Imbroglio commercial à Vierzon

Le projet de complexe commercial vierzonnais du promoteur Reidem n’a pas été épargné par les conclusions de l’enquête publique qui vient de se terminer. 
 Dans le même temps, un second projet emmené par une filiale de la Financière Duval vient d’ajouter à la confusion. Qui sortira vainqueur de ce bras de fer à l’issue très incertaine ?

Décidément, les projets de développement commercial ne sont pas en odeur de sainteté en région Centre. A Romorantin, les boucliers se sont levés contre le projet d’installation d’un Village des Marques (cf. LV 460). A Vierzon, où les questions d’emploi sont au moins aussi critiques que dans la région de Romorantin, les investisseurs doivent également affronter la vindicte plus ou moins inspirée de leurs adversaires. Comme il fallait s’y attendre, les résultats de l’enquête publique portant sur le projet de complexe commercial “l’Orée de Sologne”, situé en face de l’hypermarché Carrefour et emmené par le promoteur de locaux d’activités Reidem (18 699 m2 de moyennes surfaces spécialisées prévues dans le cadre de modules d’au moins 300 m2), se sont révélés défavorables. Le rapport du commissaire-enquêteur a tout d’abord pointé de “multiples insuffisances” dans le domaine des accès, dans la prise en compte de l’impact sur les flux de circulation existants (le site devrait générer environ 2 500 véhicules/ jour). Par ailleurs, le volet économique de l’enquête publique, essentiellement nourri des commentaires de la CCI, n’a pas manqué de stigmatiser un projet “surdimensionné”, risquant de compromettre le dynamisme du centre-ville vierzonnais. A l’inverse, des commerçants et des opérateurs locaux de la grande distribution – certains d’entre eux quémandant d’ailleurs un agrandissement de leur point de vente – ont jugé ce projet timoré et émis des réserves sur la capacité de Reidem à signer effectivement avec les enseignes pressenties. Sans craindre apparemment de contredire l’étude précitée. En dépit de ces vents tourbillonnants, le projet Reidem conserve le soutien officiel du maire de Vierzon, Jean Rousseau, qui nous rappelle que le projet “est en passe d’obtenir le permis de construire… mais qu’il doit aussi passer sous les fourches caudines de la CDEC”. Jean Rousseau, qui s’est engagé en faveur du projet Reidem, juge en revanche – sans le condamner ! – plus improbable le projet de création d’un complexe commercial qui vient d’être annoncé par CFA Centre, une filiale de la Financière Duval. Ajoutant à la confusion ambiante, le promoteur a signé une promesse d’achat de l’usine vierzonnaise (16 000 m2 de locaux couverts) de La Française de Manutention (LFM), un fabricant de bobinage pour alternateurs qui souhaite quitter ses locaux vétustes et inadaptés pour rejoindre l’ex-bâtiment de la société de mécanique Sipem. Pour certains observateurs locaux, l’annonce de CFA Centre s’apparenterait à un “ballon d’essai” destiné à perturber le bon déroulement du projet de l’Orée de Sologne. Pour d’autres, tout au contraire, la démarche est sincère et comporte un enjeu industriel et social de première importance : le risque de fermeture de cette usine de 80 salariés, filiale de Leroy- Somer, est réel, compte tenu des charges d’exploitation que doit supporter la maison mère. Enfin, les promoteurs de CFA Centre pourraient, diton, proposer des prix de commercialisation plus attractifs que ceux de Reidem – jugés parfois “rédhibitoires” – et, du coup, susciter “une saine émulation entre ces deux projets” avancent certains proches de Jean Rousseau sous le couvert de l’anonymat. D’ailleurs, certaines enseignes retarderaient déjà le moment de signer avec le promoteur de l’Orée de Sologne… dans l’attente de savoir qui sortira gagnant de cette partie de poker menteur.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir



Panne

Difficile de se montrer optimiste à quelques semaines d’une rentrée qui s’annonce difficile. Comme le suggère notre Une, la croissance française est définitivement en panne, et tranche ainsi avec l’humeur de la plupart des grands pays industriels qui, eux, ont retrouvé de l’allant. Comment pourrait-il en être autrement ? Le durcissement de l’environnement fiscal, l’impact catastrophique de la loi Alur sur l’immobilier et la construction, l’illisible pacte de responsabilité honni par une partie de la majorité, corsètent l’économie française. Pour retrouver une trajectoire de croissance, il n’y a pas d’autre choix que de tourner le dos aux dogmes rancis de l’exception française, synonyme d’appauvrissement généralisé. Et de s’engager franchement dans une politique fondée sur la libéralisation de l’offre. Fortibus est fortuna viris data.
Retrouvez le contenu complet
de la Lettre Valloire
REGION CENTRE
BERRY
EURE-ET-LOIR
INDRE-ET-LOIRE
LOIR-ET-CHER
LOIRET