La logistique réveille la Touraine

La prochaine ouverture de l’A 28 et son raccordement à l’A 10 au nord de Tours, l’échéance – plus lointaine – de l’A 85 et la mise en service récente d’un nouvel échangeur de l’A 10 au sud ont réveillé les projets d’implantation en Touraine. Logistique et distribution spécialisée se partagent les terrains aménagés par la SET.

La Touraine démontre une fois de plus qu’une politique volontariste d’offre foncière, couplée à de bonnes dessertes autoroutières, est un imparable déclencheur du développement économique. A l’ouverture complète de l’A 28, prévue pour la fin de l’année (les chaînons manquants Tours-Ecommoy et Alençon-Rouen devant être achevés à peu près en même temps), Tours se trouvera à l’intersection de la nouvelle autoroute et de l’A 10. Cet axe, qui reliera le nord de l’Europe à la péninsule ibérique sans passer par Paris, sera à n’en pas douter à très fort trafic. Du coup, la future zone d’activité du Cassantin, située le long de la RN 10 et toute proche du futur échangeur de Tours Nord, connaît un véritable engouement.

Les modifications du plan local d’urbanisme étant validées par les deux communes concernées, Chanceaux-sur- Choisille et Parçay- Meslay, le dossier de ZAC est à l’instruction. Sauf ennui de dernière minute, les premiers permis de construire de cette zone d’une cinquantaine d’hectares cessibles pourrront être délivrés dans un an. La RN 10, ainsi que les voiries secondaires, font l’objet de travaux d’aménagement, avec notamment la création à venir d’un carrefour giratoire pour la desserte de la zone. Tout devrait être achevé en fin d’année. Norbert Dentressangle met à profit cette opportunité pour agrandir et rénover son site existant. Stef-TFE, qui possède déjà un site au nord de Tours, aurait mis une option ferme sur une parcelle de 6 ha. On évoque aussi l’intérêt du transporteur caennais Gringore, qui étudie le déplacement de sa filiale Pivoin, actuellement installée à Château-La-Vallière (à 30 km au nord-ouest de Tours). Celle-ci, qui emploie 150 personnes et compte plus de 200 cartes grises, est freinée dans son développement par les plaintes des riverains et cherche une nouvelle implantation. De nouvelles perspectives au nord La ZA du Papillon, à Parçay-Meslay, continue à se remplir avec un bel entrain.

Après l’implantation de Dusolier-Calberson, celles d’autres bases d’affrêtement s’annoncent à l’intérieur de la zone. Nous avons déjà cité Dyadem, un distributeur de matériel informatique et bureautique (cf LV n°394) et le Sernam, qui délaisse St-Pierre-des-Corps pour se faire construire 3 000 m2 (cf LV n°399). Quant à Gien Transports, il s’est déjà installé sur 1 800 m2 au mois de janvier (cf LV n°403). Une PME, la Cartothèque, vient d’acquérir 1,5 ha pour y construire un centre logistique. Magfruit, un entreposeur de primeurs en froid positif, a fait de même pour 1,2 ha et un autre stockeur a pris 1,6 ha pour des produits de papeterie. Le long de la RN 10, entre Bouyer Manutention et Dusolier, les parcelles sont pratiquement toutes vendues ou sur le point de l’être : un distributeur tourangeau d’accumulateurs prend 0,4 ha, un concessionnaire automobile également, ainsi que Thermie Centre (voir ce numéro), tandis qu’Iglesias Distribution Développement (enseigne Interbat) devrait signer l’acquisition de 1 ha pour son activité de distribution en gros de produits sanitaires et du bâtiment. Cet engouement fait déjà espérer une suite… à quatre ou cinq ans. On espère en effet pour 2010, ou légèrement au-delà, le bouclage du périphérique nord qui se raccorderait à l’échangeur entre la RN 10 et l’A 10 de Tours Nord. De nouveaux terrains seraient alors mis à disposition des entreprises.

Au sud, l’ouverture récente d’un échangeur sur l’A 10, à hauteur de la commune de Sorigny, offre de vastes possibilités. Après Lidl, qui devrait prochainement inaugurer une base d’approvisionnement de 30 000 m2 pour ses magasins du Centre-Ouest, La Poste va se doter d’une plate-forme de 20 000 m2 pour le traitement du courrier (cf LV n°400), Mory va faire de même en regroupant sur 10 000 m2 l’activité de plusieurs dépôts de l’agglomération tourangelle (cf LV n°402), Stef-TFE, encore lui, créera, certainement en 2006, une base logistique de 8 000 m2 (cf LV n°403). L’ouverture successive des portions de l’A 85 entre Tours et Angers (printemps 2007), puis entre Tours et Vierzon (début 2008), qui achèvera la transversale Nantes-Lyon, devrait apporter un second souffle aux zones d’activité périphériques. C’est ainsi qu’à Joué-lès-Tours, l’intérêt pour la Liodière ne se dément pas, pas plus que celui pour la zone de la Châtaigneraie à Ballan-Miré. Les Colles Cléopâtre ont déjà annoncé qu’elle allaient quitter leur site actuel pour s’y implanter, en façade de l’A 85, dans un bâtiment neuf. Installation prévue à la fin de l’année.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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