échéance en rénovant leurs points de vente”.
Ikea Tours, qui prévoit d’accueillir 1,2 million de visiteurs par an, vise large. “La portée de notre zone de chalandise, c’est entre une heure et une heure et quart de déplacement automobile” avance Christine Morin, la directrice du magasin tourangeau, qui souhaite ardemment attirer la clientèle de Saumur, Angers, Châtellerault, Poitiers, Blois et du Mans. “Notre cible est composée de 487 000 ménages” poursuit Christine Morin qui affirme que toutes les ressources commerciales et promotionnelles du groupe ont été mises au service de cette ouverture, notamment l’envoi du catalogue à 496 000 exemplaires dans les boîtes à lettres.
Conformément à ses engagements, Ikea Tours emploiera 240 collaborateurs, dont 210 ont été embauchés localement : “87 % des contrats sont des CDI” nous indique la direction des ressources humaines, qui se félicite “d’avoir engagé 29 chômeurs de longue durée et 5 bénéficiaires du RMI”.
On en oublierait presque les craintes d’engorgement du quartier. Le lieu d’implantation choisi, entre l’autoroute A 10, le Cher et la très fréquentée D140, à proximité de la zone commerciale des Atlantes – et son hypermarché Carrefour –, du Parc des expositions et du stade du Tours FC, suscite beaucoup de réserves chez les automobilistes. Gare au collapsus !
“La situation est sous contrôle, y compris pour les quatre premiers jours de l’ouverture où nous attendons entre 65 000 et 68 000 visiteurs (18 000 à 20 000 visiteurs le premier jour)” jure Christine Morin. “Le parking (1 400 places) est d’une capacité supérieure à la moyenne de nos magasins (900 places). La direction du Parc des expositions a mis aussi à notre disposition une partie de son parking. Nous aurons l’appui de la police nationale et des équipes de Cofiroute pour gérer d’éventuels effets de file sur l’A 10 à proximité des sorties”. Lorsque l’exploitation atteindra son rythme de croisière, la fréquentation devrait descendre à environ 9 à 10 000 visiteurs/jour (soit plus ou moins 6 000 véhicules). Le dimensionnement des infrastructures de desserte – un seul rond-point, un by-pass reliant les Atlantes à Ikea et une voirie nouvelle flanquant le magasin côté est – sera-t-il suffisant pour drainer ces nouveaux flux ? Les Tourangeaux auront la réponse dans les prochaines semaines.

 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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