La Région Centre vient de porter sur les fonts baptismaux un dispositif d’aides publiques conditionnées à la réalisation d’objectifs sociaux et environnementaux.
La Blanchisserie blésoise est l’une des premières entreprises à avoir testé le mécanisme. Il lui permet d’optimiser à moindres frais la gestion de ses effluents. La Blanchisserie blésoise s’est jetée à l’eau ! Elle vient de tester l’aide publique à l’investissement soumise à la réalisation obligatoire d’engagements sociaux et environnementaux, un dispositif inédit mis en place par la Région Centre depuis septembre 2006. “Le principe est simple” explique Jean-Louis Garcia, directeur général adjoint des services régionaux : “Il consiste à contractualiser des engagements quantitatifs et qualitatifs dans le domaine social (titularisation de personnel précaire, mise en oeuvre de plans de formation) et environnemental (diminution de la consommation d’énergie et des rejets d’effluents) en contrepartie d’une aide directe accordée par la collectivité”. Cette démarche “sera désormais systématisée mais s’appliquera dans une logique de sur-mesure. Les contreparties sont négociées au cas par cas avec le chef d’entreprise. Nous n’imposons rien !” poursuit Jean-Louis Garcia. Le projet d’investissement de la Blanchisserie blésoise (100 salariés, 6,5 M€ de CA), positionnée sur les marchés hôteliers et hospitaliers, se prêtait à l’expérience. La société a, en effet, cédé à son voisin Anett les 2 000 m2 de l’unité qu’elle exploitait sur la ZA Gailletrous I, à la Chaussée-St-Victor, pour se lancer dans la construction d’une nouvelle usine de 4 000 m2 sur la ZA Gailletrous II. Le programme s’élève à 6 M€ ; il a bénéficié d’une avance à taux zéro de 300 000 € accordée par le Conseil régional. “En contrepartie, nous nous sommes engagés à passer notre part de salariés intérimaires de 20 à 10 % dans le cadre d’une augmentation de nos effectifs et à optimiser la gestion de nos effluents” explique Rodolphe Boulay, l’un des responsables de l’entreprise. La Blanchisserie blésoise a ainsi minimisé sa consommation d’eau (6 litres par kg de linge contre 8 litres) et s’est dotée d’une unité de pré-traitement des effluents et de capacité de rétention. Cette dernière “permet de lisser le dégagement de nos rejets et d’amoindrir ainsi l’impact de notre exploitation sur la station de traitement des eaux de Blois”. L’enveloppe spécifique consacrée à ce volet environnemental s’élève à 300 000 €, soit exactement le montant de l’aide attribuée. Le programme devrait permettre à l’entreprise d’augmenter les volumes traités de 40 à 53 tonnes/jour.
Plutôt un facteur déclenchant…
Ces contreparties sont “tout à fait supportables et correspondent à ce que nous avions envisagé à l’origine du projet, notamment la titularisation d’une dizaine d’emplois temporaires” reconnaît honnêtement Rodolphe Boulay. La Région a d’ailleurs proposé d’accroître sa contribution au projet moyennant un “durcissement” des engagements sociaux de l’entreprise. Sans succès pour l’heure… “Nous étudions cette proposition, mais nous sommes moins favorables” admet le responsable de la Blanchisserie blésoise. Dans les milieux patronaux, la réaction est très mitigée. Dans l’interview que nous lui avons accordée (cf. pages 8 et 9 de ce numéro), Serge Richard, le président du Medef Centre, dénonce une “intrusion” dans les “choix souverains” de l’entrepreneur. Et si l’aide conditionnelle favorisait l’effet d’aubaine en subventionnant des évolutions déjà programmées par le chef d’entreprise ? “C’est un reproche classique” répond Jean-Louis Garcia, “qui peut d’ailleurs s’appliquer à l’ensemble des aides publiques, qu’elles soient ou non soumises à des contreparties”. Selon lui, les aides conditionnelles “constituent au moins des facteurs de déclenchement”. La seconde blanchisserie industrielle de Blois, une unité du groupe Anett d’une centaine de salariés, a profité du départ de son voisin pour mener son propre programme de développement. L’entreprise, qui a emporté des contrats en région parisienne notamment auprès d’un grand hôtel parisien de prestige, s’est également engagée dans la diminution de sa consommation d’eau de 25 % et teste un procédé de recyclage des effluents. La blanchisserie, qui bénéficie des ressources d’un groupe (18 sites de production), tente par ailleurs de substituer les détergents et les lessives chimiques utilisés par des produits à base d’huiles essentielles végétales bactéricides et verricides. Le tout sans avoir bénéficié d’aides publiques…
Plutôt un facteur déclenchant…
Ces contreparties sont “tout à fait supportables et correspondent à ce que nous avions envisagé à l’origine du projet, notamment la titularisation d’une dizaine d’emplois temporaires” reconnaît honnêtement Rodolphe Boulay. La Région a d’ailleurs proposé d’accroître sa contribution au projet moyennant un “durcissement” des engagements sociaux de l’entreprise. Sans succès pour l’heure… “Nous étudions cette proposition, mais nous sommes moins favorables” admet le responsable de la Blanchisserie blésoise. Dans les milieux patronaux, la réaction est très mitigée. Dans l’interview que nous lui avons accordée (cf. pages 8 et 9 de ce numéro), Serge Richard, le président du Medef Centre, dénonce une “intrusion” dans les “choix souverains” de l’entrepreneur. Et si l’aide conditionnelle favorisait l’effet d’aubaine en subventionnant des évolutions déjà programmées par le chef d’entreprise ? “C’est un reproche classique” répond Jean-Louis Garcia, “qui peut d’ailleurs s’appliquer à l’ensemble des aides publiques, qu’elles soient ou non soumises à des contreparties”. Selon lui, les aides conditionnelles “constituent au moins des facteurs de déclenchement”. La seconde blanchisserie industrielle de Blois, une unité du groupe Anett d’une centaine de salariés, a profité du départ de son voisin pour mener son propre programme de développement. L’entreprise, qui a emporté des contrats en région parisienne notamment auprès d’un grand hôtel parisien de prestige, s’est également engagée dans la diminution de sa consommation d’eau de 25 % et teste un procédé de recyclage des effluents. La blanchisserie, qui bénéficie des ressources d’un groupe (18 sites de production), tente par ailleurs de substituer les détergents et les lessives chimiques utilisés par des produits à base d’huiles essentielles végétales bactéricides et verricides. Le tout sans avoir bénéficié d’aides publiques…









