La Cosmetic Valley confirme sa capacité d’attraction

La contribution du pôle de compétitivité Cosmetic Valley a été déterminante dans la récente décision prise par le groupe Reckitt Benckiser d’investir 20 M€ à Chartres. 
La structure cherche aujourd’hui à accroître sa dimension interrégionale et soutient des programmes de recherche à très forte intensité technologique.

L’investissement de 20 M€ qui vient d’être annoncé par Reckitt Benckiser à Chartres (cf. notre rubrique Affaires) – à l’issue d’une compétition féroce opposant les 60 usines du groupe – en constitue une nouvelle preuve : le pôle de compétitivité Cosmetic Valley a amplifié depuis onze ans sa capacité à “fixer” les programmes de développement sur le territoire régional. “Il ne faut pas se leurrer” affirme ainsi Jean-Luc Ansel, directeur du pôle, “la transformation de l’usine chartraine de Reckitt en une usine de production de cosmétiques n’aurait pas été acceptée par le groupe sans le concours de la Cosmetic Valley”. Le climat local, qui se caractérise par un tissu puissant de sous-traitants et un réseau de réelles capacités de R&D, est renforcé par “l’éligibilité des investissements à des aides publiques qui atteignent ici leur niveau maximum” souligne prosaïquement Jean-Luc Ansel. Ainsi, la part de la contribution des collectivités à l’investissement de Reckitt Benckiser – à laquelle s’ajoute une enveloppe pluriannuelle de 20 M€ attribuée à de la formation – devrait probablement s’élever à 30 %. Une martingale comme celle-ci a déjà produit ses effets, “notamment lorsque Paco Rabanne a finalement décidé de fabriquer le parfum Nina Ricci à Chartres plutôt qu’à Barcelone”. Pour le futur, le dirigeant du pôle ne souhaite qu’une chose : “Continuer sur notre lancée à l’heure où d’autres structures comparables ont plutôt tendance à battre de l’aile !”. Les responsables de la Cosmetic Valley ont ainsi l’intention d’étoffer le nombre de membres, déjà passé de 50 à 130. “Nous avons commencé à nous renforcer dans le domaine de la recherche en accueillant l’université de Versailles St-Quentin (78) et ses ressources dans le domaine de la biologie cellulaire” explique Jean-Luc Ansel. L’initiative a bien fait grincer quelques dents, notamment celles de chercheurs orléanais. Pourtant, une “stratégie d’ouverture comme celle que nous menons est inévitable” poursuit Jean-Luc Ansel. Il y a d’ailleurs “belle lurette” que la Cosmetic Valley a dépassé les limites de l’Eure-et-Loir où elle est née. Si ce département a fourni une cinquantaine de membres à l’association, le Loiret et l’Eure, avec une trentaine de membres chacun, sont dans une phase de montée en puissance. D’autres territoires, au premier rang desquels les collectivités d’Indre-et-Loire, “persistent à ne pas comprendre l’intérêt de la démarche, regrette Jean-Luc Ansel, mais au final, c’est bien une dynamique régionale, voire interrégionale, qui est engagée et nous devrions à terme atteindre les 200 adhérents”. Dans le Loiret, on s’accommode parfaitement de cette réussite. “La Cosmetic Valley est une locomotive formidable et nous avons intérêt à y accrocher nos wagons” affirme ainsi Olivier de Brabois, directeur général d’Orléans Val de Loire Développement. “Nous revendiquons pour notre territoire une place d’excellence dans le domaine de la recherche” poursuit- il. Ce positionnement s’appuie sur l’activité du centre de recherche de LVMH (Dior) à St-Jean-de- Braye – qui emploie 230 chercheurs impliqués dans de savants travaux (culture cellulaire, émulsion, dispersion –, de Shiseido, de Caudalie, mais aussi sur celle de laboratoires universitaires et académiques orléanais de premier plan tels que l’ICOA (Institut de chimie organique et analytique) ou le Centre de biophysique moléculaire (CBM). Afin de “marquer” cette spécificité, le Département du Loiret, la Ville et l’AgglO vont d’ailleurs consacrer près de 200 000 € à l’organisation d’un important colloque scientifique. La manifestation, qui se tiendra à Orléans les 11 et 12 octobre 2007, réunira des experts et des chercheurs sur le thème des effets du vieillissement et du stress sur la peau et des réponses apportées par les cosmétiques. “Cette dimension R&D est fondamentale”, indique Jean-Luc Ansel, “et elle s’exprime déjà par plusieurs programmes de qualité”. Le groupe Pacific, installé à Chartres, s’est ainsi associé au CNRS dans un projet de recherche sur le vieillissement de la peau. Sederma, une start-up innovante des Yvelines, travaille avec Biogalenys, d’Evreux (27) et Bio- Chemics Consulting, installée au Centre d’innovations d’Orléans-La Source, à un projet de prédiction de la sensibilisation de la peau fondé sur une plateforme in vitro et “in silico” (conçu par informatique, NDLR). Pour sa part, la société eurélienne Synarome poursuit, aux côtés d’Adonis et de Biogalenys, de prometteuses recherches sur l’amélioration du maintien du parfum sur l’épiderme.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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