L’ANPE engage une révolution culturelle poussée par la modernisation de ses process, remis en cause par l’électronique, et l’arrivée des sociétés d’intérim sur le marché du recrutement.
Est-ce le stimulus des agences d’intérim, désormais habilitées par la loi à recruter pour le compte de leurs clients ? Toujours est-il que l’ANPE passe à l’offensive. Le bilan 2004 présenté par sa direction régionale (l’ANPE compte 42 agences en région Centre) montre une intensification des prospections en entreprise (la progression est de 26,2 %, passant de 24 015 à 30 318), avec une hausse des offres d’emploi enregistrées de 8,75 % (120 647 contre 110 935 en 2003). Le taux de satisfaction des offres marque également une augmentation notable (86,7 %, contre 81,3 % un an plus tôt). Les prestations proposées aux demandeurs d’emploi suivent la même courbe, avec le lancement du service MADEO (sigle pour mise à disposition électronique des offres). Installé pour le moment à l’agence d’Orléans- Coligny, ce service sera progressivement étendu à d’autres agences. Côté entreprises, le site anpe.fr permet désormais de déposer une annonce de recrutement directement en ligne. L’ANPE explore aussi des formules innovantes au service de l’emploi. Il en est ainsi de la méthode de recrutement dite par simulation, destinée à repérer chez des candidats les habiletés nécessaires au poste de travail proposé. René Bryselbout, son directeur régional Centre, cite l’exemple de futurs soudeurs recrutés à partir de cette méthode, qui s’affranchit des critères habituels que sont l’expérience et le diplôme. Depuis sa création, elle a permis d’identifier 26 habiletés couramment recherchées par les entreprises, comme celle à comprendre et respecter normes et consignes, celle nécessaire au travail sous tension, celle à mener une action dans la durée ou à travailler en équipe, etc. Concernant l’ouverture du champ du recrutement aux entreprises de travail temporaire (ETT), effective depuis le début de l’année, l’ANPE se veut résolument ouverte et coopératrice. “Nous allons nous positionner en régulateur du marché de l’emploi” explique René Bryselbout. Premier résultat concret de cette collaboration voulue par le législateur, le croisement des données informatiques avec les ETT pourrait faire gagner 20 % de temps de travail perdu par les agents de l’ANPE à convoquer des personnes alors qu’elles sont déjà employées en intérim.









