La Région Centre réoriente la manne européenne vers la R&D

L’enveloppe de 484 M€ allouée par l’Europe sur la période 2007-2013 devra être essentiellement consacrée au financement de la recherche publique et privée. Les fonds ne seront affectés que marginalement aux politiques de rattrapage économique des territoires en difficulté.Les décideurs régionaux sont priés de consacrer à la R&D la plus grande partie des fonds européens qui représenteront, sur la programmation 2007-2013, une manne de 484 M€. Celle-ci se partage entre trois principaux dispositifs : le FEDER (Fonds européen de développement régional), le FSE (Fonds social européen) et le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) auxquels sont respectivement allouées des enveloppes de 196, 140 et 148 M€. “Nous ne sommes plus dans une logique de rattrapage ou de rééquilibrage des territoires, prévient Nicolas Duneau, chargé de mission Europe à la Région Centre. Conformément à la stratégie qui a été établie lors du sommet de Lisbonne, les crédits européens doivent être affectés prioritairement à des programmes de recherche amont impliquant ou non les entreprises”. U n e t e l l e p r i o r i t é marque une inflexion notable par rapport à la programmation 2000- 2006 qui donnait, au contraire, la part belle aux actions de revitalisation des bassins d’emplois en difficulté, notamment ceux du Berry, de Dreux-Vernouillet et du Sud Touraine, éprouvés par des restructurations industrielles de grande ampleur. “Cette focalisation a d’ailleurs contribué à gonfler le montant des crédits sur la dernière programmation” poursuit-on à la Région où l’on indique que “l’enveloppe 2007-2013 est en légère régression”. Inutile de crier au scandale ! La contribution bruxelloise aurait pu totalement passer à la trappe : “Les nouveaux Etats-membres européens ont capté tous les fonds affectés au rééquilibrage des territoires dans le cadre de l’objectif dit de convergence” analyse Nicolas Duneau. La stratégie décidée à Lisbonne a permis, à l’issue d’âpres négociations, de sauver de précieuses ressources européennes grâce à la mise en oeuvre de l’objectif “Compétitivité régionale et emploi” auquel la Région Centre est éligible. L’abandon du seul prisme territorial au profit de préoccupations plus thématiques a une conséquence majeure : elle ouvre des perspectives de financement européen à des agglomérations comme Tours ou Orléans qui, en trop bonne santé, ne pouvaient auparavant accéder que très difficilement à ces concours. Cela signifierait-il qu’il sera désormais impossible de venir en aide aux territoires les plus en difficulté ? “C’est aller un peu vite en besogne, précise Nicolas Duneau. Le FSE peut financer des actions d’insertion ciblées sur des publics en difficulté. De même, les fonds du FEADER peuvent être consacrés au maintien ou au financement d’activités de services”. Mais, convient le chargé de mission Europe de la Région, “l’argent disponible pour des actions ciblées de rééquilibrage territorial va se faire rare”. Surtout, il ne sera plus possible de financer l’immobilier d’entreprise ou de co-financer des investissements industriels. Les premiers exemples de projets régionaux accompagnés par les dispositifs européens au titre de la programmation 2007-2013 le prouvent. Ainsi, les fonds seront, par exemple, appelés à soutenir le projet Géocentre, porté par le BRGM d’Orléans, qui vise à doter la région d’une couverture géophysique par cartographie haute résolution. L’enveloppe européenne va également financer des travaux de recherche menés par l’université d’Orléans et le CNRS dans le cadre du pôle de compétences et de recherches avancées pour les énergies du futur, qui vise à améliorer le rendement énergétique des moteurs thermiques. Enfin, le groupe FCI Automotive, qui exploite une unité industrielle à Epernon, va également bénéficier des subsides européens pour le développement d’une nouvelle technique renforçant l’étanchéité des équipements de connectique automobile. Une aubaine pour un groupe actuellement en difficulté (cf. LV n°476) qui s’apprête à fermer une usine à la Ferté- Bernard. Reste qu’au titre du FEDER et au nom du développement durable, la Région Centre a réussi à obtenir deux lignes budgétaires (respectivement de 10,5 et de 7,5 M€) affectées à la poursuite de l’électrification de la desserte ferroviaire Tours-Saincaize et au soutien du fret de proximité…
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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