Ipsen cède sa production à Dreux… et Genopharm renforce Blois

Le site de fabrication d’Ipsen à Dreux, qui emploie 360 salariés, devrait être confié à un sous-traitant, le déclin des ventes de certains produits ne permettant pas de maintenir l’exploitation en l’état. Dans le même temps, nous apprenons que le laboratoire Genopharm entend consacrer 15 M€ à la transformation du laboratoire Alkopharm, de Blois, en une unité de fabrication de médicaments à très forte activité.

La filière pharmaceutique régionale s’apprête à connaître deux événements majeurs illustrant la tendance des laboratoires à délaisser la fabrication de produits matures, parfois cruellement exposés à la concurrence des génériques, pour investir dans des produits de niche à plus forte valeur ajoutée.
Ainsi, la middle pharma familiale Ipsen, qui revisite son modèle d’affaires en privilégiant la médecine de spécialités, vient d’annoncer son intention de céder sa plate-forme de production de Dreux (28) à un sous-traitant. Cette unité, spécialisée dans les formes orales et les sachets, emploie environ 360 salariés, l’ensemble du site (près de 3,5 ha de bâti) comptant plus de 600 collaborateurs.
La direction a immédiatement tenu à préciser que cette opération d’exter-nalisation ne concernera que les activités de fabrication et ne s’appliquera pas au centre de R&D (environ une centaine de collaborateurs), « ni aux activités de back-office accueillies sur le site, notamment l’informatique et la gestion de la paie ».
L’usine drouaise, dotée de très importantes capacités en sachets (1,4 milliard par an), en comprimés et gélules (également environ 1,4 milliard d’unités), produit essentiellement le Smecta (anti-diarrhéique), le veinotonique Tanakan et le Forlax, un traitement de la constipation. Ces médicaments sont en butte à une baisse des ventes en France « qui n’est pas toujours compensée par leur progression sur les marchés émergents, les pouvoirs publics des pays export souhaitant fréquemment que nous produisions sur place », indique Jean-Pierre Dubuc, vice-président des produits de médecine générale d’Ipsen.
Afin de donner toutes ses chances à l’usine, il convient « donc de s’adosser à un prestataire qui bénéficiera d’un contrat de sous-traitance et pourra ramener de la charge ». La direction entend d’ailleurs « prendre le temps qu’il faudra » pour finaliser ce projet « où seront privilégiés la qualité industrielle et l’aspect social des offres de reprise ».
Dans le même temps, Ipsen confirme qu’il va investir près de 20 M€ d’ici à la fin 2012 au profit de la plate-forme de R&D drouaise, devenue un pôle d’excellence du groupe ; celle-ci devrait, de surcroît, être renforcée par l’accueil d’activités en provenance de l’unité de recherche de Barcelone (environ une centaine de salariés), dont la fermeture vient d’être annoncée, sans pour autant que ce transfert n’entraîne de création d’emplois.
Hasard du calendrier, nous apprenons ces derniers jours que le laboratoire Genopharm (environ 40 M€ de CA en France), spécialisé dans les médicaments dédiés aux maladies de niche (entre 500 et 3 000 patients par spécialité), pourrait consacrer une enveloppe de 15 M€ à la transformation de l’usine Alkopharm (60 salariés) de Blois (41) en un site de fabrication de produits à forte activité (high potent).
Rappelons que Genopharm et Alkopharm sont contrôlés par le holding Pharminvest d’Alain Bouaziz, un industriel bien connu des milieux d’affaires régionaux. Le projet prévoit que les produits plus classiques et moins innovants fabriqués aujourd’hui à Blois soient transférés au laboratoire Girex-Mazal de Quimper (29). Genopharm a, en effet, déposé un plan de reprise de cette société actuellement en redressement judiciaire au tribunal de commerce : il prévoit de conserver 96 des 170 salariés et d’investir 12,5 M€ sur trois ans. En outre, le repreneur pourrait proposer une dizaine de reclassements à Blois aux salariés quimpérois.
Selon l’un des dirigeants de Genopharm, l’investissement s’effectuera à Blois « même si le tribunal de commerce de Versailles porte son choix sur un autre repreneur ». Faute de pouvoir utiliser les espaces libérés par le transfert d’une partie de la charge, les dirigeants d’Alkopharm ont mis à l’étude le doublement de la surface de l’usine blésoise, de 7 500 m2 actuellement.
 

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L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
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