Au cours d’une année 2009 de crise sévère, l’agence de développement économique du Loiret aura tout de même réussi à implanter ICT et 150 emplois à Montargis.
Un tableau qu’est venue un peu entacher l’annonce du départ de Treca vers le Loir-et-Cher.
30-06-10 - Dans le Loiret, comme ailleurs, on a connu de meilleures années que 2009. Lors de l’assemblée générale de l’Adel (agence de développement économique du Loiret), qui s’est déroulée le 24 juin sous un soleil retrouvé au château de Sully-sur-Loire, le président Claude Dalliet a même parlé d’annus horribilis, comparant la tenue de l’économie française durant les trois dernières crises majeures : l’an passé, le PIB a reculé de 2,6 %, alors qu’en 1975, après le premier choc pétrolier, il n’avait chu que de 1 % et de 0,9 % en 1993, après l’onde de choc de la première guerre du Golfe.
Et comme si les 2 700 emplois industriels détruits en 2009 dans le Loiret ne suffisaient pas, il a fallu que le Loir-et-Cher vienne souffler à son voisin les 170 emplois de Treca. Annoncé il y a une dizaine de jours par Maurice Leroy, le saut de puce du fabricant de matelas – 12 km séparent Mer de Beaugency ! – a alimenté les conversations.
Du côté de l’Adel et de la mairie de Beaugency, on fustige l’attitude du département voisin, qui aurait fait son coup en douce et assorti sa proposition de conditions financières particulièrement avantageuses. « Pas du tout, ré-torque Claude Beaufils, vice-président du Conseil gé-néral de Loir-et-Cher. C’est l’entreprise qui est venue nous voir ; nous ne l’avons pas démarchée. Et elle louera le bâtiment de 10 000 m2 qui va être construit sur la ZA des Portes de Chambord, à Mer, à des conditions qui sont celles du marché. »
L’ancien patron de Panodia, qui a désormais la haute main sur le développement économique du Loir-et-Cher, s’exprimait, le même jour, de l’assemblée ré-gionale où il siège depuis mars dernier sur les bancs de l’opposition. Il s’est attiré une moue dubitative de la part des membres de la majorité, dont l’une des re-présentantes, conseillère municipale à Beaugency, voit filer contribution économique territoriale et taxe foncière dans le département voisin. De son côté, dix ans après la fermeture de l’usine Epeda et le licenciement de ses 294 salariés, Mer enregistre avec satisfaction l’arrivée d’un autre fabricant de matelas qui promet d’accroître son effectif pour monter progressivement à 240 salariés.
Si elle voit s’envoler Treca, l’Adel aura quand même soutenu 27 projets d’investissement en 2009, pour un potentiel de 350 créations d’emplois. Le dossier le plus marquant est, bien entendu, celui de l’usine de papier sanitaire et domestique ICT, qui a annoncé il y a tout juste un an son projet d’implantation dans le Montargois. L’usine de 40 000 m2, qui a nécessité un investissement de 100 M€, devrait être opérationnelle au début de l’année prochaine.
Les porteurs de ce projet, exemplaire tant sur le plan de l’investissement que sur celui de l’emploi (150 directs à terme et un nombre important d’emplois induits), ont pourtant dû batailler ferme pour respecter le plan de charge. Les menaces de recours se sont succédé, ce qui a une nouvelle fois fait dire à Eric Doligé, président du Conseil général du Loiret, qu’il devient « héroïque d’entreprendre dans ce pays ».
Mais l’invité d’honneur de l’assemblée générale de l’Adel était le représentant d’une industrie qui ne se porte pas si mal que ça, surtout en région Centre. Christian Lajoux, président du Leem (Les Entreprises du Médicament), le groupement professionnel des grands laboratoires pharmaceutiques français, a mis en évidence combien son secteur d’activité était, lui aussi, en mutation. « Demain, on ne soignera plus des maladies, mais des malades », a-t-il résumé d’une formule, expliquant que la tendance est, de plus en plus, à l’individualisation des traitements et que le règne des « blockbusters », ces médicaments qui réali- sent des chiffres d’affaires annuels de plus de 1 Md$, était en partie révolu.
Christian Lajoux, qui préside aux destinées de Sanofi-Aventis pour la France, a d’ailleurs souligné l’engagement de son laboratoire dans cette mutation. Et rappelé que le n°1 français et 6e mondial a investi 28 M€ dans son usine d’Amilly, à côté de Montargis, ces trois dernières années.









