Le 17 mars, le Val de Loire s’est levé sous la rosée

La poussée de la gauche a été nette dans le Val de Loire mais modeste dans le Berry et en Eure-et-Loir. En Touraine, la droite perd ses fiefs, 
 le conseil général bascule à gauche et le maire PS réalise un score historique de 62 % à Tours. La droite sauve Orléans, mais plusieurs cantons urbains basculent et la gauche réalise une avancée très sensible dans le Loiret. Blois revient à gauche après la lourde chute du maire sortant.

Le double scrutin municipal et cantonal de mars 2008 aura été plus contrasté qu’il n’y paraît. Dans les villes, la poussée de la gauche s’explique d’abord par des contextes locaux. C’est clairement le cas à Blois, où le vote sanction contre Nicolas Perruchot n’est pas révélateur du clivage politique mais d’un désamour entre le maire battu et les électeurs. C’est aussi le cas à Lucé, troublée par l’inéligibilité prononcée contre Jacques Morland, élu en 2001, et à Pithiviers, déchirée par une lutte fratricide à droite. Ailleurs, les électeurs ont souvent confirmé des élus appréciés : cas emblématique, celui de l’Indre où tous les maires des principales communes (Châteauroux, Issoudun, le Blanc, Argenton- sur-Creuse, Déols, Buzançais…) sont repassés sans coup férir, le plus souvent largement. A Chartres, où certains attendaient que Jean-Pierre Gorges, maire, soit battu comme l’avait été Jean-Pierre Gorges, député UMP, un mois plus tôt, le bail du sortant a été renouvelé. Le travail conduit depuis 2001 par l’équipe en place a payé et les Chartrains l’ont majoritairement reconnu, n’en déplaise à ses détracteurs. Gérard Hamel (UMP) à Dreux et François Huwart (PRG) à Nogent-le-Rotrou sont réélus, au contraire d’Alain Venot (UMP), maire de Châteaudun depuis 25 ans, battu par un nouveau venu, Didier Huguet, un pharmacien de 42 ans qui conduisait une liste apolitique. A Lucé, deuxième commune de l’agglomération chartraine, la liste conduite par Emmanuel Lecomte (PRG) sort vainqueur de la triangulaire. Dans le Loir-et-Cher, le sortant Jeanny Lorgeoux (PS) fait un triomphe à Romorantin : près de 63 % dès le premier tour, 4 points de mieux qu’en 2001, où il avait déjà été élu du premier coup. L’énergie déployée par le maire pour le renouveau économique de la ville a encore renforcé – si besoin était – l’aura dont il jouit auprès de ses concitoyens. Vendôme reste à gauche, de peu, tandis que Lamotte- Beuvron bascule en raison, là encore, de divisions à droite. Dans le Cher, Serge Lepeltier a été réélu au premier tour. Le même jour, Vierzon redevenait une ville tenue par les communistes. Ces derniers avaient quitté l’Hôtel de Ville quelques mois après la chute du mur de Berlin… Tours et Orléans ont réélu leurs maires sortants, triomphalement pour le socialiste Jean Germain (plus de 62 % des suffrages), moins nettement pour l’UMP Serge Grouard (51,4 %). Leurs adversaires battus lors des deux derniers scrutins, l’ancien maire socialiste (1989-2001) et toujours sénateur Jean-Pierre Sueur à Orléans et l’ancien ministre et député UMP Renaud Donnedieu de Vabres à Tours, semblent décidés à jeter l’éponge et à laisser d’autres concurrents en découdre la prochaine fois. Dans le Loiret, plusieurs communes moyennes basculent à gauche, dont deux en périphérie d’Orléans, St-Jean-de-Braye et la Chapelle- St-Mesmin. L’arrivée de maires socialistes à Châteauneuf-sur-Loire et à Jargeau était moins attendue. A Pithiviers, la victoire de la conseillère régionale socialiste Marie-Thérèse Bonneau doit beaucoup, on l’a dit, aux rivalités à droite. Celle-ci se consolera avec la victoire de Michel Guérin dans la commune voisine de Malesherbes. Des cantonales favorables à la gauche Le Cher avait été le premier département de la région à passer à gauche, en 2004. L’Indre-et-Loire l’a rejoint en 2008. Dans ce département, la gauche gagne 5 sièges (Chinon, Langeais, Ballan-Miré, Joué-Nord et Neuillé-Pont-Pierre) et en perd 1, celui de Preuillysur- Claise ; elle dispose désormais de 22 sièges sur 37 au Département et a élu jeudi 20 la socialiste Claude Roiron à la tête du conseil général. Dans le Loiret, la majorité du président Doligé reste solide, mais elle est entamée à l’issue du scrutin. Forte de 31 élus en 2004, elle n’en compte plus que 28, l’opposition passant à 13. A Orléans-Carmes, le candidat de la majorité Joël Viau a réalisé un petit 16 % au premier tour et a dû laisser le candidat du MoDem Jean-Pierre Gabelle, soutenu par le maire d’Orléans Serge Grouard, l’emporter contre le Vert Jean-Philippe Grand. A Orléans-St-Marc, le sortant radical valoisien Grégoire Mallein est battu par la socialiste Michelle Prahecq. A Orléans-St-Marceau, le socialiste Michel Brard gagne contre le sortant UMP Gérard Gainier. Petite satisfaction, Hugues Saury, maire UMP d’Olivet, triomphe sur le canton de “l’ennemi” désigné du président du conseil général, le MoDem Yves Clément. A Outarville, le sortant UMP et maire de Bazoches-les- Gallerandes Dominique Villette est battu par le maire de Boisseaux Patrick Choffy, sans étiquette. A Chécy, c’est un Vert, Thierry Soler, qui défait l’UMP et maire du chef-lieu de canton Francis Duché qui espérait recueillir la succession d’un divers droite, Jacques Cotteray. Dans le Loir-et-Cher, la majorité de centre-droit de Maurice Leroy prend « un coup de canif », selon l’expression du président de l’exécutif. Pas de quoi fouetter un chat. Le canton de Contres passe à gauche, mais le nouvel élu Jean-Luc Brault, maire du cheflieu, était soutenu par le PS... ainsi que par Maurice Leroy. Il est vraisemblable qu’il votera souvent avec la majorité. A Selles-sur-Cher, le maire François Brault - qui était le candidat de la majorité départementale - est à la fois battu aux municipales et aux cantonales, où il se présentait à la succession d’Alain Quillout. Le MoDem Jean-Paul Pinon siègera au Département. En Eure-et-Loir, la majorité départementale sort confortée du scrutin. Le Gael, le groupe des élus de droite et du centre réunis autour d’Albéric de Montgolfier, possède 19 sièges sur 29 après avoir gagné deux cantons et perdu celui de Dreux-Est. A Chartres- Sud-Est, la candidate UMP du Gael, Elisabeth Fromont, l’emporte à l’issue d’une triangulaire où elle était opposée à un candidat socialiste et à l’ancien maire… socialiste de Chartres, Georges Lemoine, désavoué par son ancien parti qui reproche même à l’ancien ministre de François Mitterrand d’utiliser l’étiquette “socialiste”. Dans l’Indre, statu quo parfait avec une majorité départementale de centre-droit à 19 sièges, contre 7 à l’opposition. Dans le Cher, la majorité de gauche peut s’appuyer sur 19 élus – dont 7 communistes – soit 1 de plus qu’en 2004, la droite comptant pour sa part 15 conseillers généraux. Le dernier canton, celui de Lignières, élira son conseiller en avril.
 

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Sur les rails

Le temps du débat est terminé, place à la décision. La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) est bien sur les rails. Si un consensus régional s’était dégagé en faveur du tracé Ouest, qui a l’avantage, contrairement aux trois autres tracés proposés, de desservir à la fois Orléans, Vierzon et Bourges, c’est probablement un cinquième scénario qui sera privilégié. Car RFF devra tenir compte des souhaits de tout le monde, y compris des Auvergnats… et de la SNCF, qui veut tirer au plus court pour gagner de précieuses minutes entre Paris et Lyon.
Jusqu’à présent, la concertation a été exemplaire et le débat a constitué un moment fort de démocratie participative. Formons le vœu que la préoccupation d’aménagement du territoire soit autant prise en compte que les intérêts commerciaux de la SNCF : le développement d’Orléans, Bourges et Clermont valent bien cinq minutes de gagnées. 
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