La crise aviaire menace la filière et 4 000 emplois dans la région

La crise de la filière avicole n’épargne pas la région Centre. La baisse d’activité a dépassé pour certains opérateurs les 40 %. Les grandes unités régionales - celles de Doux et de LDC - parviennent, pour l’heure, à maintenir le cap sans trop de casse pour l’emploi. Les abattoirs de volaille de taille plus modeste sont à la peine et attendent beaucoup des aides promises par les pouvoirs publics. La baisse de la consommation de volaille liée aux craintes - infondées - de contamination par le virus de la grippe aviaire angoisse tous les acteurs de la filière avicole. “En région Centre, les enjeux en matière d’emploi sont majeurs”, explique Bruno Tassin, de la Chambre régionale d’agriculture. Les 4 000 emplois directs et indirects, dont 3 000 recensés dans l’abattage, la transformation et le commerce, et un bon millier dans l’amont de la filière (éleveurs de volailles, producteurs d’oeufs, couvoirs) sont sur la sellette, le recul des ventes, qui a dépassé les 40 % pour quelques établissements, mettant les comptes dans le rouge. Si la région Centre ne figure qu’au 6e rang du palmarès national avec 5 % des volumes abattus, l’activité compte quelques fleurons. Doux exploite ainsi trois unités d’abattage et de découpe à Blancafort et au Châtelet (18), ainsi qu’à Boynes (45), auxquelles s’ajoute une usine de production d’alimentation animale à Clémont-sur-Sauldre (18), l’ensemble représentant un peu moins de 600 emplois. Le second poids lourd est le groupe sarthois LDC, qui exploite Volabraye à Savigny-sur-Braye (41) et Servais à Droué (41), employant un peu moins de 500 salariés. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ces sites semblaient relativement épargnés : chez Doux, où l’on a décrété des mesures de chômage partiel à l’échelle nationale, les unités de Blancafort et du Châtelet étaient épargnées. Il était seulement prévu de réduire les volumes, de redéployer le personnel sur la découpe ou le conditionnement et de ne pas renouveler une vingtaine de CDD, après une première vague équivalente au mois de février. A Boynes, la direction a décidé de supprimer l’une des deux équipes de découpe, mesure qui devrait se traduire par la suppression d’un volant de CDD et d’intérimaires d’une quarantaine de personnes. Les deux unités du groupe LDC, Servais et Volabraye, annoncent une baisse d’activité comprise entre 15 et 20 %. Elles aussi se sont résolues à supprimer des CDD, une dizaine chez Servais, une quarantaine chez Volabraye. Les directions des deux établissements, qui emploient maintenant respectivement 110 et 360 salariés, n’entendent pas recourir à des mesures de chômage partiel. “Tout dépendra de l’évolution de la situation dans les trois prochains mois…”

L’effet de domino redouté…

“Ce ne sont pas ces établissements qui suscitent les craintes les plus importantes”, souligne Hélène Préveral, animatrice du comité régional interprofessionnel, “mais plutôt les abattoirs de taille plus modeste, n’appartenant pas à un grand groupe, et qui font vivre à l’échelon départemental toute une filière”. Il s’agit notamment d’établissements comme Volabel à Bléré (37), Ménard à Ouchamps (41) ou Ronsard Ile-de-France à Jouy (28). De surcroît, les logiques de qualité (volailles commercialisées sous l’estampille label rouge), qui sont aujourd’hui celles de la plupart des abattoirs régionaux, ne sont pas compatibles avec le respect des consignes de confinement. “Nous redoutons l’effet de domino” avance Hélène Préveral. “Quelques dépôts de bilan en aval peuvent déséquilibrer toute une filière, jusqu’aux couvoirs, ces unités indépendantes ou filiales de grands groupes spécialisées dans l’élevage des jeunes (plus de 56 millions de poussins/an en région Centre)”. Chez Volabel, à Bléré, Carole Gauthier, directrice générale de l’entreprise familiale (48 salariés), confirme que la baisse de l’activité a atteint les 50 %. “Les prix sont aussi en chute libre, nous vendons en dessous du prix de revient matière” affirme-t-elle. Pour l’heure, Volabel s’est cantonné à reporter les enlèvements de volailles et à faire tourner à plein ses capacités de congélation (80 tonnes avec les capacités extérieures). “Toutefois, il est évident que nous ne pourrons pas continuer très longtemps dans ces conditions, pas plus de six mois…” D’ores et déjà, la dirigeante envisage des mesures de chômage partiel et attend surtout beaucoup des aides à la filière promises par les pouvoirs publics. La part des aides affectées à la région Centre et la clé de répartition entre les différents acteurs devraient d’ailleurs être révélées dans les prochains jours.
 

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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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